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Le costume historique
7 juillet 2010

L'attifet


Anne d'Este duchesse de Guise et de Nemours vers 1570Le terme attifet désigne pour le XVIe siècle la coiffe formant un arc de chaque côté du front.

C'est une mode adoptée par les dames de la noblesse à l'époque des guerres de religion durant cette période d'inclination ascensionnelle qu'ont eue les dames pour la coiffure en raquette. L'attifet peut d'ailleurs servir de support à celle-ci :

Catherine de Bourbon vers 1580-1590Attifet et coiffure en raquette sont deux éléments qui découlent de cette tendance qui consiste durant les années 1570 à former un coeur au-dessus du visage. On les retrouve sur les portraits des dames de la cour de France dès la fin du règne de Charles IX, époque marquée par un renouvellement d'une mode qui atteindra son apothéose à la cour d'Henri III, comme si les temps douloureux qui suivirent le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) n'avaient en rien freiné la culture des apparences ; bien au contraire. Une réaction culturelle aux rigueurs du puritanisme protestant ?

L'attifet peut se porter avec un chaperon et tend d'ailleurs à se confondre avec lui. On le voit en illustration sur le portrait de la deuxième dame représentée ci-dessous. Le chaperon apparaît au-dessus de l'attifet en formant une pointe sur le front :

L'attifet vers 1575 :

Dames avec attifet vers 1575

Dames avec attifet vers 1595Comme l'attifet est lié à la coiffure en raquette, il évolue en même temps qu'elle. Au cours des années, il s'agrandit et s'élève vers le haut.

L'attifet vers 1595-1600 :

L'attifet est souvent associé au deuil ou au veuvage pourtant rien ne permet ici de l'affirmer. Bien au contraire. Sur les deux portraits placés ci-dessus, sont représentées deux jeunes femmes qui viennent d'être mariées ou sont sur le point d'être mariées ; Louise duchesse de Montmorency et Catherine de Bourbon, soeur d'Henri IV.

Elisabeth IeerL'attifet semble être davantage un caprice de la mode qu'un accessoire de convenance porté pour marquer un temps d'austérité

A l'étranger, on retrouve le même type d'accessoire porté comme ici par Elisabeth d'Angleterre (ci-contre) qui est connue pour être restée coquette en dépit de son âge avancé.

21 février 2010

Bourgeoisie : le chaperon à bavolet

 


Chaperon à bavoletAu XVIe siècle, pendant que les femmes de la haute aristocratie édifiaient leurs cheveux en raquette, les dames du rang inférieur portaient plus communément le chaperon à bavolet. Il s'agissait d'un escoffion surmonté d'un grand pan de toile se relevant au-dessus du visage et descendant dans le dos.

C'est la coiffe par excellence des femmes de la bourgeoisie. Il affirme à la personne qui la porte une position sociale qui la distingue du populaire. Et contrairement aux femmes nobles plus enclines à dévoiler leur cou et leurs cheveux, le chaperon à bavolet procure aux citadines qui le portent cet effet rangé propre au genre de vie bourgeois.

 

 

La nourrice de Louis XIII portant un chaperon à bavoletLa mode du chaperon à bavolet existe dès le début du XVIe siècle. On le voit porté par des dames nobles dans les tapisseries du règne de Louis XII. Cette mode serait venue d'Italie au moment des expéditions françaises (Camille Piton parle d'ailleurs de coiffe à l'italienne, mais il convient d'être vigilant avec le vocabulaire).

 

Le chaperon à bavolet à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle (où l'on voit qu'il peut se porter avec une coiffure en raquette) : 

Le chaperon à bavolet dans la seconde moitié du XVIe siècle

Le chaperon à bavolet entre les deux siècles

 

Portraits de dames de la bourgeoisie, années 1570 (ci-dessous)

Bourgeoises, années 1570

17 juin 2012

La fraise à la confusion en Europe du Nord (XVIIe siècle)


Dans les pays d'Europe du Nord voisins de la France, la mode de la fraise à la confusion présente des évolutions similaires. Toutefois, on remarquera que les modes ne sont pas toujours au même stade de mutation et que des différences notables apparaissent dans les formes. Voici quelques élements qui permettent de distinguer un portrait anglais ou hollandais d'un portrait français...

 

Les années 1600

 

En Angleterre

L'amiral John Browne en 1604Dans les années 1590, la fraise anglaise avait la particularité de se présenter sous la forme d'un bol au fond duquel émergeait la tête. La fraise des années 1600 garde des souvenirs de cette forme qui en Angleterre est très prononcé sur les portraits.

Portraits anglais 1600-1608

 

 

 

 

 

Aux Pays-Bas

1603 un Hollandais (fraise démodée)Au regard de la mode française, les fraises hollandaises accusent un retard très prononcé ; elles sont encore larges et constituées de grands plis.

Le portrait d'un botaniste hollandais placé ci-contre et daté de 1603, présente un exemple parfait de fraise à la confusion désuète et au regard de la mode française complètement démodée.

Portraits hollandais années 1600

 

 

 

 

 

 

Les années 1610

 

 En Angleterre

Gentilhomme anglais vers 1620Dans les années 1610, la fraise anglaise a encore une forme en bol, mais peu à peu, comme en France, ses plis s'affaissent.

La fraise anglaise a pour originalité d'être souvent ouverte sur le devant, laissant apparaître les lacets qui permettent de l'attacher autour du cou (exemple ci-contre et deuxième ligne de portraits ci-dessous). C'est une caractéristique qui existait déjà sur les portraits anglais du XVIe siècle.

La fraise est également influencée par la collerette que portent les dames anglaises et qui présente la particularité d'avoir des plis courts et tombant sur le devant et de monter haut derrière la tête. Cette originalité marque les portraits anglais jusqu'au début des années 1620 (voir les deux dernières lignes de portraits ci-dessous).

Portraits anglais années 1610

 

 

 

Portraits anglais années 1610

Portraits anglais 1617-1620

Dames anglaises années 1610

 

Aux Pays-Bas

Portraits hollandais années 1610

 

Les années 1620

 

En Angleterre

Gentilhomme anglais années 1620

Comme en France, les plis de la fraise retombe sur le toit des épaules. Ils s'effrondrent jusqu'à se rabattre verticalement le long du cou.

