10 mars 2008

Le col

 

Le col est la pièce de tissu placée au bord de l'encolure, couvrant ou entourant le cou. Il fait souvent partie intégrante de la chemise.

C'est une pièce de vêtement très ancrée dans la mode de la Renaissance et du Grand Siècle. Le col fait son apparition dans la première moitié du XVIe siècle. Il se présente à l'origine avec des bords froncés, puis dans la seconde moitié du siècle, il s'impose sous la forme d'un col rabattu (ou collet renversé). Devenu à la fin du siècle un véritable phénomène de mode, il ne va pas cesser de changer de taille et de forme : au XVIIe siècle, on le voît successivement s'agrandir, se soulever, s'étaler sur les épaules, se rétrécir et finalement s'allonger (on parle alors de collet monté, de rotonde, de collet à rabat et de rabat). Agrémenté de dentelle, il devient un objet de luxe et de raffinement, obligeant les autorités à publier des édits somptuaires pour en limiter les excès.

Dans le courant des années 1660, le col est progressivement remplacé par la mode de la cravate. Le rabat continue de se porter mais sans vraiment connaître d'évolution. Il se fige et devient un uniforme de certaines catégories socio-professionnelles comme celles des ecclésiastiques et des hommes de robe (officiers de justice, etc.).

 

Le col de 1600 à 1650

Le col de 1650 à 1700

Evolution du col de 1600 à 1670Tableau synoptique de la mode du col à rabat de 1600 à 1670.

Il s'agit d'un tableau de portraits essentiellement français (6/28 sont des portraits d'Europe du Nord).

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Au début du XVIe siècle :

Au début du XVIe siècle, les hommes portent un décolleté laissant parfois apparaître les clavicules.

Decolleté masculin, début du XVIe siecleDecolleté masculin debut du XVIe siecle

Létice Par temps froid, l'encolure du vêtement peut être garnie par une bande de pelleterie (c'est-à-dire en fourrure) qu'on appelle létice (images ci-contre).

 

 

 

 

 

Apparition du colDans les années 1520, la mode du décolleté décline. Il cède la place à un col montant qui cache et protège le cou (à droite) :

 

 

 

 




Les années 1530-1540 :

Charles_Quint_1530

Au début des années 1530, on aperçoit sur les portraits les marques de naissance du col rabattu. Un fragment du col montant se rabat sur le devant (sorte de col cassé).

On le voit ici sur ces deux portraits de Charles Quint ; c'est encore très discret (à droite) :

 

 

 

 

col_en_AngleterreLe rabat du col montant devient légèrement plus important au tournant des années 1540 (à droite). Le col montant devient le col renversé ou le col rabattu.






Les années 1550 :

Charles_Quint_1550Dans les années 1550, le col rabattu a la taille que nous lui connaissons. Il est particulièrement visible, car il se détache du costume sombre et austère qui est propre à ces années.

Le col est une grande tendance du règne d'Henri II. Il est autant porté par les gentilshommes que par les bourgeois, les prêtres et les Réformés.

Il y en a de formes diverses : en pointe, carré ou les bords relevés :

 

 

 

 

 

col_ann_es_1550

Les années 1560  et 1570 :

L'engouement pour la fraise met le col en parenthèse.

Il continue d'être porté par les notables, les hommes de lois, les hommes de lettres et les hommes de Dieu. Il est également porté par certains nobles dans la vie de tous les jours.

Comme il s'agit plus d'un vêtement quotidien que d'un phénomène de mode, il ne connaît pas vraiment d'évolution. Ci-dessous, Pibrac, L'Hospital et Ronsard :

Hommes de loi et de lettres

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Les années 1580 :

La prédominance de la fraise et ses formes extravagantes amènent naturellement la mode à rechercher la sobriété. Le col blanc fait son grand retour sur les portraits des gentilshommes de la cour. Peut-être faut-il y voir dans ce retour, le renouveau spirituel de l'époque (la Contre-Réfome) qui amène les nobles, à la suite du roi Henri III, à présenter une allure vestimentaire plus simple.

