18 avril 2012

Les adieux à la reine


Affiche du filmCe mois-ci est sorti au cinéma un film original sur la cour de Marie-Antoinette, Les adieux à la reine (de Benoît Jacquot). Je m'écarte un peu de l'époque habituellement traitée sur ce site pour parler de ce film qui présente l'intérêt de traiter l'Histoire sous une forme nouvelle.

Son originalité est qu'il présente les évènements du 14 Juillet du point de vue des domestiques et qu'il est filmé de façon réaliste, quasiment à la manière d'un documentaire. Il évite la faute grave que commettent beaucoup de films « historiques » qui cherche à expliquer au spectateur le contexte en lui faisant bêtement un cours d'Histoire. Ce n'est pas le cas ici. On a presque envie de dire « Enfin un film d'Histoire crédible! ». Je dis bien « presque »...

Presque, parce que le film est l'adaptation d'un roman (ce dont je ne parlerai pas ici) mais surtout parce que le costume n'a pas été traité avec sérieux. Si le costume est essentiel pour rendre un film historique crédible, ici, l'aspect des vêtements gâche tout. La mode de l'époque n'a absolument pas été respectée.

Kirsten DunstSymbole clinquant de ce décalage, Marie-Antoinette (jouée par Diane Kruger) apparaît avec une haute perruque de coloration blonde platine, laissant une impression qui n'est pas sans rappeler le glamour de Marylin Monroe ou les coiffures de Kirsten Dunst dans la Marie-Antoinette de Sofia Coppola (image de droite). On est là dans une représentation de la reine qui répond aux critères de la mode de notre siècle mais pas à ceux des Lumières.

Ce qui était pardonnable au film de Coppola, l'est beaucoup moins pour Les adieux à la reine. Le film de Coppola assumait son caractère décalé et anachronique. Le coté rose bonbon des costumes participait au style « branché » du film. En revanche, pour les adieux de la reine, on est dans un registre qui se veut plus crédible. Le film s'illustre par le réalisme de la mise en scène et des dialogues, c'est regrettable que le costume n'aille pas dans le même sens. Le choix des costumes casse toute l'originalité du film.

Il y avait pourtant mille façons de coiffer la reine...

Marie-Antoinette années 1780

Portraits vers 1790

Essai de coiffure (à droite)

Le choix des costumes des adieux de la reine est d'autant plus regrettable que le scénario du film porte plusieurs fois l'attention du spectateur sur l'habit vert de Gabrielle de Polignac (jouée par Virginie Ledoyen). L'histoire aurait gagné en crédibilité si cette robe avait été accordée avec la mode de l'époque...

Retouche rapide sur le costume


Jane SeymourLes adieux à la reine souffre immanquablement de la comparaison avec La Révolution française (1989) film qui traitait également des évènements de l'été 1789 (quoique de manière plus furtive). Jane Seymour y incarnait une Marie-Antoinette formidable (peut-être la meilleure dans ce rôle ?), aidée par des costumes beaucoup plus respectueux de la mode. La Révolution française est ce genre de film historique qui prouve que le cinéma peut respecter la mode désuète d'une époque sans pour autant paraître ridicule.

Le rapprochement des deux films ne peut être évité. Les adieux à la reine est inspiré de La Révolution française ; la scène principale où Diane Kruger (Marie-Antoinette) serre contre elle Virginie Ledoyen (Polignac) n'est que la reprise de la scène où Jane Seymour enserre dans ses bras Gabrielle Lazure incarnant la princesse de Lamballe (ci dessous à gauche).

La révolution française (1989)Les adieux à la reine (2012)

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17 juin 2012

La fraise à la confusion (XVIIe siècle)


Au XVIIe siècle, deux modes de fraise se font concurrence. Il y a d'un côté la fraise classique à godrons, principalement portée dans les pays sous influence espagnole et de l'autre, la fraise à la confusion présentant plusieurs rangs de plis superposés et enchevêtrés les uns dans les autres, et qui est principalement portée dans les pays d'Europe du Nord.

Selon les goûts et les modes, la fraise à la confusion a adopté des formes différentes ; la galerie de portraits placée ci-dessous, présente les grandes phrases de sa transformation : réduction du diamètre, multiplication des plis, élargissement du diamètre et affaissement sur les épaules.

Evolution de la fraise à la confusion

A la mode dès les années 1580, ce type de fraise semble s'imposer au XVIIe siècle, en particulier dans les années 1620, période pendant laquelle elle apparaît sur un grand nombre de portraits. Elle finit par disparaître, du moins pour la France, après 1630.

Ci-dessous, la fraise à la confusion au summum de son succès (portrait d'un Hollandais vers 1627) :

1627 par Jan Anthonisz Van Ravesteyn

 

Les années 1600

En France

 

Portrait d'un magistrat françaisAu commencement du siècle, la fraise à la confusion se caractérise par son étroitesse. La forme qu'elle présente constitue l'achèvement d'une tendance qui depuis les années 1580 rétrécissait sa circonférence.

Elle se différencie également des modes précédentes par ses enchevêtrements de plis de plus en plus épais et denses.