Au terme de la décennie, la fraise à la confusion ne connaît plus d'évolution.

Portrais anglais 1620-1622

Le roi Charles d'Angleterre

Gentilshommes anglais 1625-1630

 

Aux Pays-Bas

 

Les Pays-Bas ont l'originalité de présenter deux modes de fraise à la confusiPortrait d'un Hollandais en 1629on.

La première présente un épais entassement de plis, large et massif comme on en trouvait auparavant en France et en Angleterre. Les habitants des Provinces-Unies poursuivent cette mode en lui donnant un aspect volumineux (première ligne de portraits ci-dessous).

La seconde est la mode courant en France et en Angleterre, celle plus moderne qui présente des plis retombant sur le toit des épaules (deuxième ligne de portraits ci-dessous).

Le portrait de droite, daté de 1629, présente une fraise qui semble être le résultat de fusion des deux modes.

Portraits hollandais 1620-1629

Portraits hollandais 1623-1627

 

Les années 1630

 

En Angleterre, la fraise à la confusion finit par devenir désuète. Elle apparaît encore ici et là sur quelques portraits, avant d'être définitivement remplacée par le grand col rabattu.

En revanche, aux Pays-Bas, la fraise à la confusion poursuit plus que jamais sa carrière. Le portrait de groupe placé ci-dessous montre la place prépondérante qu'occupe encore la fraise à cette époque. Daté de 1632, le tableau a l'intérêt de présenter les trois types de col et de collerette alors à la mode : la fraise à la confusion étalée sur les épaules (1), le grand col rabattu (2), la haute fraise à la confusion qui, désuète, est portée par le plus âgé des trois personnages peints (3).

1632 Compagnie du capitain Cloeck

Sur les portraits des années 1640, la fraise n'apparaît plus qu'autour du cou des vieillards (exemple ci-dessous) :

La célébration de la paix de Munster en 1648La célébration de la paix de Munster en 1648

17 juin 2012

La fraise à la confusion (XVIIe siècle)


Au XVIIe siècle, deux modes de fraise se font concurrence. Il y a d'un côté la fraise classique à godrons, principalement portée dans les pays sous influence espagnole et de l'autre, la fraise à la confusion présentant plusieurs rangs de plis superposés et enchevêtrés les uns dans les autres, et qui est principalement portée dans les pays d'Europe du Nord.

Selon les goûts et les modes, la fraise à la confusion a adopté des formes différentes ; la galerie de portraits placée ci-dessous, présente les grandes phrases de sa transformation : réduction du diamètre, multiplication des plis, élargissement du diamètre et affaissement sur les épaules.

Evolution de la fraise à la confusion

A la mode dès les années 1580, ce type de fraise semble s'imposer au XVIIe siècle, en particulier dans les années 1620, période pendant laquelle elle apparaît sur un grand nombre de portraits. Elle finit par disparaître, du moins pour la France, après 1630.

Ci-dessous, la fraise à la confusion au summum de son succès (portrait d'un Hollandais vers 1627) :

1627 par Jan Anthonisz Van Ravesteyn

 

Les années 1600

En France

 

Portrait d'un magistrat françaisAu commencement du siècle, la fraise à la confusion se caractérise par son étroitesse. La forme qu'elle présente constitue l'achèvement d'une tendance qui depuis les années 1580 rétrécissait sa circonférence.

Elle se différencie également des modes précédentes par ses enchevêtrements de plis de plus en plus épais et denses.

La mode étant un phénomène constamment en mouvement, la fraise devait évoluer dans le sens contraire de la tendance précédente ; avant 1600, elle se réduisait, après 1610, elle s'élargit (on remarque ce même processus de réduction puis d'agrandissement, avec la mode du col rabattu entre 1630 et 1660).

Portraits d'Henri IV

années 1610

 

Les années 1610

 En France

 

Louis XIII vers 1616Dans le courant des années 1610, la fraise à la confusion continue de s'élargir et de s'épaissir. Elle forme désormais à la base de la tête un bloc compact qui semble la maintenir solidement.

A la fraise montée sur armature, succède une fraise directement posée sur le toit des épaules.

C'est l'époque de la régence de la reine Marie de Médicis. La mode française n'est pas encore tout à fait libérée de l'influence espagnole ; concurremment à la fraise à la confusion, la fraise à godrons se rencontre encore beaucoup sur les portraits (un article lui sera un jour consacrée).

années1610

 

Les années 1620

En France

Le roi

La fraise poursuit son affaissement sur le toit des épaules. Ses plis retombent toujours plus loin vers le bas.

Dans la seconde moitié de la décennie, ils forment comme un cône sur lequel serait plantée la tête. Cette forme connaît un grand succès dans la seconde moitié des années 1620.

Après 1630, cette mode s'étiole et s'éteint. La fraise à la confusion disparaît alors complètement des portraits français.

 

Dessins Dumonstier

 

 

 

 

Louis XIII

Portraits français années 1620


NB : Cet article est la reprise d'un article publié le 1er novembre 2008 (et supprimé)

21 avril 2008

La collerette La collerette est un terme

La collerette

 

La collerette est un terme générique utilisé pour désigner les cols plissés. Au cours du XVIe siècle, elle apparaît sous la forme d'une fraise.

 

I XVIe siècle

L'évolution de la fraise dans la mode masculine :

Evolution de la fraise au XVIe siecle (homme)

Dans la mode féminine, la fraise suit une évolution quasi-similaire :

 Evolution de la fraise au XVIe siecle (femme)

Dans la mode féminine, la collerette proprement dite suit un chemin parallèle :

Evolution de la collerette au XVIe siecle

II XVIIe siècle

Au début du XVIIe siècle, les gentilshommes de France et de l'Europe du Nord de l'Europe portent la fraise à confusion :

Evolution de la fraise à la confusion

5 février 2012

Explication de la vidéo - robe et manches


Le montage est réalisé à partir de portraits d'époque. Le résultat est donc tributaire de la documentation et de la qualité des images. Si la robe du modèle passe du rouge au noir pour les années 1580 et 1590, c'est parce que je n'avais pas d'autres images convenables à ma disposition.

