02 avril 2009

A quelle époque historique renvoie La reine Margot ?


Margot, image du filmPermettez moi de revenir sur La reine Margot, pour vous présenter l'anachronisme des costumes de la scène du mariage.

L'histoire est censée se passer à une date précise (1572) dans un contexte déterminé qui est celui du début des années 1570, à la fin du règne de Charles IX. 

Il n'y a pourtant rien dans le costume qui ne permet de le confirmer.

 

1) Le collet monté (époque Louis XIII)

Guise, image du filmLe collet monté que portent la reine Margot et le duc de Guise est un élément de la mode des années 1610 qui ne fait son apparition progressive que sous le règne d'Henri IV. Il y a donc ici un anachronisme de 30 à 40 ans environ. A la vue des images, on se croirait quasiment au beau milieu du règne de Louis XIII.

 

2) La collerette Médicis

Catherine, rectification de la colleretteCatherine de Médicis porte une collerette à godrons que les dames de la reine Elisabeth d'Angleterre portent dans les années 1590 environ. Il y a dans cette image un anachronisme de 20 ans environ.

De la même manière que la coupe de nos pantalons modernes (pantalons larges ou slim par exemple), il faut bien prendre en considération que la forme des godrons, la taille de la collerette et le motif et la présence ou non de la dentelle correspondent à des décennies ou des périodes bien précises de la mode.

La collerette à godrons est née de l'exubérance de la mode propre aux années 1570. La reine Margot elle-même est celle qui la fait évoluer et diffuser en Europe. Mais au moment où la petite Marguerite se marie, où elle devient une femme, la collerette à godrons qui n'a qu'une dizaine d'année d'existence à peine, est très loin de présenter les formes de celles présentées dans le film.

Une retouche grossière effectuée sur la photo permet de corriger l'inexactitude.

Charles IX, image du film3) Le col en dentelle (époque Louis XIII)

Le roi Charles IX et son frère le duc d'Anjou portent un col en dentelle dans une découpe propre aux années 1625-1630 (voire encore 1640-1645). Une fois de plus, l'impression ressentie est que l'histoire se passe sous le règne de Louis XIII, impression que renforce la longueur des cheveux qui se portaient plutôt court sous Charles IX.   

cols des années 1580Le col que porte Jean-Hugues Anglade est-il historiquement douteux ? Au début des années 1570, le col porté à la cour est quasiment semblable à ceux que nous portons encore aujourd'hui. Toutefois, il existe sous le règne d'Henri III des cols -d'inspiration anglaise certainement- qui présentent une découpe quasi semblable mais sans pour autant avoir la même taille. Les cols en dentelle existaient déjà mais les revers ne se rabattaient pas encore sur les épaules.   

 

Reconstitution pour Charles IXL'inexactitude du col de Jean-Hugues Anglade n'est donc pas très grave. Il n'y a pas de critiques sérieuses à formuler dessus. Mais s'il avait été fait choix pour ce film de recomposer une période et de donner au film tous les éléments qui permettent de le resituer dans un contexte déterminé, la fraise aurait été largement préférable.

En conclusion, il paraît difficile de déterminer la période historique dans laquelle se situe le film La reine Margot car le costume renvoie à des périodes différentes, voire à une absence de période (notamment au niveau des coiffures). Le réalisateur a conçu son film sans chercher à procéder à une recomposition historique. L'univers façonné est celui d'un monde imaginaire construit sur une vision vague de la Renaissance.

Il est toujours bon de rappeler que La reine Margot est le type de film qui ne doit pas être pris comme un modèle de reconstitution historique mais uniquement comme une source d'inspiration artistique.

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30 août 2009

La coiffure des dames de 1500 à 1550

Coiffure des dames de 1500 à 1550

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07 septembre 2009

Le roi danse ... mais sans rhingrave


Benoit Magimel dans le roi danseBenoit Magimel est Louis XIVSi Le roi danse (2000) est un film de qualité au regard des costumes, on ne manquera pas de regretter leur anachronisme.