La mode étant un phénomène constamment en mouvement, la fraise devait évoluer dans le sens contraire de la tendance précédente ; avant 1600, elle se réduisait, après 1610, elle s'élargit (on remarque ce même processus de réduction puis d'agrandissement, avec la mode du col rabattu entre 1630 et 1660).

Portraits d'Henri IV

années 1610

 

Les années 1610

 En France

 

Louis XIII vers 1616Dans le courant des années 1610, la fraise à la confusion continue de s'élargir et de s'épaissir. Elle forme désormais à la base de la tête un bloc compact qui semble la maintenir solidement.

A la fraise montée sur armature, succède une fraise directement posée sur le toit des épaules.

C'est l'époque de la régence de la reine Marie de Médicis. La mode française n'est pas encore tout à fait libérée de l'influence espagnole ; concurremment à la fraise à la confusion, la fraise à godrons se rencontre encore beaucoup sur les portraits (un article lui sera un jour consacrée).

Portraits français vers 1610-1612

Groupe de personnages français des années 1610

 

Les années 1620

En France

Le roi

La fraise poursuit son affaissement sur le toit des épaules. Ses plis retombent toujours plus loin vers le bas.

Dans la seconde moitié de la décennie, ils forment comme un cône sur lequel serait plantée la tête. Cette forme connaît un grand succès dans la seconde moitié des années 1620.

Après 1630, cette mode s'étiole et s'éteint. La fraise à la confusion disparaît alors complètement des portraits français.

 

Dessins Dumonstier

 

 

 

 

Louis XIII

Portraits français années 1620


NB : Cet article est la reprise d'un article publié le 1er novembre 2008 (et supprimé)

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La fraise à la confusion en Europe du Nord (XVIIe siècle)


Dans les pays d'Europe du Nord voisins de la France, la mode de la fraise à la confusion présente des évolutions similaires. Toutefois, on remarquera que les modes ne sont pas toujours au même stade de mutation et que des différences notables apparaissent dans les formes. Voici quelques élements qui permettent de distinguer un portrait anglais ou hollandais d'un portrait français...

 

Les années 1600

 

En Angleterre

L'amiral John Browne en 1604Dans les années 1590, la fraise anglaise avait la particularité de se présenter sous la forme d'un bol au fond duquel émergeait la tête. La fraise des années 1600 garde des souvenirs de cette forme qui en Angleterre est très prononcé sur les portraits.

Portraits anglais 1600-1608

 

 

 

 

 

Aux Pays-Bas

1603 un Hollandais (fraise démodée)Au regard de la mode française, les fraises hollandaises accusent un retard très prononcé ; elles sont encore larges et constituées de grands plis.

Le portrait d'un botaniste hollandais placé ci-contre et daté de 1603, présente un exemple parfait de fraise à la confusion désuète et au regard de la mode française complètement démodée.

Portraits hollandais années 1600

 

 

 

 

 

 

Les années 1610

 

 En Angleterre

Gentilhomme anglais vers 1620Dans les années 1610, la fraise anglaise a encore une forme en bol, mais peu à peu, comme en France, ses plis s'affaissent.

La fraise anglaise a pour originalité d'être souvent ouverte sur le devant, laissant apparaître les lacets qui permettent de l'attacher autour du cou (exemple ci-contre et deuxième ligne de portraits ci-dessous). C'est une caractéristique qui existait déjà sur les portraits anglais du XVIe siècle.

La fraise est également influencée par la collerette que portent les dames anglaises et qui présente la particularité d'avoir des plis courts et tombant sur le devant et de monter haut derrière la tête. Cette originalité marque les portraits anglais jusqu'au début des années 1620 (voir les deux dernières lignes de portraits ci-dessous).

Portraits anglais années 1610

 

 

 

Portraits anglais années 1610

Portraits anglais 1617-1620

Dames anglaises années 1610

 

Aux Pays-Bas

Portraits hollandais années 1610

 

Les années 1620

 

En Angleterre

Gentilhomme anglais années 1620

Comme en France, les plis de la fraise retombe sur le toit des épaules. Ils s'effrondrent jusqu'à se rabattre verticalement le long du cou.

Au terme de la décennie, la fraise à la confusion ne connaît plus d'évolution.

Portrais anglais 1620-1622

Le roi Charles d'Angleterre

Gentilshommes anglais 1625-1630

 

Aux Pays-Bas

 

Les Pays-Bas ont l'originalité de présenter deux modes de fraise à la confusiPortrait d'un Hollandais en 1629on.

La première présente un épais entassement de plis, large et massif comme on en trouvait auparavant en France et en Angleterre. Les habitants des Provinces-Unies poursuivent cette mode en lui donnant un aspect volumineux (première ligne de portraits ci-dessous).

La seconde est la mode courant en France et en Angleterre, celle plus moderne qui présente des plis retombant sur le toit des épaules (deuxième ligne de portraits ci-dessous).

Le portrait de droite, daté de 1629, présente une fraise qui semble être le résultat de fusion des deux modes.