Par ailleurs, le portrait en pied faisant terriblement défaut en France au XVIe siècle, j'ai dû me rabattre sur des portraits étrangers, anglais principalement.

Ci-dessous, les principaux portraits en pied ou à mi-jambe utilisés dans le montage :

Giovanni Battista Moroni Steven Van Der Meulen Anonyme français George Gower Anonyme français

Pour respecter au maximum les particularités de la mode française, je devais prendre soin de gommer sur ces portraits, les tendances étrangères. Exemple avec le modèle des années 1560 ; utilisant un portrait de la reine Elizabeth, je devais effacer la disposition des cottoires qui se présentent traditionnellement en lacet dans la mode anglaise.

Ci-dessous, le portrait du modèle français et celui de la reine Elizabeth : deux façons distinctes de porter les cottoires.

Colliers français et colliers anglais

cottoiresPortraits de dames anglaises avec les cottoires en lacet :

colliers en lacet

A défaut d'images, mon travail consistait à fusionner deux ou trois portraits ensemble. Dans le modèle des années 1590, j'avais à ma disposition un très beau portrait d'une veuve anonyme française. Pour la rendre moins austère (et plus à la mode), j'ai appliqué sur celui-ci, les crevés et le collier qu'on aperçoit dans un portrait de la même époque représentant Gabrielle d'Estrées (ci-dessous).

Montage pour le modèle 1590

Pour le portrait des années 1600, il fallait appliquer à un portrait de la reine Marie de Médicis, l'image d'un vertugadin en tambour, caractéristique de cette époque (ci-dessous).

Montage pour le modèle 1600

Femme 1580Du coté des manches, la diversité des formes me contraignait à faire des choix. J'optai pour les tendances les plus couramment représentées dans l'art du portrait. Exemple pour le modèle des années 1580, je choisissais de lui mettre des manches bouillonnées, telles qu'on les rencontre dans les portraits gravés du début de la décennie (ci-dessous). 

 Manches bouillonnées des années 1580

Définir la forme des robes présentait moins de difficultés. Il s'agissait de présenter les trois types successifs de vertugadin : le vertugadin en cône, le vertugadin en bourrelet et le vertugadin en tambour (ou en plateau)(ci-dessous).

en pied2

7 août 2011

Chapeaux masculins 1550-1600 . Europe

 


Groupe d'hollandais années 1550

Pour compléter un précédent article sur le chapeau français de la seconde moitié du XVIe siècle, voici un relevé de couvre-chefs européens pour la même période. Les images sont prélevées de peintures, dessins et gravures principalement anglais et néerlandais.

L'image ci-contre présente un groupe d'hommes portant majoritairement la toque. Seul un homme se distingue par un chapeau conique haut-de-forme (à droite du tableau). Nous sommes dans les années 1550 environ.

William Cecil presiding over the Court of Wards and LiveriesUne quarantaine d'années plus tard, le même chapeau conique semble s'être généralisé. Sur l'image de droite, la quasi totalité des hommes de ce conseil anglais en possède un. A l'exception de deux d'entre eux qui le portent sur la tête, ils les ont posés sur la table.

 

 

 

 

 

 

 

 Les années 1570

 

 

toque des années 1560-1570

 

 

années 1570 1

années 1570 2

 

 

Les années 1580

 

années 1580

années 1580 2

années 1580 3

années 1580 4

 

Les années 1590

 

années 1590

années 1590 4Groupe d'hollandais en 1599Chapeau avec rebord ou visière années 1580-1590

 Chapeau conique avec large rebord 1580-1590

 

4 juillet 2011

Collerette et collet monté


A la suite du jeu concours réalisé au mois d’avril sur le film La princesse de Montpensier, je propose aujourd’hui une présentation de la mode à travers une succession d’images retouchées. Il s’agit de montrer à travers la même photo (celle représentant la princesse de Montpensier incarnée par Mélanie Thierry) l’évolution de la collerette et du collet monté dans la France du XVIe siècle. La première image commence aux années 1550, époque où la collerette commence se développe, aux années 1630, époque où le col se rabat sur les épaules.


Il est important de noter que pour mettre en valeur la continuité des formes, je me suis efforcé de donner une présentation extrêmement simplifiée. En aucun cas, il ne s'agit d'une représentation exhaustive. Vous remarquerez notamment qu’en privilégiant la forme du décolleté, la fraise (collerette fermée) en est totalement absente.  

Les années 1550 :

années 1550 

Les années 1560 :

années 1560

Les années 1570 :

années 1570

Les années 1580 :

années 1580

Les années 1590 :

années 1590

Les années 1600 :

années 1600

Les années 1610 :

années 1610

Les années 1620 :

années 1620

 http://img715.imageshack.us/img715/3703/collerette.jpg

Collerette

27 avril 2011

Voici la correction du petit concours organisé ce

Voici la correction du petit concours organisé ce mois-ci. Il s'agissait de retrouver l'image correspondante à la mode de l'année 1570, date à laquelle se déroule l'histoire du film La princesse de Montpensier. La réponse était la n° 4.

Félicitations aux gagnant(e)s !

Voici les images replacées dans l'ordre chronologique de la mode. Seule, la collerette a été modifiée. Les cheveux, les épaulettes et les manches restent identiques à l'image de départ du film.

Vers 1550 (mode Henri II) :

Réponse 2


 

Vers 1570 (mode Charles IX) :

Il s'agissait de la réponse à donner. La collerette est celle qui est pour le film la plus vraisemblable historiquement. Les images qui suivent sont anachroniques pour le film. 

Réponse 4


 

Vers 1580 (mode Henri III) :

Réponse 3


 

Vers 1590-1600 (mode Henri IV) :

Il s'agissait d'un piège, car cette forme de collerette n'est pas sans rappeler celle du milieu des années 1570. Il y a dans cette collerette une certaine réminiscence. La mode est un perpétuel cycle qui reprend à sa manière les formes qui étaient à la mode vingt ans auparavant.    

Réponse 1


Vers 1610 (mode Louis XIII), le grand col Médicis :

Il s'agit d'un col qui a du succès dans les films historiques mais qui est très souvent utilisé à la mauvaise décennie. Ce type de col redressé derrière le cou existait déjà sous Henri II, mais n'avait certainement pas les proportions gigantesques des années 1610.