Alors que le film commence dès les années 1650, le roi et sa cour sont déjà habillés selon la mode des années 1670. Les hommes ne portent ni rhingrave, ni grand col, ni rubans, ni canons. A la place, ils sont habillés par des culottes et de longs justaucorps. Le roi danse ne représente pas la cour du jeune Louis XIV. C'est pourtant l'histoire de cette cour-là que le film raconte en partie.

La prise de pouvoir par Louis XIV de RosseliniEst-ce le choix du réalisateur Gérard Corbiau de ne pas rendre son film et ses acteurs trop ridicules ? La question se pose quand on regarde le film plutôt désuet de Robert Rosselini, La  prise de pouvoir par Louis XIV (1966). Les hommes sont habillés à la mode du début du règne du roi soleil. Les haut-de-chausses sont cachés par un rhingrave, sorte de jupe agrémentée de petits rubans. Les manches s'arrête au coude et le justaucorps s'arrête au nombril laissant apparaître la chemise (image ci-contre).

Est-ce une mode trop ridicule à notre société contemporaine ?

La scène du mariage dans MolièreLe film d'Arianne Mnouchkine Molière répond à la question avec force de manière négative. Le film date de 1978 et raconte de manière synthétique la vie de Jean-Baptiste Poquelin (le personnage est interprété par Philippe Caubère que l'on connaît généralement davantage que comme le papa de Marcel Pagnol dans La gloire de mon père)

La réalisatrice a cherché à retrouver l'ambiance de l'époque et grâce au costume, ce pari est pleinement réussi (images ci-contre et ci-dessous).

 

Louis XIV dans MolièrePhilippe Caubère est MolièreLe film redonne vie à la mode de l'époque avec une fidélité beaucoup plus respectueuse que Le roi danse. Et le résultat est puissant.

Molière n'a jamais été aussi bien dépeint. La société et l'atmosphère de l'époque n'ont jamais été aussi bien reconstituées.

J'encourage vivement le visionnage de ce film qui sans aucun doute fera date dans la représentation cinématographique du Grand Siècle. 

 

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09 septembre 2009

Les années 1580

Henri IIILa grande fraise godronnée continue de se porter durant toute la décennie 1580. Après les excès de dentelle des années 1570, la fraise se présente bien mieux sans passement dans un ton uni immaculé.

Il faut noter que face à la mode du col rabattu, elle se porte surtout par les gentilshommes français pour les grandes occasions.

Fraises du début des années 1580

Fraise en Angleterre 1580-1586

Aplatissement des godronsDans le courant des années 1580, les godrons de la fraise s'aplatissent. Ils passent d'une forme verticale à une forme horizontale

Fraise des années 1580 à godrons aplatis

La fraise à confusionA l'approche des années 1590, la fraise apparaît plus fréquemment sous la forme d'une fraise à la confusion.

Il s'agit d'une fraise librement froncée, présentant un enchevêtrement de plis au lieu d'un alignement de tuyaux bien réguliers.

La fraise à confusion à la fin des années 1580

Fraises de Hollande en 1588

Les hommes de robe et de lettres portent une fraise bien évidemment plus modeste en largeur :

Hommes de robe et de lettres dans les années 1580

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21 septembre 2009

Les années 1570

1570Les années 1570 constituent en France la phase la plus aboutie de l'épanouissement de la fraise. Elle poursuit son développement en hauteur dans la première moitié de la décennie et s'étale ensuite progressivement en largeur, faisant reposer la tête sur un bloc de plis amidonnés. Elle devient plus que jamais un élément ostentatoire de la mode que chacun individualise par l'ajout de dentelle et de godrons échancrés tantôt dentelés et évasés.

De 1570 à 1575 :

Fraise de 1570 à 1572

Fraise de 1572 à 1575

Dans la seconde moitié de la décennie, c'est en largeur que la fraise s'étend, jusqu'à sa maturité en 1578.