Portraits hollandais 1620-1629

Portraits hollandais 1623-1627

 

Les années 1630

 

En Angleterre, la fraise à la confusion finit par devenir désuète. Elle apparaît encore ici et là sur quelques portraits, avant d'être définitivement remplacée par le grand col rabattu.

En revanche, aux Pays-Bas, la fraise à la confusion poursuit plus que jamais sa carrière. Le portrait de groupe placé ci-dessous montre la place prépondérante qu'occupe encore la fraise à cette époque. Daté de 1632, le tableau a l'intérêt de présenter les trois types de col et de collerette alors à la mode : la fraise à la confusion étalée sur les épaules (1), le grand col rabattu (2), la haute fraise à la confusion qui, désuète, est portée par le plus âgé des trois personnages peints (3).

1632 Compagnie du capitain Cloeck

Sur les portraits des années 1640, la fraise n'apparaît plus qu'autour du cou des vieillards (exemple ci-dessous) :

La célébration de la paix de Munster en 1648La célébration de la paix de Munster en 1648

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14 juillet 2012

La mode en Fraise


vers 1560Comme je l'avais annoncé, je prépare une nouvelle vidéo sur la mode du second XVIe siècle. Après le costume en décolleté, ce sera le costume en fraise.

Voici quelques images. Elles concernent les années :

1560   

1570 - 1575 

1580 - 1585

1590     

1600

 

 

vers 1570vers 1575

vers 1580vers 1585

vers 1590vers 1600

 

 

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31 août 2012

La mode de 1550 à 1610 - version fraisée


Je vous livre aujourd'hui la version fraisée du diaporama sur la mode 1550-1610. Comme pour le précédent, j'en ferai un article pour présenter les différentes images qui le composent.

Il est possible que je reprenne dans les semaines à venir l'ensemble des articles sur la fraise, afin de les mettre à jour et d'améliorer leur présentation.

 

 

J'en profite pour signaler que j'ai renouvelé l'image présentant les trois différents types de vertugadin (ci-dessous, clic droit et ouvrir).

Les 3 types de vertugadin

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01 octobre 2012

Explication de la vidéo sur la mode 1550-1615 version fraisée


Femme en mode François IerJ'écris cet article pour accompagner la vidéo que j'ai posté le mois dernier sur l'évolution de la mode, depuis les années 1550 jusqu'aux années 1610, dans sa version fraisée.

Chaque décennie est représentée par une image. Ici encore, il s'agit surtout de présenter l'évolution de la coiffure et de la collerette et de manière très générale celle de la robe.

Pour les années 1550, l'encolure de la robe reste carrée avec une ligne en arceau. La nudité des épaules s'efface sous une pièce de toile blanche appellée guimpe (image ci-dessous). Le cou s'éclipse derrière un col montant. C'est le froncement des rebords de ce col qui donnera naissance plus tard à la fraise.

Les changements interviennent surtout au niveau des manches ; les bras se dotent de mancherons ; c'est une réaction contre l'ancienne mode des grandes manches à revers ; la traditionnelle robe française n'est désormais plus portée que par les dames âgées, principalement (image ci-dessus à gauche).

Mode années 1550

Dans les années 1560, la fraise est formée de godrons réguliers qui deviennent de plus en plus grands (image ci-dessous). La coiffure est celle de la coiffure en raquette ; la cornette attachée à l'escoffion se fait plus rare. Les toques plates finissent par être remplacées par des chapeaux haut-de-forme et des bonnets bouffants. Les manches gonflent au niveau des épaules mais restent serrées aux poignets : c'est la mode des manches en gigot...

Mode années 1560

Les années 1570 constituent une sorte de rampe de lancement pour la mode française ; tout s'accélère : la silhouette s'affine, le corps piqué se rigidifie, et les vêtements gonflent. Bien que la fraise soit très changeante  -ce qui était à la mode hier, devient ringard le lendemain - son évolution peut quasiment se saisir à l'année près. La fraise prend de la hauteur, séparant la tête du buste, puis à la fin de la décennie, elle s'étend au point de présenter la tête comme posée sur un plateau. Les cheveux s'élèvent en raquette : au sommet de la tête, derrière la coiffure, se cache un bonnet orné en son centre d'une aigrette.

Mode années 1570

Les années 1580 sont dominées par l'hypertrophie du costume. Les manches sont ballonnées ; elles se présentent en bouillon, tailladées en petits crevés, puis fendues. Le buste est prisonnier d'un corps baleiné qui se comprime en pointe, encadré par les plis d'une robe bombée ; c'est la mode du corps piqué en pointe et du vertugadin en bourrelet.

La collerette qui a atteint sa taille maximum, se fend en deux, dégageant le cou. Bien qu'il soit difficile d'établir une évolution précise, faute de sources iconographiques datées, on peut constater que les plis de la collerette s'aplatissent, puis quelques temps plus tard, en réaction, ils s'arrondissent.