Réponse 5

10 mars 2008

Le col Le col est la pièce de tissu placée au

Le col

 

Le col est la pièce de tissu placée au bord de l'encolure, couvrant ou entourant le cou. Il fait souvent partie intégrante de la chemise.

C'est une pièce de vêtement très ancrée dans la mode de la Renaissance et du Grand Siècle. Le col fait son apparition dans la première moitié du XVIe siècle. Il se présente à l'origine avec des bords froncés, puis dans la seconde moitié du siècle, il s'impose sous la forme d'un col rabattu (ou collet renversé). Devenu à la fin du siècle un véritable phénomène de mode, il ne va pas cesser de changer de taille et de forme : au XVIIe siècle, on le voît successivement s'agrandir, se soulever, s'étaler sur les épaules, se rétrécir et finalement s'allonger (on parle alors de collet monté, de rotonde, de collet à rabat et de rabat). Agrémenté de dentelle, il devient un objet de luxe et de raffinement, obligeant les autorités à publier des édits somptuaires pour en limiter les excès.

Dans le courant des années 1660, le col est progressivement remplacé par la mode de la cravate. Le rabat continue de se porter mais sans vraiment connaître d'évolution. Il se fige et devient un uniforme de certaines catégories socio-professionnelles comme celles des ecclésiastiques et des hommes de robe (officiers de justice, etc.).

 1600-1640

1650-1699

 

Sommaire :

XVIe siècle (partie 1) : Les origines

XVIe siècle (partie 2) : 2e moitié du siècle (1550-1599)

XVIIe siècle (partie 1) : 1ère moitié du siècle (1600-1649)

XVIIe siècle (partie 2) : 2e moitié du siècle (1650-1669) et épilogue

10 mars 2008

Col et rabat - XVIe siècle

 Les années 1550

 

 

 

Charles Quint en 1548Dans les années 1550, le col rabattu a la taille que nous lui connaissons aujourd'hui. Il est particulièrement visible, car il se détache du costume sombre et austère qui est propre à ces années (image ci-contre : portrait de Charles Quint assis peint par Titien en 1548, Alte Pinakothek de Munich).

 

 

 

Le col rabattu est également porté en France. Si l'on en juge sa présence sur les portraits des gentilhommes de la cour d'Henri II, il devient l'une des grandes tendances de cette époque. Sur ses portraits officiels, le roi ne porte plus que ce type d'ornement, abandonnant le petit col en fraise qui se voyait encore sur ses portraits au début de son règne.

 France, années 1550

Clouet-montmorencyfrançois22Si la forme du col rabattu semble prédominer la tendance, il apparaît qu'une nouvelle ligne fasse son entrée à la fin de la décennie :

En effet, plusieurs portraits présentent un rabat plus ou moins relevé. Le col n'apparaît pas rabattu le long du cou, mais suspendu en appui sur le revers du collet ou du pourpoint (image ci-contre, portrait au crayon de François de Montmorency). Cette forme est davantage présente sur les portraits des années 1560, mais quelques exemples de portraits de la décennie précédente (quoique non datés de façon précise), permettent de fixer le départ de cette mode à cette époque (images ci-dessous).

Col_France_années_1550

 

 

 

Les années 1560 et 1570

 

 

 En France

 

Les années 1560 et 1570 sont marquées par la tendance de la fraise, mode triomphante qui met le col blanc sur le banc de touche pendant un long moment. Sur leurs portraits, les gentilhommes arborent désormais la collerette.

Le col blanc ne disparaît pas pour autant. Il apparaît encore sur un certain nombre de portraits et l'on peut constater dans les collections de portraits qu'il habille surtout les " hommes de métier " plutôt que des courtisans.

col_relevev2En effet, le col se remarque surtout sur les portraits des hommes de guerre, des hommes de loisdes hommes de Dieu, et des hommes de sciences (ci-contre, portraits du pharmacien Pierre Quthe et du médecin Jacques Daléchamps).

Dans la continuité de la tendance de la décennie précédente, le col est disposé déployé au-dessus du col de l'habit, les bords retombant dans le vide au-dessus des épaules (galerie ci-dessus).

Toutefois, sur la plupart des portraits, en particulier pour les années 1570, le col présente de façon homogène, une ligne assez classique, rabattu le long du cou. Le col rabattu n'est plus une tendance ; il se fige dans une forme standard.

Officiers militaires

(images ci-dessous, portraits de l'amiral de Coligny et du maréchal de Montmorency)

l'amiral de Coligny et le maréchal de Montmorency

Magistrats

(Guy du Faur de Pibrac conseiller d'état, et du chancelier Michel de l'Hospital)

Guy Dufaur de Pibrac et Michel de L'Hospital

Hommes d'Église

(ci-dessous, portraits de l'évêque de Verdun et du cardinal de Lorraine)

l'évêque de Verdun et le cardinal de Lorraine

 

 

 

 

 

 

 

 

Les années 1580

 

En France

 

La prédominance de la fraise et sa taille extravagante amènent inévitablement la mode à se réorienter vers une esthétique plus sobre. Le col rabattu fait son grand retour sur les portraits des gentilshommes de la cour. Peut-être faut-il y voir dans ce regain, le renouveau spirituel de l'époque (la Contre-Réforme) qui amène les nobles, à la suite du roi Henri III, à présenter un style vestimentaire plus sevère. Il est également possible d'y voir l'influence du style italien dans une cour qui est très éprise de culture italienne (langue, arts, théâtre, etc.).

Henri III, 1580Le premier à donner l'exemple est le roi de France lui-même. Les gravures qui diffusent son image dans les années 1580 le représentent principalement avec un col blanc rabattu. Le premier portrait qui marque ce changement de style date de 1580 (image ci-contre ; portrait de Henri III par Thomas de Leu et Jean Rabel, 1580, BnF). A partir de cette époque, le col rabattu devient l'un des ornements privilégiés des gentilshommes de la cour (sans pour autant que soit abandonnée la fraise, en particulier dans sa forme à la confusion).

