04 décembre 2011

Première partie du montage vidéo


Ayé, je vous livre la première partie du montage photo-vidéo sur lequel je travaille depuis quelques mois. Il concerne uniquement les décennies 1550, 1560 et 1570. Les trois suivantes viendront ultérieurement (à savoir les décennies 1580 à 1600).

Evidemment, j'attends beaucoup de vos remarques. La vidéo est fort critiquable. Elle ne dure que 45 secondes et force est de constater que je ne suis pas un expert en montage-vidéo. Comme j'utilise le logiciel le plus basique, les effets sont assez limités. Vos critiques seront donc la bienvenue. Elles me permettront de corriger la vidéo au moment où j'intégrerai les images des trois décennies suivantes. Si vous trouvez que les images ne vont pas à la bonne vitesse, que les légendes sont insuffisantes, etc..., laissez moi un commentaire.

Vidéo supprimée le 22 janvier 2012

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22 janvier 2012

La mode de 1550 à 1610


Je suis heureux de vous livrer enfin le résultat du travail sur lequel je suis depuis septembre 2011.

Il s'agit d'une vidéo présentant une évolution de la mode depuis le milieu du XVIe siècle jusqu'à la première décennie du XVIIe. Elle couvre toute la période des guerres de religion depuis le règne de Henri II à celui de Henri IV.

Elle est exclusivement consacrée à la mode de la cour de France et plus particulièrement à la mode du décolleté (qui en est d'ailleurs l'une de ses caractéristiques).

Même si je me défends et m'interdis d'admirer un mode de vie ancestral qui n'est pas le mien, je dois reconnaître qu'à travers cette vidéo je ne suis pas sans chercher à faire revivre le souvenir des dames illustres de cette époque ; Catherine de Médicis, Marguerite de Valois, Louise de Lorraine, Gabrielle d'Estrées et Marie de Médicis ont tenu une cour de dames et de demoiselles qui n'avait pas d'égal.

Mon travail a été conduit par plusieurs principes :

- respecter la mode à un instant donné avec autant de précision qu'il est possible. La mode est présentée par année. Les métamorphoses interviennent principalement sur la coiffure et la collerette. Le reste du costume, robe, manches et accessoires (couvre-chef, collier, etc.. ) sont modifiés par tranche d'années en vertu de limites chronologiques qui n'ont rien d'immuable. Je ne propose de fixer des clichés que sur la coiffure et la collerette. Les accessoires apparaissent et disparaissent independemment d'une quelconque mode annuelle. Par exemple, si j'ai présenté la jeune femme de l'année 1570 en train de porter une toque haute, j'aurais très bien pu utiliser cette même toque pour l'année 1575.

- donner un maximum de fluidité à la vidéo. Dans un souci de clarté, je devais créer une suite logique d'images qui évitât autant que possible les ruptures visuelles. Pour cette raison, j'ai du faire un choix arbitraire entre la fraise et le décolleté (exit donc la fraise).

Je reviendrai prochainement pour expliquer les images de la vidéo. Des difficultés propres au manque de documentation et à la diversité de la mode m'ont amené à faire des choix qui méritent d'être justifiés. Je le ferai dans un prochain article.

Je prévois également de donner une suite à ce travail. Je compte, par exemple, donner une version "fraisée" de la vidéo. En principe, ça ne devrait pas être trop long à réaliser, si je ne fais que reprendre les costumes du présent montage. Quant à faire une présentation de la mode qui aille de 1610 à 1670, cela me semble être dans la logique de mon projet, mais je ne pense pas m'y mettre avant 2013.

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05 février 2012

Explication de la vidéo - robe et manches


Le montage est réalisé à partir de portraits d'époque. Le résultat est donc tributaire de la documentation et de la qualité des images. Si la robe du modèle passe du rouge au noir pour les années 1580 et 1590, c'est parce que je n'avais pas d'autres images convenables à ma disposition.

Par ailleurs, le portrait en pied faisant terriblement défaut en France au XVIe siècle, j'ai dû me rabattre sur des portraits étrangers, anglais principalement.