Le col n'est toutefois pas exempt de tendance. Pour les années 1580, il se présente avec des pointes écartées.

années 1580

années 1580

Les Guise

Les portraits de prêtres et d'hommes de lettres (ci-dessous) présentent un type de col plus sévère, présentant des rabats étroits aux pointes rapprochées :

Prêtres et poètes (années 1580)

Les portraits anglais (ci-dessous) présentent des cols bordés de dentelle en reticella :   

cols anglais

On les retrouve sur certains portraits français (ci-dessous) :

col français

Les années 1590 :

Evolution de la forme du colLa mode du collet se poursuit avec des pointes de plus en plus écartées et un rabat de plus en plus large. Peu à peu, le col s'étale au-dessus des épaules.

C'est une mode qui concerne essentiellement la France et les pays du nord de l'Europe :

Vers 1592-1595

Gentilhommes 1590_1600

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25 octobre 2008

XVIIe siècle

 

Les années 1600

 

En France

 

Au commencement du Grand siècle, le col rabattu se présente plié à l'arrière du cou, mais déplié à l'avant, les pointes écartées. Cette mode née dans les années 1580 est à l'origine du développement du rabat au XVIIe siècle.

La galerie de portraits présentée ci-dessous illustre ce développement progressif qui caractérise la fin du XVIe siècle. Ce sont des portraits peints à la fin des années 90 ou approximativement vers 1600. A la quatrième image, le col présente les formes empesées caractéristiques de la première décennie du XVIIe siècle. Empesé signifie que le col a été traité à l'empois, une colle à base d'amidon. Ce traitement qui rigidifie le tissu, permet au col de ne pas s'avachir. Empesé, il conserve sa forme. 

Portraits circa 1600

 

La tendance dominante de cette époque est le déploiement en pointe sur les côtés et en conséquence l'extension du rabat au-dessus des épaules. Comme le col reste plié à l'arrière de la tête, il a cette silhouette géométrique particulière, d'aspect très pyramidal.

Portraits vers 1602 - CopieLes deux premiers portraits ci-contre à gauche sont approximativement datés de 1602. Ceux de la galerie en-dessous sont respectivement datés de 1603 et 1604. Ils montrent l'évolution du col vers la forme d'une pyramide aux arrêtes presque droites.

Portraits vers 1603-1604A la fin de la première moitié de la décennie, le col recouvre une bonne partie des épaules, mais sans être posé à plat. Ses bords ne font que les effleurer.

Plié au-dessus des épaules, le col empesé a une forme à trois dimensions, celle d'un tétraèdre au sommet duquel trône la tête.

L'usage de la dentelle est résevée aux classes aisées et nobles (comme sur le portrait ci-dessus à droite, représentant le prince de Condé).

 

 Puy d'Amiens de 1603Pour une étude typologique des formes du col, je vous invite à découvrir au musée de Picardie à Amiens, la série de tableaux appelés puys, offrant un ensemble de portraits représentant essentiellement des hommes et des femmes de la bourgeoisie (ci-dessous)

Puy d'Amiens de 1601A travers trois tableaux, respectivement datés de 1601, 1603 et 1605, on saisit les différentes formes du col et leur évolution dans le temps. L'étude de cet iconographie est essentielle pour contrebalancer l'approche évolutionniste qui particularise ma démarche sur ce blog.

 

 ***

Vers le milieu de la décennie, le col apparaît en apesanteur. Il se soulève des épaules qu'il laisse apparaître. C'est le collet monté, un col empesé monté sur une armature métallique. C'est la principale nouveauté et caractéristique des années 1600 : le col est suspendu.

Galerie 1605-1610En se soulevant, le col poursuit son extension au-dessus des épaules. Il s'ouvre comme les pétales d'une fleur. Par ailleurs, il continue de se déployer en pointe. A la cour, cet aspect pointu lui donne un aspect triangulaire.