Mode années 1580

Au commencement des années 1590, la fraise est formée par une succession de tuyaux complètement cylindriques. Elle revient ensuite à un aspect plus simple, rappelant des formes déjà portées. Elle se rétrécit. Le collier de perle se porte généralement  au-dessus de la fraise. La coiffure continue son élévation, formant à la fin de la décennie une coiffure en pain de sucre, ou en mitre.

Si les manches reviennent à des formes normales, la robe conserve en revanche sa forme volumineuse. Elle semble même prendre davantage de contenance. Le vertugadin en bourrelet se recouvre d'un volant froncé, puis devient un vertugadin plat, donnant à la robe une forme de tambour.

Mode années 1590

Dans les années 1600, la fraise se fait plus rare sur les portraits. Face au succès du collet monté (col Médicis), la fraise s'étiole...

Mode vers 1600

Elle continue pourtant de se porter au commencement des années 1620. Ce sont les derniers renouvellements avant sa complète disparition. Le vertugadin laissé en héritage par le XVIe siècle finira lui aussi par fondre. Quant à la coiffure, depuis le début du nouveau siècle, sa masse s'affaisse...

Mode vers 1615-1620

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13 janvier 2013

Introduction

La collerette

 

La collerette désigne la pièce de tissu froncée ou plissée, placée au bord de l'encolure et entourant le cou.

C'est un élément de la mode emblématique de la fin de la Renaissance. Elle apparaît dans la seconde moitié du XVIe siècle et se porte jusqu'au début du XVIIe siècle. Son succès touche toute l'Europe ; elle est portée à la fois par les femmes et par les hommes, les adultes et les enfants, les classes nobles et populaires. Pendant presque un siècle, elle présente une grande variété de forme, évoluant dans le temps, selon les tendances propres aux pays, selon le statut social des personnes et leur mode de vie.


Pour en saisir l'évolution dans la mode féminine, il convient de distinguer deux types de collerettes: la collerette ouverte sur un décolleté et la collerette fermée qui a donné la fraise. Le blog présentera tour à tour l'évolution détaillée de ces deux types de collerette1.

 

Evolution de la collerette ouverte sur un décolleté

Evolution de la collerette au XVIe siecle

Evolution de la fraise

Evolution de la fraise au XVIe siecle

 

Evolution générale en France

Evolution générale en France

 

Patterns of FashionPour toute recherche de patrons et d'explications sur la réalisation des collerettes et des fraises, je vous renvoie à l'ouvrage suivant : Janet Arnold, Patterns of fashion, The cut and construction of linen shirts, smocks, neckwear, headwear and accessories for men and women c. 1540-1660, London : Macmillan, 2008.

Le livre abonde en illustrations qui permettent de comprendre la confection des collerettes (en particulier la fraise du XVIIe siècle, en Europe du Nord).

 


Notes

1Il s'agit d'une nouvelle présentation de la collerette, faite à partir de plusieurs articles postés en 2008.

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14 janvier 2013

La fraise


Présentation de la mode de la fraise des années 1560 à l'an 1600

Evolution de la fraise 1560-1600

 

Dans son sens le plus strict, la fraise désigne les collerettes plissées ou godronnées faisant le tour complet du cou, fermées sous le menton et constituant un vêtement indépendant de la chemise (ou de la guimpe). Sous cette définition, elle ne semble pas apparaître avant les années 1560.

Dans son sens le plus souple, le mot inclut les collerettes simplement froncées, cousues sur le rebord de la chemise (ou de la guimpe) et faisant le tour du cou.

 

Les origines

 

La fraise apparaît avec le déclin du grand décolleté carré. Au cours des années 1540, la poitrine et les épaules sont progressivement couvertes par une guimpe ou une pèlerine. Le col fait son apparition ! La gorge se couvre d'un col montant qui cache peu à peu le cou sur toute sa hauteur. Les bords de ce col sont d'abord froncés, plissés (première image ci-dessous), puis, à la fin des années 1550, godronnés (deuxième image ci-dessous).

Le godron est le nom donné au pli rond. Pour lui maintenir sa forme ovoïde bien régulière, on applique sur le tissu un fer brulant et/ou on l'empèse avec de l'amidon (colle qui permet de le raidir). On parle alors de fraise empesée ou amidonnée. Les plis deviennent plus ou moins rigides.

 

 Aux Pays-Bas vers 1550

Portrait vers 1551-1552

Aux Pays-Bas vers 1555-1560

Portrait vers 1555-1560 environ

 

 


 

Les années 1550

 

En France

A l'origine, la collerette présente un enchevêtrement libre de plis froncés. Avec le temps, les plis deviennent plus importants en volume et c'est de ce développement qu'une fois empesée, va naître la fraise godronnée.

Les rebords des plis sont parfois brodés.

France - années 1550

France - années 1550

France - années 1550

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En Europe

La mode anglaise se distingue par la broderie de ses collerettes (deuxième ligne de portrait ci-dessous), caractéristique qui se voit encore sur les portraits anglais des années 1570.