Ci-dessous, les principaux portraits en pied ou à mi-jambe utilisés dans le montage :

Giovanni Battista Moroni Steven Van Der Meulen Anonyme français George Gower Anonyme français

Pour respecter au maximum les particularités de la mode française, je devais prendre soin de gommer sur ces portraits, les tendances étrangères. Exemple avec le modèle des années 1560 ; utilisant un portrait de la reine Elizabeth, je devais effacer la disposition des cottoires qui se présentent traditionnellement en lacet dans la mode anglaise.

Ci-dessous, le portrait du modèle français et celui de la reine Elizabeth : deux façons distinctes de porter les cottoires.

Colliers français et colliers anglais

cottoiresPortraits de dames anglaises avec les cottoires en lacet :

colliers en lacet

A défaut d'images, mon travail consistait à fusionner deux ou trois portraits ensemble. Dans le modèle des années 1590, j'avais à ma disposition un très beau portrait d'une veuve anonyme française. Pour la rendre moins austère (et plus à la mode), j'ai appliqué sur celui-ci, les crevés et le collier qu'on aperçoit dans un portrait de la même époque représentant Gabrielle d'Estrées (ci-dessous).

Montage pour le modèle 1590

Pour le portrait des années 1600, il fallait appliquer à un portrait de la reine Marie de Médicis, l'image d'un vertugadin en tambour, caractéristique de cette époque (ci-dessous).

Montage pour le modèle 1600

Femme 1580Du coté des manches, la diversité des formes me contraignait à faire des choix. J'optai pour les tendances les plus couramment représentées dans l'art du portrait. Exemple pour le modèle des années 1580, je choisissais de lui mettre des manches bouillonnées, telles qu'on les rencontre dans les portraits gravés du début de la décennie (ci-dessous). 

 Manches bouillonnées des années 1580

Définir la forme des robes présentait moins de difficultés. Il s'agissait de présenter les trois types successifs de vertugadin : le vertugadin en cône, le vertugadin en bourrelet et le vertugadin en tambour (ou en plateau)(ci-dessous).

Les 3 types de vertugadin

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25 février 2012

Explication de la vidéo - coiffure et collerette


Les sourcesA travers la vidéo, je m'étais donné le but de faire une présentation quasi annuelle de l'évolution de la coiffure et de la collerette. Pour y parvenir, notre époque a la chance de posséder une très grande quantité de portraits de cour, en particulier de dessins. Clouet, Quesnel, Dumonstier et les autres, constituent une source primordiale pour tenter de reconstituer la mode.

Le problème est qu'un grand nombre de ces portraits ne sont pas datés. Si, parfois, on parvient à les situer dans le temps à une année près - par comparaison et déduction - pour d'autres, c'est beaucoup plus vague. C'est ce qui explique que j'ai hésité à mettre sur la vidéo un décompte des années. Autant le reconnaître, c'est parfois très aléatoire.

datationC'est le cas des années 1550 (ci-dessous). Malgré le corpus de portraits existants, faute de portraits datés, je ne suis pas parvenu à replacer la mode dans le temps. On devine son évolution mais on ne parvient pas à la dater avec précision (à supposer que la mode se date à l'année près). A ce propos, je dois reconnaître que si je fais commencer la vidéo à l'année 1550, l'apparition de la guimpe telle qu'on la voit fleurir sur les épaules de la jeune femme, se retrouve sur les portraits dès les années 1540.

La difficulté de créer une suite logique tient aussi de la diversité et la fluctuation des façons. Entre le décolleté, le col fermé et ouvert, le ruché et le col rabattu, il faut faire un choix.

années 1550

Les années 1560 et 1570 (ci-dessous) présentaient moins de difficultés de reconstitution. La mode de la coiffure et de la collerette peut quasiment se saisir à l'année près.

années 1560

années 1570

Pour les années 1580 (ci-dessous), je me suis retrouvé de nouveau mis en difficulté par l'absence de portraits datés. Et surtout, les portraits en décolleté se font plus rares. La reconstitution de son évolution sur la vidéo est donc totalement hypothétique.

années 1580

Portrait daté de 1587Par ailleursvers 1587-1590, on distingue à la fin des années 1580 une rupture dans le montage qui n'a rien de naturel. Cela s'explique qu'à partir de cette période, on a sur les portraits le retour en force des fraises avec des godrons de formes volumineuses, carrées ou rondes (ci-contre), tendance qui s'ajoute aux modes précédentes sans les remplacer complètement.