Cette silhouette triangulaire est très caractéristique de la tendance des années 1609-1610 environ. On la retrouve sur les derniers portraits du dauphin Louis (images ci-dessous à droite, représentant le dauphin avant sa montée sur le trône en 1610 à l'age de neuf ans)

Galerie 1607-1609Cette disposition en pointe se retrouve sur les gravures de l'entrée ducale d'Henri II à Nancy en 1610 (L'ordre tenu au marcher parmy la ville de Nancy capitale de Lorraine à l'entrée en icelle du serenissime prince Henry II). La gravure représentant la noblesse à cheval, offre toute une série de points de vue du collet monté, selon la position du cavalier (de face, de profil, de trois-quarts) (image ci-dessous).

Entrée ducale de 1610

Dans le cercle robin et intellectuel, moins assujetti aux vanités de la mode, les hommes portent un collet plus sobre (images ci-dessous). Son style est en décalage de quelques années avec celui de la mode curiale, car sa forme ne présente pas cet aspect triangulaire vu précédemment. C'est plutôt celle des cols empesés du début de la décennie, conjugué à la forme aérienne propre aux années 1600.

Evidemment, pour les plus réfractaires à la mode, il y a toujours la possibilité de porter un simple col blanc, comme les prêtres le portent ordinairement ; ou tout simplement, pour les plus austères, de ne rien porter.  

robins-1605-1610

 

 

En Europe du Nord

 

En Angleterre, le col présente des formes moins empesées qu'en France. Le linge est plus librement disposé. Au début de la décennie, le col est posé à plat sur les épaules, quand celui de la mode française est disposé en tétraèdre.

Dans la seconde moitié de la décennie, sous l'influence de la mode française (?), la tendance devient celui du collet suspendu.

1603-1605

Pour portraiturer le roi Jacques Ier d'Angleterre (ci-dessous), deux peintres proposent deux modèles différents (celui des deux images à gauche, et celui des images à droite), mais l'évolution est la même : le rabat devient suspendu, prémices du collet monté.

James_I_of_England_Schloss_Ambras2

1605

Peter_Paul_Rubens_-_Rubens2Dans les pays du nord de l'Europe, comme aux Pays-Bas, la collet monté ne semble pas prédominant à l'inverse de la France. La mode existe, mais on lui préfère la fraise.

Dans son autoportrait Sous la tonnelle de chèvrefeuille, réalisé en 1609, le peintre Rubens se représente avec son épouse dans un cadre champêtre (extrait ci-contre à gauche). C'est le portrait souvenir de leur mariage. La pose est décontractée, et à l'image de cette atmosphère détendue, le col du peintre retombe librement sur les épaules. Son collet n'est pas monté. 

hollandais 1605-1610

 

 

 

Les années 1610

 

 

En France

 

C Sans titre , vers 1580 french school artnetLe collet monté des années 1610 a la forme d'un plateau semi-circulaire légèrement convexe.

Le col est toujours suspendu mais il n'est plus plié à l'arrière de la tête. Il s'aplatit, se tend et adopte le contour d'un demi-cercle. Cette évolution lui fait perdre l'aspect pointu et triangulaire qu'il avait dans la tendance précédente.

Ce développement s'effectue de façon progressive, car dans les premières années de la décennie, le col garde encore sa forme de corolle évasée.

1610-1612 Le portrait de Guillaume de l'Aubéspine (ci-contre à droite) dessiné en 1612 par Daniel Dumonstier, présente  un col ballant, dont les bords retombent légèrement inclinés vers le bas.

Le col tend à s'aplatir mais durant toute la période de la régence de Marie de Médicis (1610 à 1614), sa forme reste encore légèrement convexe (images ci-dessous).

Collet monté vers 1615-1620

 

 

 

 

 

Le passage du collet à une forme rigide et plate se fait dans le courant de la décennie. Les trois portraits du roi Louis XIII (ci-dessous) permettent de saisir l'évolution de la tendance : le collet monté présente d'abord un col évasé, de forme convexe (vers 1610), puis, se présente comme un plateau rigide (vers 1615-1616), et enfin, ce plateau paraît s'affaisser légèrement en formant deux sortes d'ailes (vers 1618-1620 ?).