Pays-Bas - années 1550 ou environPays-Bas

 

 

 

Angleterre - années 1550 environ

Angleterre

 

 

 

 

   

 

 


 

Les années 1560

 

 En France

Evolution de la fraise dans les années 1560

A partir des années 1560, la collerette est godronnée ; elle présente une suite régulière de plis ronds de forme ovoïde, donnant l'impression d'une rangée de "8" successifs. Plus on avance dans le temps, plus les godrons prennent du volume.

France - années 1560

 

En Europe

La mode anglaise continue de se distinguer par le rebord brodé de ses collerettes, mais aussi par leur composition. La fraise anglaise a l'originalité de présenter souvent deux rangées superposées de godrons, ce qui se retrouve rarement ailleurs (deuxième ligne de portrait ci-dessous).

Italie - années 60En Italie

 

 

 

 

Angleterre de 1562 à 1569En Angleterre

Angleterre 1565-1570

 

 


 
 

Les années 1570

 

En France

Evolution de la fraise dans les années 1570

 

C'est dans les années 1570 que la fraise connaît les métamorphoses les plus impressionnantes en volume. Dans la première moitié de la décennie, elle s'étend verticalement ; les godrons continuent de s'élever en hauteur, cachant finalement le cou dans toute sa longueur. Au milieu de la décennie, les plis apparaissent en éventail en-dessous de la tête, formant comme un énorme bloc.

Dans la seconde moitié de la décennie, la fraise s'étend horizontalement, les plis s'allongeant sur les côtés : la fraise s'élargit. A la fin de la décennie, elle est si large qu'elle ressemble à un grand plateau : la grande fraise fait ainsi progressivement son apparition. La mode féminine est proche en cela de la mode masculine, ce qui ne sera plus le cas à partir des années 1580, la fraise des femmes suivant alors une évolution distincte de la fraise portée par les hommes.

La décennie est également marquée par l'usage important de la dentelle, parfaisant l'effet délicat de la collerette. Devenue une pièce indépendante (c'est-à-dire détachée) de la chemise et de la guimpe, la collerette fermée mérite pleinement à cette époque le nom de fraise.
 

Portraits vers 1570-1572De 1570 à 1575

 

 

 

 

Portraits d'Elisabeth d'Autriche reine de France

 

Portraits vers 1572-1574

Portraits vers 1575Vers 1575

 

 

 

 

 

Portraits de 1576 à 1578De 1575 à 1580

 

 

 

 

Portraits vers 1577-1580

 

 

 

 

 

 En Angleterre

La collerette anglaise suit les évolutions de la fraise française, tout en gardant parfois ses spécificités décoratives : rebords brodés, voire même perlés. De plus, l'ouverture de la fraise sous le menton est parfois apparente, alors qu'elle est camouflée dans la mode française (sur l'observation des portraits).

Angleterre 1570-1575

 Portraits d'Elisabeth d'Angleterre vers 1575

Portraits d'Elisabeth d'Angleterre de 1575 à 1580

Dames anglaises 1577-1579

 

Dans le reste de l'Europe

Alors que la mode des Pays-Bas suit les logiques de la mode française (première ligne de portraits ci-dessous), celle de l'Italie espagnole suit un modèle tout à fait différent, en présentant notamment sur ses portraits une fraise beaucoup plus modeste en taille et en volume (deuxième ligne de portraits ci-dessous). La fraise grandit mais sans connaître les formes et les excès de la fraise française.

Pays-Bas - années 1570Aux Pays-Bas

 

 

 

 

Italie - années 1570 ou environEn Italie

 

 

 

 

 

 


 

 Les années 1580

  

En France

Evolution de la collerette dans les années 1580

 

la duchesse de JoyeuseFaute de sources iconographiques datées, il est plutôt difficile d'établir une évolution précise de la fraise pour les années 1580. Sa circonférence continue encore de s'agrandir mais ce n'est pas la métamorphose majeure de cette période. La nouveauté principale consiste plutôt dans l'ouverture de la collerette sur le devant de la poitrine ; les plis s'écartent sous le menton, formant une ouverture comme un V inversé. La collerette présente désormais l'image de deux ailes de papillon. Après avoir été cachée pendant deux décennies, la gorge refait son apparition.

Christine de LorraineCette disposition nouvelle est peut-être une réponse aux incommodités de la grande fraise, beaucoup trop volumineuse pour accéder à la bouche, que ce soit pour s'alimenter, pour porter un verre à ses lèvres ou encore pour embrasser ; l'ouverture de la fraise devant le visage est peut-être une adaptation pratique pour en contourner les contraintes. Nonobstant cet aspect encombrant, la grande fraise godronnée ne disparaît pas, elle continue de se voir sur les portraits durant toute la décennie (première ligne de portraits ci-dessous).

Louise de LorraineL'autre évolution dominante de la fraise des années 80 concerne la forme des plis ; jusqu'à cette époque, la forme des godrons n'avait pas évolué, gardant toujours une forme en lacet ou en 8. A partir des années 80, les plis s'aplatissent horizontalement au point de disparaître complètement ; c'est la mode des plis plats, la collerette s'aplatit et tend à se confondre avec un collet monté (deuxième ligne de portraits ci-dessous).