De fait, pour les années 1590, la difficulté tenait de la diversité des formes, avec le passage d'une collerette godronnée à un collet monté. En revanche, la coiffure peut être reconstituée avec plus de précision.

années 1590

Pour les années 1600, faute de portraits datés, la présentation de la mode du collet monté est également hypothétique. On constate qu'en dix ans, elle a tendance à s'agrandir et à s'élever haut derrière la tête.

années 1600

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18 avril 2012

Les adieux à la reine


Affiche du filmCe mois-ci est sorti au cinéma un film original sur la cour de Marie-Antoinette, Les adieux à la reine (de Benoît Jacquot). Je m'écarte un peu de l'époque habituellement traitée sur ce site pour parler de ce film qui présente l'intérêt de traiter l'Histoire sous une forme nouvelle.

Son originalité est qu'il présente les évènements du 14 Juillet du point de vue des domestiques et qu'il est filmé de façon réaliste, quasiment à la manière d'un documentaire. Il évite la faute grave que commettent beaucoup de films « historiques » qui cherche à expliquer au spectateur le contexte en lui faisant bêtement un cours d'Histoire. Ce n'est pas le cas ici. On a presque envie de dire « Enfin un film d'Histoire crédible! ». Je dis bien « presque »...

Presque, parce que le film est l'adaptation d'un roman (ce dont je ne parlerai pas ici) mais surtout parce que le costume n'a pas été traité avec sérieux. Si le costume est essentiel pour rendre un film historique crédible, ici, l'aspect des vêtements gâche tout. La mode de l'époque n'a absolument pas été respectée.

Kirsten DunstSymbole clinquant de ce décalage, Marie-Antoinette (jouée par Diane Kruger) apparaît avec une haute perruque de coloration blonde platine, laissant une impression qui n'est pas sans rappeler le glamour de Marylin Monroe ou les coiffures de Kirsten Dunst dans la Marie-Antoinette de Sofia Coppola (image de droite). On est là dans une représentation de la reine qui répond aux critères de la mode de notre siècle mais pas à ceux des Lumières.

Ce qui était pardonnable au film de Coppola, l'est beaucoup moins pour Les adieux à la reine. Le film de Coppola assumait son caractère décalé et anachronique. Le coté rose bonbon des costumes participait au style « branché » du film. En revanche, pour les adieux de la reine, on est dans un registre qui se veut plus crédible. Le film s'illustre par le réalisme de la mise en scène et des dialogues, c'est regrettable que le costume n'aille pas dans le même sens. Le choix des costumes casse toute l'originalité du film.

Il y avait pourtant mille façons de coiffer la reine...

Marie-Antoinette années 1780

Portraits vers 1790

Essai de coiffure (à droite)

Le choix des costumes des adieux de la reine est d'autant plus regrettable que le scénario du film porte plusieurs fois l'attention du spectateur sur l'habit vert de Gabrielle de Polignac (jouée par Virginie Ledoyen). L'histoire aurait gagné en crédibilité si cette robe avait été accordée avec la mode de l'époque...

Retouche rapide sur le costume


Jane SeymourLes adieux à la reine souffre immanquablement de la comparaison avec La Révolution française (1989) film qui traitait également des évènements de l'été 1789 (quoique de manière plus furtive). Jane Seymour y incarnait une Marie-Antoinette formidable (peut-être la meilleure dans ce rôle ?), aidée par des costumes beaucoup plus respectueux de la mode. La Révolution française est ce genre de film historique qui prouve que le cinéma peut respecter la mode désuète d'une époque sans pour autant paraître ridicule.

Le rapprochement des deux films ne peut être évité. Les adieux à la reine est inspiré de La Révolution française ; la scène principale où Diane Kruger (Marie-Antoinette) serre contre elle Virginie Ledoyen (Polignac) n'est que la reprise de la scène où Jane Seymour enserre dans ses bras Gabrielle Lazure incarnant la princesse de Lamballe (ci dessous à gauche).