Louis XIII années 1610

 

Portrait de Nicolas de Droullin vers 1620Le  collet monté sous forme de plateau rigide est la deuxième tendance à retenir pour les années 1610. Du fait de sa forme semi-circulaire, on lui a donné le nom de rotonde (portrait ci-contre, probablement daté des environs de 1620).

On peut penser que cette tendance finit par s'imposer dans la deuxième moitié de la décennie. En témoignent les deux portraits ci-dessous à droite, qui sont datés de l'année 1618.

Collet monté plat 1610-1618

Le déploiement du col se remarque également chez les robins qui fréquentent la cour. Les hommes de loi portent un col au rabat large, faiblement plié et déployé amplement.

Le col chez les robins

 

 

En Angleterre

 

En Angleterre, la rotonde s'impose également dans les portraits des années 1615-1620 (troisième ligne de portraits ci-dessous). Au début de la décennie, la collet monté reste plié à l'arrière de la tête ou présente une forme simplement convexe (première ligne de portraits ci-dessous). Les portraits du roi Jacques Ier montre ce passage d'une ligne convexe à une forme plus raide (deuxième ligne de portraits ci-dessous).

Portraits anglais circa 1610-1612

Jakob_I

Angleterre 1615-1618

Collet anglais 1613Le collet monté peut prendre des dispositions luxuriantes très osées. Sur les deux portraits anglais ci-contre, la rotonde est bordée de dents en dentelle en forme de languette de grande taille et pointue.

 

 

 

 Aux Provinces-Unies

 

Aux Pays-Bas, l'on retrouve les mêmes tendances, même si la fraise prédomine encore largement. Les illustrations présentées ci-dessous appartiennent à une série de portraits réalisés par Jan Antonisz van Ravesteyn et conservés au Mauritshuis à la Haye. Ils répondent à une commande du prince d'Orange, ce qui explique leur homogénéité (cadragre, décor, posture et habit). Les portraits ont principalement été peints vers 1611-1612. Ils donnent un état des différents variantes de cols existant à un instant T. Je n'en présente que quatre mais le Mauritshuis en conserve plus d'une vingtaine (voir sur Wikimedia). La forme dominante est celle du collet monté mais de nombreuses différences apparaissent au niveau de l'ornementation de la dentelle, sur le degré de pliage, et la taille du rabat. Cette présentation permet de montrer que l'étude du vêtement ne se résume pas à suivre l'évolution de la mode imposée par la cour, mais que la veture répond à d'autres critères : ici, c'est l'homme le plus jeune qui porte le col le plus grand, laissant au plus âgé, le col le plus sobre...
Portraits d'officiers hollandais circa 1611-1612

 

 

 

 

 

 

Les années 1620

 

 

1 - Le grand col en plateau

 

Le collet monté dans sa forme de plateau connaît son apogée dans les années vingt.

Dans le milieu curial, c'est une mode exubérante qui présente des plateaux qui font la largeur des épaules. Sa taille et la richesse de sa dentelle témoignent du degré de noblesse de son porteur et de son rang à la cour. Les quatre portraits ci-dessous sont des seigneurs de la haute noblesse française (Guise, Montmorency, Nevers, Soissons). Cette tendance se rencontre également en Angleterre et les cours d'Europe, mais on peut se demander si cette exubérance n'est pas propre à la France. Sur les portraits étrangers, les rotondes sont moins présentes et moins ostentatoires, y compris en Angleterre où la fraise à la confusion prédomine largement.

Portraits de princes français années 1620

 BuckinghamCes deux portraits du duc de Buckingham réalisés à une date peu éloignée montrent deux styles différents de porter le collet monté. Le premier est un portrait d'apparat qui présente un grand plateau riche en dentelle ; c'est le collet monté que portent les riches seigneurs de la cour à l'occasion des cérémonies officielles. Le second portrait présente un collet plus sobre par sa taille et sa dentelle ; c'est le collet monté porté au quotidien.