Fraise godronnée classique des années 1580

 

 

 

Collerette ouverte des années 1580

Portrait daté de 1587 pour le secondA la fin de la décennie, la mode des plis plats semble décliner. Les godrons reviennent, soit sous une forme ronde, soit sous une forme triangulaire (ci-contre). S'il y a peu de portraits datés qui peuvent en servir d'illustration, l'observation des portraits des années 1590 (en particulier anglais) permettent de confirmer cette inversion de la tendance ; l'époque est à l'hypertrophie (voir les années 1590).

Portraits vers 1587-1590

 

 

 En Angleterre

L'Angleterre est le seul pays à partager les tendances originales de la mode française. Aux Pays-Bas, les portraits présentent une fraise de dimension plus mesurée.

Portraits d'Elisabeth d'Angleterre

Angleterre - années 1580

La mode du pli plat en Angleterre

 

 Aux Pays-Bas

Pays-Bas - années 1580

 

 


 

  Les années 1590

 

  En France

Evolution de la fraise durant les années 90

 

Pour les mêmes raisons que la décennie précédente, il est difficile de saisir une évolution précise de la fraise. Plusieurs tendances générales sont perceptibles ; la plus importante est que la gorge est dégagée et mise à nu (héritage de la mode des années 80), laissant voir le collier de perle au-dessus de la fraise, et non en-dessous comme dans les années 1570. La fraise des années 1590 découvre le cou autant que la fraise des années 1570 le cachait.

La deuxième tendance générale de la fraise est sa circonférence irrégulière ; les plis sont courts sur le devant et redressés en hauteur sur les côtés. Cette forme semble règler le problème d'aisance posé par la grande fraise, bien que celle-ci se porte toujours. Par ailleurs, au niveau de sa largeur, la fraise n'a plus la démesure des années 1580. Dans les années 1590, sa circonférence diminue de beaucoup.

Portrait peint en 1590Les transformations de la mode se manifestent également sur la forme des godrons. Au commencement de la décennie, les plis présentent une forme complètement cylindrique, donnant à la fraise l'aspect d'une collerette formée de tuyaux (portrait ci-contre).rondCes tuyaux semblent prendre une forme ellipsoïdale dans le courant de la première moitié de la décennie (première ligne de portraits ci-dessous).ellipsoïdalIl est ensuite plus difficile de saisir l'évolution de la forme des plis, à cause de leur diversité sur les portraits ; en observant ces derniers, on peut constater le retour des godrons traditionnels formant une rangée de "8". En réaction aux énormes plis, on a des godrons de petite hauteur (deuxième ligne de portraits ci-dessous) et des godrons parfaitement ronds (troisième ligne de portraits). Puis, la fraise se réduit en largeur (quatrième ligne de portraits).

Portraits français des années 1590

Portraits français des années 1590

Portraits de 1595-1599 environ

 Portraits vers 1595-1600

 

  En Angleterre

Portrait d'une dame en 1592 par PeakeEst-ce le contexte des guerres de religion qui fait que les formes les plus extravagantes de la mode se rencontrent non pas en France mais à l'étranger ? Depuis l'assassinat d'Henri III en 1589, la cour de France s'était dispersée et le pays tout entier avait sombré dans le chaos et l'anarchie. Le contexte était nettement plus enviable en Angleterre. Depuis l'échec de l'Invincible Armada en 1588, le royaume d'Elisabeth traversait une période d'épanouissement qui lui valut l'appelation d'âge d'or.

Les portraits semblent confirmer l'éclat de cette période. En réaction à la mode des plis plats, les plis forment des tuyaux d'une amplitude impressionnante (portrait ci-contre). On y trouve comme en France la mode des tubes circulaires et ellipsoïdaux et la mode de la fraise ouverte sur la gorge.

Angleterre vers 1590-1595

Angleterre - années 1590

Angleterre - années 1590

 

 En Italie

Au XVIe siècle, la fraise italienne n'a pas la démesure de la mode anglaise et de la mode française. On observant les portraits, on constate que c'est avec un retard de quelques années que la mode italienne adopte les godrons de grande amplitude qui caractérisent tant les années 1590 dans les pays du Nord. L'hypertrophie de la fraise devait pourtant devenir la caractéristique de la mode italienne au début du XVIIe siècle.

Italie - années 1590

 

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30 janvier 2013

La collerette ouverte sur un décolleté


Présentation de la mode de la collerette ouverte en décolleté

sur la gorge ou la poitrine de 1560 à 1600

 

Evolution de la collerette 1560-1600

 

 

Les origines

 

La collerette désigne la pièce de tissu froncée ou plissée, placée au bord de l'encolure et entourant le cou. Elle apparaît dans le courant des années 1530 et 1540, avec la mode du col montant

Elle naît du développement du ruché du col de la chemise, c'est-à-dire de ses bords froncés.

Le présent article s'attachera à présenter les collerettes qui s'ouvrent sur la gorge ou la poitrine.