Cette appropriation du col rabattu par la cour entraîne automatiquement le départ d'une mode évolutive dont les déclinaisons vont s'enchainer sur une période très longue qui va durer pendant 80 à 90 ans.

Evolution de Henri III entre 1578 et 1586Cette évolution peut s'observer sur les portraits du roi Henri III : sur les premiers portraits du roi vers 1580, le tombant est étroit et replié sur le cou. Dans les portraits plus tardifs, le rabat est plus large et déployé au-dessus du col (image comparative ci-contre).

De sorte qu'il est possible de distinguer à travers l'étude d'un corpus de portraits, plusieurs types de cols. Pour les années 1580, je propose d'en distinguer 5. Mais la présentation que j'en fais est purement catégorielle ; elle ne saurait correspondre à une réalité évidemment plus nuancée. Par ailleurs, les formes présentées demeurent spécifiques aux catégories sociales qui ont les moyens de se faire tirer le portrait. Elles ne prennent pas en compte les formes populaires moins empesées.

Enfin, un point commun semble les distinguer de la génération de cols précédents : l'absence de décoration en passementerie. A partir des années 1580, le col a pour caractéristique d'être - en France - d'un ton blanc uni.

 

galerie_typologiquev3

 

 

Philippe Strozzi- Type n° 1 : le modèle classique

C'est le col rabattu dans sa forme la plus classique. C'est le modèle standard tel qu'il est porté dans les années 1560 et 1570. Désuet, il est peu présent sur les portraits des années 1580 (image ci-contre ; portrait de Philippe Strozzi par Pierre Dumonstier vers 1580, Weissgallery). La tendance de cette époque lui préfère une forme courte et fermée qui produit un effet plus sévère (voir le type n° 3), ou sa version plus moderne, aplatie en pointe sur la poitrine (voir le type n° 4). Il apparaît parfois sur les portraits gravés des hommes illustres de ce temps mais ce sont des modèles de représentation plutôt stéréotypés qui ne sont pas forcément le reflet du réel (galerie d'images ci-dessous représentant Biron et trois chefs ligueurs : Guise, père et fils et Mayenne).

Bien que quasi absent des portraits, ce modèle standard est important pour comprendre les autres formes, la tendance étant toujours déterminée par rapport à ce modèle, soit dans la continuité, soit dans l'opposition.

Col_classique

 

 Henri III de Navarre-  Type n° 2 : le col en dentelle

C'est la même forme que le col précédent, mais avec de la dentelle en reticella et des bords en dents. En France, c'est un modèle assez rare. Il ne semble pas avoir été une tendance vestimentaire marquante. Parmi les crayons de la Bibliothèque nationale de France, les portraits où il apparaît, ne sont pas plus de 6 ou 7 (1ère galerie de portraits ci-dessous). Sur l'ensemble de la collection, il ne représente vraiment qu'un faible pourcentage. Par ailleurs, les rares portraits qui l'arborent, semblent appartenir à une période très limitée ; ceux qui sont datés, le sont du tout début de la décennie.

Le fait que ce style se trouve beaucoup sur les portraits anglais (voir les portraits anglais plus loin) oriente les recherches vers la mode outre-Manche. Faut-il considérer, cette tendance comme ayant un caractère proprement "anglais" ? C'est une piste, mais il en existe une autre. Dans la gravure française, le rabat en dentelle a la caractéristique d'habiller uniquement les hommes de guerre. L'association de ce modèle avec les représentations en armure semble systématique (2ème galerie de portraits ci-dessous).

C'est d'ailleurs avec ce type de portrait militaire que le roi de Navarre, chef du parti protestant en France (et futur Henri IV), a été représenté (image ci-dessus). Il est significatif que le col en dentelle n'apparaît pas du tout sur les portraits du roi de France, Henri III, homme de bureau et d'intérieur, tandis que le roi de Navarre, qui le portait, était l'un des principaux chefs militaires de son temps.

France, col en dentelle

Militaire

 

 

 Louis de Gonzague, duc de Nevers- Type n° 3 : le col étroit aux pointes rapprochées

C'est le type de col que portent les prêtres et les hommes de lettres (du moins tel qu'il apparaît dans les portraits ; galerie d'images ci-dessous).  Sa petite taille et sa forme étriquée produisent cet air grave et sevère qui caractérise cette catégorie socio-professionnelle.

C'est avec cette forme de col que le duc de Nevers, Louis de Gonzague se fait représenter (image ci-contre ; portrait d'atelier de Bernardino Campi, Dorotheum, vente de juin 2020). Connu en France pour son engagement dans la reconquête catholique, ce prince dévot a laissé le souvenir d'un homme réfléchi et rigoureux, hostile aux superfluités de la cour et des mignons qui l'animent.

France, prêtres et lettrés

Pantalon de la Comedia dell'arteC'est également ce type de rabat que porte Pantalon, le vieillard avare et ridicule de la Comedia dell'arte, sur cette image peinte vers 1580 (image ci-contre en extrait : Scène de la Commedia dell’Arte, circa 1580, Artcurial, 2013). Sur la partie droite du tableau, le galant jeune homme porte toujours autour du cou la fraise. Celle-ci garde en ce début des années 1580, son caractère d'élégance et de modernité vestimentaire. 

 

- Type n° 4 : le col aux pointes orientées vers la poitrine

Henri III, Pousse Cornet ValoirC'est une tendance qui va à contre-courant du type précédent. Les bouts du rabat tombent en pointe sur la poitrine, dans une ligne assez triangulaire, plus ou moins ostentatoire. C'est le modèle dit pelle à tarte, dénomination employée au XXe siècle, notamment pour désigner la tendance des années 1970  (image ci-contre ; portrait d''Henri III, Vente de Pousse Cornet Valoir, Vente de 2020).

C'est la mode vestimentaire la plus couramment représentée dans les collections de portraits (sélection d'images ci-dessous). Qu'il s'agisse de peinture ou de crayon, ce modèle prédomine dans les années 1580. Cette hégémonie iconographique nous laisse supposer qu'il est la principale tendance de cette époque.