PrélatsLa rotonde n'est pas réservée à la noblesse d'épée. C'est une mode également portée par les gens de robe, hommes de loi ou d'Eglise. Le style est évidemment plus sobre, généralement sans dentelle (ci-contre portrait d'un évêque, du cardinal de Guise et du cardinal de Richelieu).

Cette mode du collet monté se porte encore à la fin de la décennie. On le trouve encore représenté sur les gravures de « mode » éditées vers 1628-1629 (Couple d'elegants habillés à la mode de France par Jean Picart, 1628 et La noblesse française à l'église par Abraham Bosse, 1629).

L'essentiel de son évolution réside dans son abattement. Les deux ailes latérales s'affaissent (illustrations ci-dessous).

 col tombant

 

 

 

 

 

 

2 - Le petit rabat empesé

 

Pendant que s'achève la mode du collet monté en plateau, une nouvelle tendance fait son apparition : le petit rabat empesé.

A première vue, c'est une mode qui ne présente rien d'original ; probablement lassés des extravagances de la rotonde, les gentilshommes de la cour reviennent à un type de col beaucoup plus sobre.

Celse de Rabutin, mort en 1627Cette forme est une réminescence du collet porté vers 1600. Sa forme paraît moins pyramidale, car l'amplitude de l'angle de pliage est quasi identique à l'avant et à l'arrière du col (portrait ci-contre d'un gentilhomme français habillé en tenue militaire vers 1625).

Il s'agit d'un rabat empesé, c'est le traitement du tissu à l'empois qui permet à la pièce de retomber de façon raide au-dessus des épaules. Le rabat n'épouse pas la forme du cou, mais survole les clavicules.

Sir Thomas Meautys en 1626Cette tendance trouve peut-être son origine en Europe du Nord. C'est le type de rabat que l'on rencontre souvent sur les portraits des chefs militaires aux Pays-Bas ou en Allemagne (galerie de portraits ci-dessous). Le vêtement est plus commode à porter sur le champs de bataille.

L'Europe du Nord a également connu la rotonde (dans des dimensions raisonnables) mais dans le courant des années 1620, les bords du rabat s'affaissent. La galerie de portraits ci-dessous l'illustre : le premier portrait représente Ernst von Mansfeld, commandant illustre de la guerre de Trente ans, peint pendant son séjour à Londres en 1624. Les autres portraits sont datables de la seconde moitié de la décennie.

Chefs militaires d'Europe du Nord Années 1620

Col

A fin de la décennie, ce petit col en dentelle se transforme. Il s'agrandit, au point que les dents qui le bordent touchent les épaules. Il garde son effet aérien, car il n'épouse par la forme du pourpoint qu'il ne fait qu'éffleurer. Il reste un collet empesé.

Peu à peu, il s'étale, donnant naissance au grand col rabattu. En un temps très rapide, il va devenir ce grand rabat de dentelle si caractéristique du costume masculin de l'époque dit Louis XIII.

La transition s'effectue dans les années 1628-1630. Le rabat prend d'abord une silhouette carrée (1629)

La noblesse à l'église - 1629

 

 

 

 

 

 Les portraits anglais présentent toujours un col au tissu relâché, faiblement ou pas empesé (ci-contre).

Angleterre 1628-1630

A l'arrivée de la décennie trente, le col apparaît déjà comme le « grand rabat » .

 le rabat vers 1629-1630

 

 

 Les années 1630

 

Exemple de rabat (1632)

Le grand col de dentelle est emblématique du règne de Louis XIII. Il n'existe pourtant que dans la troisième et dernière partie de son règne (1630-1643), celle des années de gloire. Hasard des dates, son usage colle parfaitement avec les limites de la décennie. De 1630 à 1640, le col rabattu s'étale sur toute la longueur les épaules et n'en bougera pas.