La révolution française (1989)Les adieux à la reine (2012)

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17 juin 2012

La fraise à la confusion (XVIIe siècle)


Au XVIIe siècle, deux modes de fraise se font concurrence. Il y a d'un côté la fraise classique à godrons, principalement portée dans les pays sous influence espagnole et de l'autre, la fraise à la confusion présentant plusieurs rangs de plis superposés et enchevêtrés les uns dans les autres, et qui est principalement portée dans les pays d'Europe du Nord.

Selon les goûts et les modes, la fraise à la confusion a adopté des formes différentes ; la galerie de portraits placée ci-dessous, présente les grandes phrases de sa transformation : réduction du diamètre, multiplication des plis, élargissement du diamètre et affaissement sur les épaules.

Evolution de la fraise à la confusion

A la mode dès les années 1580, ce type de fraise semble s'imposer au XVIIe siècle, en particulier dans les années 1620, période pendant laquelle elle apparaît sur un grand nombre de portraits. Elle finit par disparaître, du moins pour la France, après 1630.

Ci-dessous, la fraise à la confusion au summum de son succès (portrait d'un Hollandais vers 1627) :

1627 par Jan Anthonisz Van Ravesteyn

 

Les années 1600

En France

 

Portrait d'un magistrat françaisAu commencement du siècle, la fraise à la confusion se caractérise par son étroitesse. La forme qu'elle présente constitue l'achèvement d'une tendance qui depuis les années 1580 rétrécissait sa circonférence.

Elle se différencie également des modes précédentes par ses enchevêtrements de plis de plus en plus épais et denses.

La mode étant un phénomène constamment en mouvement, la fraise devait évoluer dans le sens contraire de la tendance précédente ; avant 1600, elle se réduisait, après 1610, elle s'élargit (on remarque ce même processus de réduction puis d'agrandissement, avec la mode du col rabattu entre 1630 et 1660).

Portraits d'Henri IV

années 1610

 

Les années 1610

 En France

 

Louis XIII vers 1616Dans le courant des années 1610, la fraise à la confusion continue de s'élargir et de s'épaissir. Elle forme désormais à la base de la tête un bloc compact qui semble la maintenir solidement.

A la fraise montée sur armature, succède une fraise directement posée sur le toit des épaules.

C'est l'époque de la régence de la reine Marie de Médicis. La mode française n'est pas encore tout à fait libérée de l'influence espagnole ; concurremment à la fraise à la confusion, la fraise à godrons se rencontre encore beaucoup sur les portraits (un article lui sera un jour consacrée).

Portraits français vers 1610-1612

Groupe de personnages français des années 1610

 

Les années 1620

En France

Le roi

La fraise poursuit son affaissement sur le toit des épaules. Ses plis retombent toujours plus loin vers le bas.

Dans la seconde moitié de la décennie, ils forment comme un cône sur lequel serait plantée la tête. Cette forme connaît un grand succès dans la seconde moitié des années 1620.

Après 1630, cette mode s'étiole et s'éteint. La fraise à la confusion disparaît alors complètement des portraits français.

 

Dessins Dumonstier

 

 

 

 

Louis XIII

Portraits français années 1620


NB : Cet article est la reprise d'un article publié le 1er novembre 2008 (et supprimé)

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La fraise à la confusion en Europe du Nord (XVIIe siècle)


Dans les pays d'Europe du Nord voisins de la France, la mode de la fraise à la confusion présente des évolutions similaires. Toutefois, on remarquera que les modes ne sont pas toujours au même stade de mutation et que des différences notables apparaissent dans les formes. Voici quelques élements qui permettent de distinguer un portrait anglais ou hollandais d'un portrait français...

 

Les années 1600

 

En Angleterre

L'amiral John Browne en 1604Dans les années 1590, la fraise anglaise avait la particularité de se présenter sous la forme d'un bol au fond duquel émergeait la tête. La fraise des années 1600 garde des souvenirs de cette forme qui en Angleterre est très prononcé sur les portraits.

Portraits anglais 1600-1608

 

 

 

 

 

Aux Pays-Bas

1603 un Hollandais (fraise démodée)Au regard de la mode française, les fraises hollandaises accusent un retard très prononcé ; elles sont encore larges et constituées de grands plis.