France, 1588-1589

Les trois Guise, circa 1590C'est avec cette forme que sont représentés les trois frères Guise sur le tableau conservé aujourd'hui au château royal de Blois (image ci-contre ; Les trois Guise). Au temps de la Ligue catholique, ce type de rabat est en passe de devenir le modèle standard par excellence.

 

 

 

Henri III, musée Narodowe- Type n° 5 : le col déployé aux pointes écartées

A la fin des années 1580, quelques rares portraits présentent des rabats aux pointes écartées, orientées sur le coté, donnant l'effet d'une ligne horizontale. C'est le point de départ d'une mode qui va durer plusieurs décennies.

Cette tendance est abondamment illustrée par l'iconographie du roi Henri III (image ci-contre en extrait : portrait d'après Dumonstier, musée Narodowe). A l'origine, il s'agit d'un rabat dont les tombants sont simplement déployés au-dessus du col, les pointes retombant légèrement recourbées et retroussées.

années 1580

 

 

  En Angleterre

L'utilisation de la dentelle et de motifs de passementerie s'observait déjà sur les fraises anglaises des années 1550 et 1560. Force est de constater que pour les années 1580, cette façon reste une caractéristique typiquement anglaise. Là, où les portraits français présentent des rabats amidonnés, unis d'un blanc impeccable, les portraits anglais offrent une diversité de modèles très chargés.

Par ailleurs, le rabat anglais se distingue de la mode française par une largeur plus importante, lui donnant un aspect pelle à tarte plus prononcé.

cols anglaisanglais_1586_1589

 

 

 

Les années 1590

 

  En France

 

 

panel_de_rabatvdef

Cette série de quatre portraits appartient à la galerie des illustres du château de Beauregard. Elle représente les hommes d'Henri III passés au service d'Henri IV après l'assassinat du roi en 1589 (Biron père, d'O, le maréchal d'Aumont et Biron fils). Chacun d'entre eux porte un type de col différent. Le premier, porté par le vieux Biron, présente la forme la plus classique, pliée et rabattue sur le cou (voir le type n° 1 des années 1580). Le second, porté par François d'O, ancien mignon du roi, présente le rabat en déploiement comme il peut se remarquer sur la plupart des derniers portraits d'Henri III. Enfin, les deux autres présentent le modèle pelle à tarte selon les deux tendances du moment ; l'une - pointes en bas - arrive à son terme (voir le type n° 4), et l'autre - pointes écartées - portée par le jeune Biron, est en cours de développement (voir le type n° 5).

ligue_vdef1Cette diversité des modes se retrouve sur le tableau du musée Carnavalet représentant une procession de la Ligue à Paris vers 1590 (image ci-contre, en extrait). Dans la foule, en arrière plan, sont représentées juxtaposées les deux principales formes pointues du col au début des années 1590, l'une orientée vers la poitrine (le type n° 4), et l'autre, plus moderne, orientée sur les cotés (le type n° 5). Un troisième personnage, en tête de procession, représentant un homme d'Eglise, probablement un prêtre, porte le col fermé aux pointes rapprochées (le type n° 3). 

 

- le col à pointes orientées vers la poitrine (voir le type n° 4 des années 1580)

Dans les années 1590, c'est une mode en fin de parcours, mais qui s'observe encore sur les portraits. Sa particularité est que le rabat est plié à l'arrière du cou mais déployé devant, aplatie sur la poitrine. Elle présente donc une pliure plus ou moins marquée sur le coté. Le rabat est comme "cassé". Cet effet est renforcé avec la rigidité du col selon le degré d'amidonnage de celui-ci.

1590-1595

 

- le col à pointes écartées (voir le type n° 5 des années 1580)

Le rabat aux pointes écartées domine la mode des années 1590. Elle naît de l'écartement des pointes (1ère ligne de portraits ci-dessous).

Au fil des années, elle est marquée par le développement des tombants qui deviennent de plus en plus large. Cette tendance se poursuivra dans les années 1600 où elle atteindra son faîte.

France, circa 1595-1599France, circa 1595-1599

France, circa 1600

13 mai 2008

Les années 1570 Les années 1570 constituent en

Les années 1570

1570Les années 1570 constituent en France la phase la plus aboutie de l'épanouissement de la fraise. Dans la première moitié de la décennie, elle poursuit son développement en hauteur avec des godrons des plus en plus grands puis ensuite elle s'étale progressivement en largeur, faisant reposer la tête sur un bloc de plis amidonnés. Elle devient plus que jamais un élément ostentatoire de la mode que chacun individualise par l'ajout de dentelle et de godrons échancrés tantôt dentelés et évasés.

Fraise de 1570 à 1572

Fraise de 1572 à 1575

Dans la seconde moitié de la décennie, c'est en largeur que la fraise s'étend, jusqu'à sa maturité en 1578 :

Fraise de 1575 à 1576 

Fraise de 1576 à 1578

=

Vers 1578 :

1578

On remarque la même évolution à l'étranger, notamment en Angleterre de 1576 à 1579 :

Fraise en Angleterre de 1576 à 1579 

21 septembre 2009

Les années 1570 Les années 1570 constituent en

Les années 1570

1570Les années 1570 constituent en France la phase la plus aboutie de l'épanouissement de la fraise. Elle poursuit son développement en hauteur dans la première moitié de la décennie et s'étale ensuite progressivement en largeur, faisant reposer la tête sur un bloc de plis amidonnés. Elle devient plus que jamais un élément ostentatoire de la mode que chacun individualise par l'ajout de dentelle et de godrons échancrés tantôt dentelés et évasés.

De 1570 à 1575 :

Fraise de 1570 à 1572

Fraise de 1572 à 1575

Dans la seconde moitié de la décennie, c'est en largeur que la fraise s'étend, jusqu'à sa maturité en 1578.

De 1575 à 1578 :

Fraise de 1575 à 1576

Fraise de 1576 à 1578

Fraise de 1576 à 1577

Vers 1578 :

Fraise de 1577 à 1578

On remarque la même évolution à l'étranger, notamment en Angleterre. Ici, de 1576 à 1579 :

Fraise en Angleterre de 1576 à 1579

9 septembre 2009

Les années 1580 La grande fraise godronnée

Les années 1580

Henri IIILa grande fraise godronnée continue de se porter durant toute la décennie 1580. Après les excès de dentelle des années 1570, la fraise se présente bien mieux sans passement dans un ton uni immaculé.