Le grand rabat de dentelle ne reste pourtant pas une mode figée. Pendant ses dix années de règne, il présente différentes tendances, qui se distinguent par les formes et le nombre des dents qui le bordent, ou bien par les formes et l'emplacement des motifs en reticella.

col années 1630

années 1630 Europe

 

 

 

 

Les années 1640

 

 En France

 

Au début des années 40, la taille du rabat se raccourcit, laissant les épaules à découvert. Le grand col de dentelle tombe en désuétude. Au fil des années, il rétrécit au point de revenir à la taille d'un simple petit col blanc.

Le rabat vers 1640-1644Les quatre portraits ci-contre (Louis XIII, Lesdiguières, Cinq-Mars, et Tréville) donnent une idée de la transition qui s'opère dans les dernières années du règne de Louis XIII, entre 1640 et 1644. Peu à peu, la longueur du rabat se rétrécit.

Cossiers, JanL'une des caractéristiques du rabat de cette époque est la forme lobée des dents qui le bordent. La tendance des bords pointus cède définitivement la place à une style plus doux. Le portrait d'un luthier par le peintre flamand Jean Cossiers (ci-contre) présente un col sans dentelle, dont les bords présentent un aspect presque ondulé. Cet effet se retrouve sur le portrait du duc de Beaufort (ci-dessous).

 

Beaufort Orleans2Dans les premières années de règne du jeune Louis XIV, le rétrécissement du rabat peut se mesurer au nombre de dents qui forment le rebord du col ; le rabat a d'abord trois dents de chaque côté du cou (portrait du duc de Beaufort ci-contre à gauche), puis, dans la deuxième moitié de la décennie, il n'en a plus que deux (portrait de Gaston d'Orléans ci-contre à droite). La juxtaposition des deux portraits permet de saisir cette évolution.

Louis XIV entre 1643 et 1648

L'on retrouve ces évolutions sur les portraits du roi Louis XIV.

 

 

 

 

 

Aux Pays-Bas

 

Aux Pays-Bas, le rabat présente une évolution similaire à celle rencontrée sur les portraits français. Dans la première moitié de la décennie, il se retire progressivement des épaules, d'un centimètre par an environ. La première ligne de portraits ci-dessous illustre cette évolution (les portraits sont datés de 1640 à 1644). Dans la seconde moitié, le rabat se réduit à quelques centimètres de largeur (deuxième ligne de portraits ci-dessous).

Portraits_hollandais_1640-16441640 à 1644

 

 

 

 

Pays-Bas 1646 à 16491646 à 1649

 

 

 

 

Portraits de Vaillant WallerantCirca 1650 

 

 

 

 

 

En Angleterre

 

 Dans l'Europe du nord des années 40, le retour au petit col blanc coïncide parfaitement avec l'implantation politique du puritanisme. Dans l'Angleterre protestante de Cromwell, l'austérité est de mise.

Nobles anglais

 

 

 

Nobles anglais et hollandais

 

 

 

 

 

 

 

Les années 1650

 

colEn 1650, le col se présente étroit, avec ou sans dentelle.

Au cours des années 1650, le col s'élargit de nouveau. Il s'avance sous le menton et s'étale sur les épaules et la poitrine.

(il convient de faire attention aux portraits posthumes de Louis XIII, très fréquemment portraituré sous le règne de son fils avec un type de col qu'il n'a jamais connu !!!)

debut_des_annees_1650

Col vers 1655-1656Vers 1655

 

France_milieu_des_annees_1650

fin_des_annees_1650

1659

Le col blanc des hommes de science (hommes de loi, de lettres, de Dieu) suit la même évolution.

hommes_de_science_debut_des_annees_1650

milieu_des_annees_1650

 

Les années 1660

 

Rabat français années 1660

Rabat français années 1660

 

Les années 1670

 

Durant les années 1660, le col est progressivement remplacé par une cravate. Le rabat est désormais réservé aux officiers et aux hommes d'église et en devient même l'uniforme.

annees_1670

 

Les années 1680

 

Cravate 1680

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