 

En Italie vers 1530

ruché italien vers 1530

Aux Pays-Bas vers 1540

ruché vers 1540

 En Angleterre vers 1557

Collerette vers 1557

 

 

Les années 1550

 

En France

Marguerite de FranceLa collerette se présente sous deux formes. La première n'est pas sans rappeler les décolletés à jabot : le plissé suit le bord du décolleté, autour du cou et devant la poitrine (première ligne de portrait ci-dessous). Cette forme, caractéristique de la mode française (si l'on en croit les portraits) possède des traits communs avec le décolleté italien. Elle n'apparaît en France que pour les années 1550 uniquement (c'est-à-dire sous le règne d'Henri II). En revanche, elle se voit beaucoup sur les portraits italiens pendant toute la seconde moitié du XVIe siècle.

La deuxième forme de collerette portée en France dans les années 1550 est plus classique. Elle se porte au bout d'un col dont les deux pointes se présentent écartées (deuxième ligne de portrait ci-dessous).

La collerette ouverte est composée de plis qui se développent avec les années. Comme pour la fraise, elle devient godronnée à la fin de la décennie (et comme pour la fraise, ses rebords sont brodés).

France - années 1550

France - années 1550

PélerineLa collerette se porte également sur la pélerine ; la pélerine est un par-dessus qui recouvre les épaules, et qui est très courant sur les portraits des années 1550 (ci-contre et ligne de portraits ci-dessous). Les plis froncés bordent l'encolure de la pélerine et viennent se juxtaposer à la collerette de la guimpe.

Pélerine - années 50 et 60 environ

 


 

Les années 1560

 

En France

Evolution de la collerette dans les années 1560

 

La collerette continue de s'épanouir. La taille et la forme de ses godrons suit en parallèle la même évolution que ceux de la fraise.

La mode de la guimpe qui s'était imposée dans les années 1550 semble atteindre son apothéose dans les années 1560. C'est du moins ce que présentent le portraits de cette époque. Le décolleté est pour ainsi dire quasi absent ; même si, devant la poitrine, la guimpe se fend parfois légèrement en deux.  Le collier (qu'on appelle aussi le carcan) se porte par dessus la guimpe.

Dames françaises des années 1560

Dames françaises des années 1560

Dames françaises des années 1560

 

Aux Pays-Bas

Les femmes du Nord portent une collerette dont l'évolution est quasiment identique à celle de la mode française (on saisit mieux sur les portraits ci-dessous, l'agrandissement des godrons au fur et à mesure des années), mais leurs portraits plus austères exposent moins la guimpe blanche posée grâcieusement sur les épaules, comme elle est de mise à la cour de France.

Pays-Bas 1560-1565 environ

Pays-Bas 1565-1570 environ

 

 En Angleterre

La mode anglaise se distingue des autres pays par ses collerettes à double rang, ses rebords brodés, et sa forme particulière : Contrairement à la collerette en France et aux Pays-Bas, les pointes du col se rapprochent au lieu de s'écarter, et la collerette dépasse et cache les oreilles.

Angleterre 1560-1565 environ

Angleterre 1562

 

 


 

Les années 1570

 

En France

Evolution de la collerette dans les années 1570

 

Les années 1570 sont marquées par le retour important du décolleté. Les épaules restent toujours couvertes par la guimpe, mais celle-ci se fend largement en deux, laissant le haut de la poitrine en partie découvert. Le collier qui se portait au-dessus de la guimpe, se porte désormais en-dessous, à même la peau.

B Louise de LorraineL'autre tendance dominante de cette époque est l'épaisseur importante de la collerette. Par la taille démesurée de ses godrons et l'orientation de ses plis, elle continue de suivre l'évolution de la fraise. Ceci explique l'aspect massif de la rangée de godrons au milieu de la décennie.

Vers 1573, les plis se dressent pointés vers le ciel, enserrant de près le visage (deuxième ligne de portraits ci-dessous), puis, dans la seconde moitié de la décennie, comme pour la fraise, ils s'allongent sur les côtés (quatrième ligne de portraits ci-dessous).

L'effet visuel rendu par cette évolution est celle d'une collerette qui semble fleurir au fur et à mesure du temps. C'est la la naissance de la collerette en éventail.

Portraits de 1570 à 1573 environDe 1570 à 1575

Portraits vers 1573

Portraits vers 1575Vers 1575

 

 

 

 

Portraits de 1575 à 1578De 1575 à 1580

Fin de la décennie ou début des années 80

 

 

 

 

 

 

 

 

Chez les femmes enceintes, les veuves, et les dames âgées, la collerette peut évidemment se porter sans trop de décolleté, légèrement ouverte sur la gorge ou pas du tout (galerie de portraits ci-dessous).

Dames âgées, enceintes ou veuves

 

En Europe

 

Pays-Bas - années 1570Aux Pays-Bas

 

 

 

 

Florence - années 1570En Italie

Venise - années 1570

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les années 1580

 

En France

Evolution des années 1580

 

La collerette en éventail connaît dans les années 1580 son déploiement maximal. C'est à cette époque une mode propre à la cour de France, portée et mise en vogue par les reines Marguerite de Valois et Louise de Lorraine (respectivement représentées ci-dessous dans les médaillons).