Le portrait d'un botaniste hollandais placé ci-contre et daté de 1603, présente un exemple parfait de fraise à la confusion désuète et au regard de la mode française complètement démodée.

Portraits hollandais années 1600

 

 

 

 

 

 

Les années 1610

 

 En Angleterre

Gentilhomme anglais vers 1620Dans les années 1610, la fraise anglaise a encore une forme en bol, mais peu à peu, comme en France, ses plis s'affaissent.

La fraise anglaise a pour originalité d'être souvent ouverte sur le devant, laissant apparaître les lacets qui permettent de l'attacher autour du cou (exemple ci-contre et deuxième ligne de portraits ci-dessous). C'est une caractéristique qui existait déjà sur les portraits anglais du XVIe siècle.

La fraise est également influencée par la collerette que portent les dames anglaises et qui présente la particularité d'avoir des plis courts et tombant sur le devant et de monter haut derrière la tête. Cette originalité marque les portraits anglais jusqu'au début des années 1620 (voir les deux dernières lignes de portraits ci-dessous).

Portraits anglais années 1610

 

 

 

Portraits anglais années 1610

Portraits anglais 1617-1620

Dames anglaises années 1610

 

Aux Pays-Bas

Portraits hollandais années 1610

 

Les années 1620

 

En Angleterre

Gentilhomme anglais années 1620

Comme en France, les plis de la fraise retombe sur le toit des épaules. Ils s'effrondrent jusqu'à se rabattre verticalement le long du cou.

Au terme de la décennie, la fraise à la confusion ne connaît plus d'évolution.

Portrais anglais 1620-1622

Le roi Charles d'Angleterre

Gentilshommes anglais 1625-1630

 

Aux Pays-Bas

 

Les Pays-Bas ont l'originalité de présenter deux modes de fraise à la confusiPortrait d'un Hollandais en 1629on.

La première présente un épais entassement de plis, large et massif comme on en trouvait auparavant en France et en Angleterre. Les habitants des Provinces-Unies poursuivent cette mode en lui donnant un aspect volumineux (première ligne de portraits ci-dessous).

La seconde est la mode courant en France et en Angleterre, celle plus moderne qui présente des plis retombant sur le toit des épaules (deuxième ligne de portraits ci-dessous).

Le portrait de droite, daté de 1629, présente une fraise qui semble être le résultat de fusion des deux modes.

Portraits hollandais 1620-1629

Portraits hollandais 1623-1627

 

Les années 1630

 

En Angleterre, la fraise à la confusion finit par devenir désuète. Elle apparaît encore ici et là sur quelques portraits, avant d'être définitivement remplacée par le grand col rabattu.

En revanche, aux Pays-Bas, la fraise à la confusion poursuit plus que jamais sa carrière. Le portrait de groupe placé ci-dessous montre la place prépondérante qu'occupe encore la fraise à cette époque. Daté de 1632, le tableau a l'intérêt de présenter les trois types de col et de collerette alors à la mode : la fraise à la confusion étalée sur les épaules (1), le grand col rabattu (2), la haute fraise à la confusion qui, désuète, est portée par le plus âgé des trois personnages peints (3).

1632 Compagnie du capitain Cloeck

Sur les portraits des années 1640, la fraise n'apparaît plus qu'autour du cou des vieillards (exemple ci-dessous) :

La célébration de la paix de Munster en 1648La célébration de la paix de Munster en 1648

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14 juillet 2012

La mode en Fraise


vers 1560Comme je l'avais annoncé, je prépare une nouvelle vidéo sur la mode du second XVIe siècle. Après le costume en décolleté, ce sera le costume en fraise.

Voici quelques images. Elles concernent les années :

1560   

1570 - 1575 

1580 - 1585

1590     

1600

 

 

vers 1570vers 1575

vers 1580vers 1585

vers 1590vers 1600

 

 

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31 août 2012

La mode de 1550 à 1610 - version fraisée


Je vous livre aujourd'hui la version fraisée du diaporama sur la mode 1550-1610. Comme pour le précédent, j'en ferai un article pour présenter les différentes images qui le composent.

Il est possible que je reprenne dans les semaines à venir l'ensemble des articles sur la fraise, afin de les mettre à jour et d'améliorer leur présentation.