Il faut noter que face à la mode du col rabattu, elle se porte surtout par les gentilshommes français pour les grandes occasions.

Fraises du début des années 1580

Fraise en Angleterre 1580-1586

Aplatissement des godronsDans le courant des années 1580, les godrons de la fraise s'aplatissent. Ils passent d'une forme verticale à une forme horizontale

Fraise des années 1580 à godrons aplatis

La fraise à confusionA l'approche des années 1590, la fraise apparaît plus fréquemment sous la forme d'une fraise à la confusion.

Il s'agit d'une fraise librement froncée, présentant un enchevêtrement de plis au lieu d'un alignement de tuyaux bien réguliers.

La fraise à confusion à la fin des années 1580

Fraises de Hollande en 1588

Les hommes de robe et de lettres portent une fraise bien évidemment plus modeste en largeur :

Hommes de robe et de lettres dans les années 1580

13 mai 2008

Les années 1590 Les années 1590 constituent un

Les années 1590

fraise à la confusion portée par TurenneLes années 1590 constituent un tournant pour la fraise puisqu'elle perd du terrain face à la mode du col et que ses formes se diversifient.

Si trois types de fraise se rencontrent dans les années 1590, la tendance générale est à la réduction ; la fraise se fait moins large. La grande fraise est abandonnée ...

1) La fraise à la confusion : elle continue de présenter un enchevêtrement complexe de plis (ci-contre).

  

2) La grande fraise classique : si les godrons continuent de garder une forme plus ou moins horizontale et écrasée...

fraise des années 1590

 ... ils tendent à perdre de leur rigidité. De fait, la fraise tend à se confondre avec la fraise à la confusion.

fraise des années 1590

3) Sous le règne d'Henri IV, on revient également sur les formes que la fraise avait au milieu des années 1570. Il s'agit d'une fraise d'aspect plus traditionnel à godrons verticaux et réguliers. Popularisée par les images d'Epinal qui représentent Henri IV, c'est le type de fraise que le roi porte sur ses portraits des années 1590.

Fraise de 1593 à 1595

Iconographie de Henri IV

Tableau flamand par Frans PourbusCe tableau flamand (ci-contre) illustre les trois formes de fraises pouvant être rencontrées dans les années 1590 (avec des variantes propres à la mode flamande).

A l'étranger, on observe cette même réduction de la fraise à la confusion.

fraise d'Europe du Nord des années 1590

 

30 janvier 2013

La collerette ouverte sur un décolleté


Présentation de la mode de la collerette ouverte en décolleté

sur la gorge ou la poitrine de 1560 à 1600

 

Evolution de la collerette 1560-1600

 

 

Les origines

 

La collerette désigne la pièce de tissu froncée ou plissée, placée au bord de l'encolure et entourant le cou. Elle apparaît dans le courant des années 1530 et 1540, avec la mode du col montant

Elle naît du développement du ruché du col de la chemise, c'est-à-dire de ses bords froncés.

Le présent article s'attachera à présenter les collerettes qui s'ouvrent sur la gorge ou la poitrine.

 

En Italie vers 1530

ruché italien vers 1530

Aux Pays-Bas vers 1540

ruché vers 1540

 En Angleterre vers 1557

Collerette vers 1557

 

 

Les années 1550

 

En France

Marguerite de FranceLa collerette se présente sous deux formes. La première n'est pas sans rappeler les décolletés à jabot : le plissé suit le bord du décolleté, autour du cou et devant la poitrine (première ligne de portrait ci-dessous). Cette forme, caractéristique de la mode française (si l'on en croit les portraits) possède des traits communs avec le décolleté italien. Elle n'apparaît en France que pour les années 1550 uniquement (c'est-à-dire sous le règne d'Henri II). En revanche, elle se voit beaucoup sur les portraits italiens pendant toute la seconde moitié du XVIe siècle.

La deuxième forme de collerette portée en France dans les années 1550 est plus classique. Elle se porte au bout d'un col dont les deux pointes se présentent écartées (deuxième ligne de portrait ci-dessous).

La collerette ouverte est composée de plis qui se développent avec les années. Comme pour la fraise, elle devient godronnée à la fin de la décennie (et comme pour la fraise, ses rebords sont brodés).

France - années 1550

France - années 1550

PélerineLa collerette se porte également sur la pélerine ; la pélerine est un par-dessus qui recouvre les épaules, et qui est très courant sur les portraits des années 1550 (ci-contre et ligne de portraits ci-dessous). Les plis froncés bordent l'encolure de la pélerine et viennent se juxtaposer à la collerette de la guimpe.

Pélerine - années 50 et 60 environ

 


 

Les années 1560

 

En France

Evolution de la collerette dans les années 1560

 

La collerette continue de s'épanouir. La taille et la forme de ses godrons suit en parallèle la même évolution que ceux de la fraise.

La mode de la guimpe qui s'était imposée dans les années 1550 semble atteindre son apothéose dans les années 1560. C'est du moins ce que présentent le portraits de cette époque. Le décolleté est pour ainsi dire quasi absent ; même si, devant la poitrine, la guimpe se fend parfois légèrement en deux.  Le collier (qu'on appelle aussi le carcan) se porte par dessus la guimpe.

Dames françaises des années 1560

Dames françaises des années 1560

Dames françaises des années 1560

 

Aux Pays-Bas

Les femmes du Nord portent une collerette dont l'évolution est quasiment identique à celle de la mode française (on saisit mieux sur les portraits ci-dessous, l'agrandissement des godrons au fur et à mesure des années), mais leurs portraits plus austères exposent moins la guimpe blanche posée grâcieusement sur les épaules, comme elle est de mise à la cour de France.

Pays-Bas 1560-1565 environ

Pays-Bas 1565-1570 environ

 

 En Angleterre

La mode anglaise se distingue des autres pays par ses collerettes à double rang, ses rebords brodés, et sa forme particulière : Contrairement à la collerette en France et aux Pays-Bas, les pointes du col se rapprochent au lieu de s'écarter, et la collerette dépasse et cache les oreilles.