Comme pour la fraise, la mode est aux plis plat. Mais faute de portraits datés, il est difficile de saisir une évolution précise. Les différents portraits présentés ci-dessous sont regroupés par technique artistique (gravure, peinture et dessin).

Marguerite de valois et Louise de Lorraine

 

 

 

 

 

 
 

Dames françaises des années 1580

Dames françaises des années 1580

Dames françaises des années 1580

 

 

 

 

Bal à la cour de France

 












 

  En Italie

Seule l'Italie semble adopter une mode proche de celle de la France, mais sans en connaître ses excès. L'Angleterre des années 1580 se caractérise par une absence quasi totale du décolleté dans le portrait (ce qui ne signifie pas que les Anglaises n'en portaient pas). 

 Florence 1580

 

 


 

Les années 1590

 

En France

Evolution de la collerette dans les années 1590

 

Pour les mêmes raisons que la décennie précédente, il est difficile de saisir l'évolution de la collerette à l'année près. Les années 1590 constituent la période de transition pendant laquelle la mode de la collerette passe le relais à celle du collet monté ; les formes qui apparaissent sur les portraits sont d'une grande diversité et cette diversité nuit à la compréhension des tendances.

L'évolution majeure des années 1590 concerne la forme. La collerette des années 80 s'épanouissait en s'allongeant sur les côtés. Celle des années 90 prend un sens totalement inverse. Il se réduit sur les côtés, le premier pli est plus court que ceux qui suivent derrière lui. plis ellipsoïdauxCette mode donne à la collerette la forme d'un fer à cheval.

Au niveau de la forme des godrons, la collerette semble se calquer encore sur la fraise. Sur l'un des portraits présentés ci-dessous, les plis présentent un aspect ellipsoïdal, comme ceux que présente la fraise dans la première moitié de la décennie (détail ci-contre).

Portraits peints des années 1590

Portraits de 1593 à 1597

Au cours des années 1590, le collet monté remplace progressivement la collerette. Parfois, les deux se portent superposés l'un sur l'autre (peinture de la deuxième ligne de portraits ci-dessous). La forme en fer à cheval demeure.

Portraits de 1590 à 1595 environ

Portraits de 1590 à 1600 environ

 

En Angleterre

Bénéficiant d’un contexte politique plus agréable, la mode anglaise reprend à son compte ce qui avait fait la caractéristique de la mode française. Elle arbore les décolletés, avec le port de collerettes en éventail particulièrement imposantes. 

Elisabeth - années 1590

Angleterre - années 1590

Angleterre - années 90

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04 février 2013

Les années 1570

 

 En France

 

La principale évolution des années 1570 réside dans le rétrécissement des trousses. Par opposition aux formes hypertrophiées des années 1560, la mode revient à des tailles beaucoup plus courtes. L'évolution est assez perceptible sur les portraits français, entre la première moitié de la décennie et la seconde.
 

1570 France

 

1572 trapèzeLa deuxième tendance générale de la décennie est le changement de forme. Par réaction aux lignes rondes et ovales des années 60, les trousses s'aplatissent au niveau inférieur et prennent une forme trapézoïdale.

Cette tendance s'observe sur les portraits avec des assimilations différentes, mais se confirme au fur et à mesure que les trousses se réduisent en taille. Il y a un processus de structuration du haut-de-chausses.

 

 

  Années 1570-1575

 

France 1570-1575

Henri, duc d'Anjou vers 1570Sur ce dessin de la fin du règne de Charles IX, époque de la Saint-Barthélemy, le duc d'Anjou (futur Henri III) porte, sous son armure, des trousses qui ont la forme trapézoïdale caractéristique de cette époque.

En-dessous de ces trousses, il porte au niveau des cuisses, une sorte de culotte plissée assez moulante. C'est ce qu'on appelle le canon.

Les bas-de-chausses sont tenus par des jarretières.

 

 

 

 

 

 

 

 

  Années 1575-1580

 

hauts-dechausseSur les portraits de la seconde moitié de la décennie, le haut-de-chausses se réduit de manière considérable. Il est à noter qu'il conserve sa forme trapézoïdale.

Son fond devient complètement plat et semble même se creuser. Le bord inférieur se plie et rebique légèrement, donnant au haut-de-chausses un effet aérien (ce qui le différencie du haut-de-chausses des années 1540 qui est court comme lui, mais qui a une forme allongée et qui épouse la forme des cuisses).

 

Portraits français vers 1575-1580

 La Femme entre les deux âges vers 1575, RennesLe haut-de-chausses peut se présenter dans des dispositions de matières différentes. Dans le tableau de la Femme entre deux âges (vers 1575), le jeune homme est habillé d'un haut-de-chausses en satin qui n'est pas recouvert de bandes d'étoffe (image ci-contre à gauche).

Tapisserie des années 1570

 

 

 

 

 

 

 

 

En Europe

 

Europe années 1570

 

On retrouve sur les gravures des années 1570-1575, la même forme trapézoïdale. 

estampe

 

 

 

 

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