 

 

J'en profite pour signaler que j'ai renouvelé l'image présentant les trois différents types de vertugadin (ci-dessous, clic droit et ouvrir).

Les 3 types de vertugadin

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01 octobre 2012

Explication de la vidéo sur la mode 1550-1615 version fraisée


Femme en mode François IerJ'écris cet article pour accompagner la vidéo que j'ai posté le mois dernier sur l'évolution de la mode, depuis les années 1550 jusqu'aux années 1610, dans sa version fraisée.

Chaque décennie est représentée par une image. Ici encore, il s'agit surtout de présenter l'évolution de la coiffure et de la collerette et de manière très générale celle de la robe.

Pour les années 1550, l'encolure de la robe reste carrée avec une ligne en arceau. La nudité des épaules s'efface sous une pièce de toile blanche appellée guimpe (image ci-dessous). Le cou s'éclipse derrière un col montant. C'est le froncement des rebords de ce col qui donnera naissance plus tard à la fraise.

Les changements interviennent surtout au niveau des manches ; les bras se dotent de mancherons ; c'est une réaction contre l'ancienne mode des grandes manches à revers ; la traditionnelle robe française n'est désormais plus portée que par les dames âgées, principalement (image ci-dessus à gauche).

Mode années 1550

Dans les années 1560, la fraise est formée de godrons réguliers qui deviennent de plus en plus grands (image ci-dessous). La coiffure est celle de la coiffure en raquette ; la cornette attachée à l'escoffion se fait plus rare. Les toques plates finissent par être remplacées par des chapeaux haut-de-forme et des bonnets bouffants. Les manches gonflent au niveau des épaules mais restent serrées aux poignets : c'est la mode des manches en gigot...

Mode années 1560

Les années 1570 constituent une sorte de rampe de lancement pour la mode française ; tout s'accélère : la silhouette s'affine, le corps piqué se rigidifie, et les vêtements gonflent. Bien que la fraise soit très changeante  -ce qui était à la mode hier, devient ringard le lendemain - son évolution peut quasiment se saisir à l'année près. La fraise prend de la hauteur, séparant la tête du buste, puis à la fin de la décennie, elle s'étend au point de présenter la tête comme posée sur un plateau. Les cheveux s'élèvent en raquette : au sommet de la tête, derrière la coiffure, se cache un bonnet orné en son centre d'une aigrette.

Mode années 1570

Les années 1580 sont dominées par l'hypertrophie du costume. Les manches sont ballonnées ; elles se présentent en bouillon, tailladées en petits crevés, puis fendues. Le buste est prisonnier d'un corps baleiné qui se comprime en pointe, encadré par les plis d'une robe bombée ; c'est la mode du corps piqué en pointe et du vertugadin en bourrelet.

La collerette qui a atteint sa taille maximum, se fend en deux, dégageant le cou. Bien qu'il soit difficile d'établir une évolution précise, faute de sources iconographiques datées, on peut constater que les plis de la collerette s'aplatissent, puis quelques temps plus tard, en réaction, ils s'arrondissent.

Mode années 1580

Au commencement des années 1590, la fraise est formée par une succession de tuyaux complètement cylindriques. Elle revient ensuite à un aspect plus simple, rappelant des formes déjà portées. Elle se rétrécit. Le collier de perle se porte généralement  au-dessus de la fraise. La coiffure continue son élévation, formant à la fin de la décennie une coiffure en pain de sucre, ou en mitre.

Si les manches reviennent à des formes normales, la robe conserve en revanche sa forme volumineuse. Elle semble même prendre davantage de contenance. Le vertugadin en bourrelet se recouvre d'un volant froncé, puis devient un vertugadin plat, donnant à la robe une forme de tambour.

Mode années 1590

Dans les années 1600, la fraise se fait plus rare sur les portraits. Face au succès du collet monté (col Médicis), la fraise s'étiole...

Mode vers 1600

Elle continue pourtant de se porter au commencement des années 1620. Ce sont les derniers renouvellements avant sa complète disparition. Le vertugadin laissé en héritage par le XVIe siècle finira lui aussi par fondre. Quant à la coiffure, depuis le début du nouveau siècle, sa masse s'affaisse...

Mode vers 1615-1620

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