De 1575 à 1578 :

Fraise de 1575 à 1576

Fraise de 1576 à 1578

Fraise de 1576 à 1577

Vers 1578 :

Fraise de 1577 à 1578

On remarque la même évolution à l'étranger, notamment en Angleterre. Ici, de 1576 à 1579 :

Fraise en Angleterre de 1576 à 1579

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08 décembre 2009

La coiffure en raquette


Au XVIe siècle, dans la haute aristocratie française - et par imitation chez les dames de moins haute condition - la mode est marquée par la coiffure en raquette.  Coiffés avec la raie au milieu, les cheveux sont relevés sur les tempes formant un coeur que maintient un arcelet. Cette mode qui succède au passe-filon apparaît sur les portraits des femmes de la cour dès la fin du règne de François Ier, mais connaît son épanouissement dans le courant des années 1570. Elle était également appelée coiffure en ratepenade (ce qui signifie chauve-souris). Pendant les guerres de religion, elle était vigoureusement condamnée par les ministres protestants (ce qui n'empêcha pas les grandes dames de la religion de l'adopter).

Dans les années 1550 :

Années 1550

Vers 1565-1570 :

La coiffure française vers 1565-1570

En 1573 :

La coiffure française en 1573

En 1575 :

 

La coiffure française en 1575

En 1578 :

 

Vers 1578

Vers 1580 :

Années 1580

Vers 1590 :

Vers 1590 et alentour

Dans les années 1590 :

 

La coiffure des années 1590

De 1597 à 1599 :

La coiffure de 1597 à 1599

De 1600 à 1605 :

La coiffure de 1600 à 1605

Sous le règne d'Henri IV, la coiffure en raquette cède la place à la coiffure en mitre (chapeau lithurgique des prélats dont elle évoque la forme). On parle également pour cette époque de coiffure à la jacobine

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21 février 2010

Bourgeoisie : le chaperon à bavolet

 


Chaperon à bavoletAu XVIe siècle, pendant que les femmes de la haute aristocratie édifiaient leurs cheveux en raquette, les dames du rang inférieur portaient plus communément le chaperon à bavolet. Il s'agissait d'un escoffion surmonté d'un grand pan de toile se relevant au-dessus du visage et descendant dans le dos.

C'est la coiffe par excellence des femmes de la bourgeoisie. Il affirme à la personne qui la porte une position sociale qui la distingue du populaire. Et contrairement aux femmes nobles plus enclines à dévoiler leur cou et leurs cheveux, le chaperon à bavolet procure aux citadines qui le portent cet effet rangé propre au genre de vie bourgeois.

 

 

La nourrice de Louis XIII portant un chaperon à bavoletLa mode du chaperon à bavolet existe dès le début du XVIe siècle. On le voit porté par des dames nobles dans les tapisseries du règne de Louis XII. Cette mode serait venue d'Italie au moment des expéditions françaises (Camille Piton parle d'ailleurs de coiffe à l'italienne, mais il convient d'être vigilant avec le vocabulaire).

 

Le chaperon à bavolet à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle (où l'on voit qu'il peut se porter avec une coiffure en raquette) : 

Le chaperon à bavolet dans la seconde moitié du XVIe siècle

Le chaperon à bavolet entre les deux siècles

 

Portraits de dames de la bourgeoisie, années 1570 (ci-dessous)

Bourgeoises, années 1570

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14 mars 2010

Marguerite à nouveau "nue" dans Henri 4 (2009)


Armelle Deutsch et Julien Boisselier dans Henri IV (2009)Le 11 mars dernier, France 3 a diffusé en première partie de soirée le film Henri 4 de Jo Baier, un film allemand de production européenne qui raconte l'épopée fabuleuse de ce grand roi. En dépit de son gros budget et de la présence de bons acteurs, le film est une grossièreté innommable digne d'une production grolandaise. Sa malhonnêteté fait insulte au public et on s'étonne qu'en 2010, on laisse encore passer pour historique ce qui relève d'une vision ordurière et abrutissante. Mais le contenu historique n'est pas le propos de ce blog.

