Les années 1550

La saie étant passée de mode dans le courant des années 1540, le haut-de-chausses devient pour les gentilhommes le vêtement indispensable à la mode. Au milieu du siècle, il est encore de petite taille et laisse découvrir une très grande partie de la cuisse. Il est formé de bandes verticales et d'étoffe bouffante placée à l'intérieur.   

vers 1550, Henri II et Philippe II

Au cours des années 1550, le haut-de-chausses grossit en taille :

Les années 1550 - EuropeHenri II ,fin des années 1550

 

Les années 1560

 

trunkhose from 1562La mode des années soixante amplifie les tendances apparues pendant la décennie précédente : ballonnement (au niveau de la forme), accroissement et extension (au niveau de la taille), et dédoublement des bandes (au niveau de la composition). 

Il devient la pièce maîtresse de l'habit masculin, faisant contrepièce à l'hypertrophie des mancherons qui était de mise sous François Ier dans les années vingt et trente. Les trousses focalisent les regards au niveau des cuisses, à l'opposé de la mode ancienne, qui mettait l'accent sur la carrure, au niveau des épaules.

 

Début des années 1560 - Les frères ColignyLa principale évolution des années 1560 se trouve dans le rembourrage accru des trousses.

Ce gonflement a pour effet le dédoublement des bandes qui forment la partie extérieure du haut-de-chausses. Dans les années quarante, les trousses sont formées de quatre bandes verticales de taille assez large et plutôt relachées.

Avec la tendance au ballonnement, les bandes sont plus petites et plus nombreuses. De quatre bandes, le haut-de-chausses passent à une vingtaine.

 

Forme sphériqueCe qui caractérise le hauts-de-chausses des années soixante c'est sa forme quasi-sphérique. Cette tendance apparaissait déjà dans les années cinquante. Mais avec le renforcement du rembourrage, le haut-de-chausses apparaît comme deux énormes ballons.

Sa taille fait presque oublier la proéminente braguette. Celle-ci disparaît déjà entre les bandes. Bientôt, elle sera passée de mode et laissée au placard. C'est la dernière génération à la porter. Ceux qui l'avaient exhibé dans leur jeunesse, vont bientôt la désavouer. Michel de Montaigne en parle, s'étonnant qu'il ait pu lui-même par le passé céder à cette tendance en train de devenir ridicule.

Ce qui donne désormais de la virilité à l'homme, c'est - avec la moustache - la grosseur de ses chausses. Serait-il exagéré de dire qu'une concurrence semble s'établir pour celui qui a les plus volumineuses ?!

Au cours de la seconde moitié des années 1560, le haut-de-chausses atteint son extension maximale. Il est si volumineux que les hommes peuvent y cacher des outils, des livres, et des armes. Dans le contexte des guerres de religion, le hauts-de chausses devient l'icone d'une période dominée par les affrontements. Le portrait ci-contre en est l'illustration. J'ai souhaité souligner par un cercle bleu la forme ovale du vêtement, mais ce qui apparaît finalement au premier regard, c'est la dague placée à l'intérieur. De 1565 à 1570 - Europe

 

Trousses de la deuxième moitié des années 1560Trousses et hauts-de-chausse à la gigotteVoici, une image intéressante qui montre trois façon différentes de porter le haut-de-chausses. Le premier gentilhomme porte une culotte par-dessus laquelle il porte des trousses et des bas (lesquels sont liés au niveau du genou par un noeud). Le second gentilhomme porte des trousses et des chausses et le troisième porte ce qu'on appelle le haut-de-chausse à la gigotte.

Les années 1560 voient l'apparition de nouveaux types de haut-de-chausses.  Le haut-de-chausse à la gigotte est une sorte de culotte bouffante qui se réduit au niveau des genoux.