Aujourd'hui, je propose de reconstituer le costume que Marguerite de Valois portait vers 1580, quand elle vivait à la cour de Nérac au coté de son époux. Nous partirons d'une photographie du film qui représente Marguerite de Valois (jouée par Armelle Deutsch) et Henri III de Navarre (joué par Julien Boisselier). La reine y porte une robe et une coiffure renaissance à la mode des années 2000. L'ensemble conjugué à la grâce naturelle d'Armelle Deutsch est très esthétique. Mais pour l'époque, la reine Marguerite est comme représentée "nue", dépouillée de ses accessoires de mode dont elle était l'égérie.

épaulettescollerettesSi on considère que nous sommes en 1580, il faudrait lui rajouter : 

-  des épaulettes,

- une petite gorgerette pour cacher les épaules des regards impudiques des courtisans,

- une collerette en éventail,

- des manches ballonnées,

- quelques bijoux supplémentaires, car Marguerite est une reine ; je rappelle que nous sommes au XVIe siècle dans une société divisée en rang et en dignité et où les susceptibilité sociales provoquent autant de troubles que les différences religieuses. Le port des bijoux est réglementé par des lois ; à chaque titre de noblesse correspond un quota limité de diamants. Sur la photographie, la reine est davantage habillée comme une bourgeoise. 

Le costume de Marguerite reconstitué7- une coiffure en raquette (et pourquoi pas une perruque blonde comme elle en portait)

Ce qui donne :

 

 

 

Pour comparer avec les portraits de Marguerite de Valois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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07 juillet 2010

L'attifet


Anne d'Este duchesse de Guise et de Nemours vers 1570Le terme attifet désigne pour le XVIe siècle la coiffe formant un arc de chaque côté du front.

C'est une mode adoptée par les dames de la noblesse à l'époque des guerres de religion durant cette période d'inclination ascensionnelle qu'ont eue les dames pour la coiffure en raquette. L'attifet peut d'ailleurs servir de support à celle-ci :

Catherine de Bourbon vers 1580-1590Attifet et coiffure en raquette sont deux éléments qui découlent de cette tendance qui consiste durant les années 1570 à former un coeur au-dessus du visage. On les retrouve sur les portraits des dames de la cour de France dès la fin du règne de Charles IX, époque marquée par un renouvellement d'une mode qui atteindra son apothéose à la cour d'Henri III, comme si les temps douloureux qui suivirent le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) n'avaient en rien freiné la culture des apparences ; bien au contraire. Une réaction culturelle aux rigueurs du puritanisme protestant ?

L'attifet peut se porter avec un chaperon et tend d'ailleurs à se confondre avec lui. On le voit en illustration sur le portrait de la deuxième dame représentée ci-dessous. Le chaperon apparaît au-dessus de l'attifet en formant une pointe sur le front :

L'attifet vers 1575 :

Dames avec attifet vers 1575

Dames avec attifet vers 1595Comme l'attifet est lié à la coiffure en raquette, il évolue en même temps qu'elle. Au cours des années, il s'agrandit et s'élève vers le haut.

L'attifet vers 1595-1600 :

L'attifet est souvent associé au deuil ou au veuvage pourtant rien ne permet ici de l'affirmer. Bien au contraire. Sur les deux portraits placés ci-dessus, sont représentées deux jeunes femmes qui viennent d'être mariées ou sont sur le point d'être mariées ; Louise duchesse de Montmorency et Catherine de Bourbon, soeur d'Henri IV.

Elisabeth IeerL'attifet semble être davantage un caprice de la mode qu'un accessoire de convenance porté pour marquer un temps d'austérité

A l'étranger, on retrouve le même type d'accessoire porté comme ici par Elisabeth d'Angleterre (ci-contre) qui est connue pour être restée coquette en dépit de son âge avancé.

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10 septembre 2010

Le chaperon


Le chaperon est une coiffe très répandue au XVIe siècle. Autant porté par les femmes de l'aristocratie que par celles de la bourgeoisie, il est omniprésent dans le paysage de la Renaissance française. Il est le concurrent le plus redoutable du chapeau.

Evolution du chaperon d'après des sculpturesIl est né de cette vogue qu'on appelle « templettes », qui était portée depuis la fin du XVe siècle et qui consistait en une sorte de coiffe descendant de chaque côté du visage, jusqu'au bas des joues (1ere figure de droite).

A l'origine constitué principalement d'un bandeau, le chaperon a connu durant tout le XVIe siècle de profondes transformations. Il a notamment beaucoup évolué en épousant les formes successives de la coiffure en raquette.

Dans le courant du règne de François Ier, le bandeau semble se dédoubler. Le chaperon présente alors deux bandeaux superposés l'un sur l'autre (2e figure de droite).

Sous le règne d'Henri II, le chaperon tend ensuite à devenir un bonnet, devenant cette fameuse coiffe que les portraits endeuillés de la reine Catherine de Médicis ont rendu célèbre (3e figure de droite). A cette époque, le chaperon n'était pourtant pas encore systématiquement associé au veuvage.

Le chaperon connaît ensuite une deuxième phase de transformation quand la mode de la coiffure en raquette fit relever les cheveux en hauteur (années 1570 et 1580). Il tend alors à se confondre avec l'attifet.

1556L'évolution de la mode du chaperon présentée ici, est essentiellement réalisée à partir d'images provenant des dessins de la cour de France ; de fait, elle comporte des aléas puisque certains d'entre eux sont à peine esquissés. Par ailleurs, il est bon de savoir que je les ai retouchés en gommant la silhouette de ces dames et en laissant la voilette de derrière dans une découpe qui ne signifie rien puisque celle-ci est sensée pendre droite derrière le dos (image de droite). La voilette a d'ailleurs tendance à disparaître à partir du règne d'Henri III.

Les années 1520 

Chaperon des années 1520

Les années 1530

Chaperon des années 1530 

Les années 1540

Chaperon des années 1540

Les années 1550

Chaperon des années 1550

Les années 1560

Chaperon des années 1560

Les années 1570

Chaperon des années 1570

Les années 1580

Chaperon des années 1580

Les années 1590

Chaperon des années 1590

Les années 1600

Chaperon des années 1600

Les années 1610

Chaperon des années 1610

Les années 1620

Les années 1620

Au XVIIe siècle, le chaperon-attifet donne naissance au sommet de la coiffure à un petit appendice que d'aucuns appellent un béguin de veuve.

 

Devant cet enchaînement continue et fluide de portraits, je tiens à rappeler la complexité des pratiques vestimentaires. Selon le rang de la personne (princesse, moyenne ou petite noblesse, riche ou petite bourgeoisie..), selon le statut (de veuve, de jeune mariée, de matrone..), et selon le style de vie (veuve joyeuse, veuve austère, dévote, femme du monde, vieille femme portant des coiffes démodées...), le chaperon présentait pour chaque époque des aspects variés.

Elisabeth Duval à la fin du XVIe siècleSous le règne d'Henri IV, le chaperon à la mode présente la particularité d'avoir sur le front un découpage en pointe. Cette tendance est née de la forme des voiles portées par les veuves et qui depuis les années 1570, s'était beaucoup accentuée (voir l'évolution des voiles dans les portraits de la reine Catherine).

A l'aube du Grand Siècle, on la voit essentiellement portée par les bourgeoises, par les vieilles femmes et les veuves.

Bourgeoise des années 1610La voilette qui pendait en appendice derrière le chaperon semble disparaître définitivement, quant à elle, au début du règne de Louis XIII, sous l'apparition de nouvelles formes (images de droite et ci-dessous) :

Coiffes de veuve du premier quart du XVIIe siècle :

Premier quart du XVIIe siècle

Marie de Médicis revêtue de sa tenue de deuil (1610) :

Marie de médicis

 

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