Angleterre 1560-1565 environ

Angleterre 1562

 

 


 

Les années 1570

 

En France

Evolution de la collerette dans les années 1570

 

Les années 1570 sont marquées par le retour important du décolleté. Les épaules restent toujours couvertes par la guimpe, mais celle-ci se fend largement en deux, laissant le haut de la poitrine en partie découvert. Le collier qui se portait au-dessus de la guimpe, se porte désormais en-dessous, à même la peau.

B Louise de LorraineL'autre tendance dominante de cette époque est l'épaisseur importante de la collerette. Par la taille démesurée de ses godrons et l'orientation de ses plis, elle continue de suivre l'évolution de la fraise. Ceci explique l'aspect massif de la rangée de godrons au milieu de la décennie.

Vers 1573, les plis se dressent pointés vers le ciel, enserrant de près le visage (deuxième ligne de portraits ci-dessous), puis, dans la seconde moitié de la décennie, comme pour la fraise, ils s'allongent sur les côtés (quatrième ligne de portraits ci-dessous).

L'effet visuel rendu par cette évolution est celle d'une collerette qui semble fleurir au fur et à mesure du temps. C'est la la naissance de la collerette en éventail.

Portraits de 1570 à 1573 environDe 1570 à 1575

Portraits vers 1573

Portraits vers 1575Vers 1575

 

 

 

 

Portraits de 1575 à 1578De 1575 à 1580

Fin de la décennie ou début des années 80

 

 

 

 

 

 

 

 

Chez les femmes enceintes, les veuves, et les dames âgées, la collerette peut évidemment se porter sans trop de décolleté, légèrement ouverte sur la gorge ou pas du tout (galerie de portraits ci-dessous).

Dames âgées, enceintes ou veuves

 

En Europe

 

Pays-Bas - années 1570Aux Pays-Bas

 

 

 

 

Florence - années 1570En Italie

Venise - années 1570

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les années 1580

 

En France

Evolution des années 1580

 

La collerette en éventail connaît dans les années 1580 son déploiement maximal. C'est à cette époque une mode propre à la cour de France, portée et mise en vogue par les reines Marguerite de Valois et Louise de Lorraine (respectivement représentées ci-dessous dans les médaillons).

Comme pour la fraise, la mode est aux plis plats. Mais faute de portraits datés, il est difficile de saisir une évolution précise. Les différents portraits présentés ci-dessous sont regroupés par technique artistique (gravure, peinture et dessin).

Marguerite de valois et Louise de Lorraine

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

Dames, années 1580

 

 

 

collerette annees 1580

 

Dames françaises des années 1580

 

 

 

 

Dames de la cour

 

 

  En Italie

Seule l'Italie semble adopter une mode proche de celle de la France, mais sans en connaître ses excès. L'Angleterre des années 1580 se caractérise par une absence quasi totale du décolleté dans le portrait (ce qui ne signifie pas que les Anglaises n'en portaient pas). 

 Florence 1580

 

 


 

Les années 1590

 

En France

Evolution de la collerette dans les années 1590

 

Pour les mêmes raisons que la décennie précédente, il est difficile de saisir l'évolution de la collerette à l'année près. Les années 1590 constituent la période de transition pendant laquelle la mode de la collerette passe le relais à celle du collet monté ; les formes qui apparaissent sur les portraits sont d'une grande diversité et cette diversité nuit à la compréhension des tendances.

L'évolution majeure des années 1590 concerne la forme. La collerette des années 80 s'épanouissait en s'allongeant sur les côtés. Celle des années 90 prend un sens totalement inverse. Il se réduit sur les côtés, le premier pli est plus court que ceux qui suivent derrière lui. plis ellipsoïdauxCette mode donne à la collerette la forme d'un fer à cheval.

Au niveau de la forme des godrons, la collerette semble se calquer encore sur la fraise. Sur l'un des portraits présentés ci-dessous, les plis présentent un aspect ellipsoïdal, comme ceux que présente la fraise dans la première moitié de la décennie (détail ci-contre).

Portraits peints des années 1590

 

 

Portraits de 1593 à 1597

Au cours des années 1590, le collet monté remplace progressivement la collerette. Parfois, les deux se portent superposés l'un sur l'autre (peinture de la deuxième ligne de portraits ci-dessous). La forme en fer à cheval demeure.

collet monté 90_v2

 

Portraits de 1590 à 1600 environ

 

En Angleterre

Bénéficiant d’un contexte politique plus agréable, la mode anglaise reprend à son compte ce qui avait fait la caractéristique de la mode française. Elle arbore les décolletés, avec le port de collerettes en éventail particulièrement imposantes. 

Elisabeth - années 1590

Angleterre - années 1590

Angleterre - années 90

13 mai 2008

A) Evolution détaillée de la fraise (pour homme)

Evolution générale de la fraise (homme)Tableau synoptique de l'évolution de la fraise dans la mode masculine de 1550 à 1600.

 

 

Les origines

La fraise est née du ruché du bord de la chemise (ruché = ce qui est froncé).

Le ruche du col de la chemise vers 1515

Le ruche du col de la chemise vers 1530

 

le_ruche_vers_1547

Le ruché de la chemise se développe dans le courant des années 1530 et 1540.

Il devient particulièrement important dans le courant des années 1550. Mais les plis restent très petits. Il est donc très délicat pour les peintres de l'époque de les représenter sur les portraits. Certaines images sont donc à prendre avec prudence.

 

 

 

 

ruche des années 1550

ruche des années vers 1555En 1555, le ruché déborde largement du col. Mais il reste encore librement froncé. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fraise godronnee en 1558Ce serait à la fin des années 1550 que les fraises godronnées auraient fait leur apparition. Selon F. Boucher, les premières sont fabriquées en Europe du Nord. Mais très vite, elles se répandent dans toute l'Europe occidentale.

En voici un exemple avec le portrait d'un homme fait en 1558. Par l'emploi d'un fer et de l'amidon (colle), les plis de la fraise commencent à adopter une forme ovoïde bien régulière.

 

 

 

Les années 1560

 

 En France

Fraise évolutiondfr

De manière générale, on trouve sur les portraits des années 1560, deux types de collerettes, la collerette ouverte qui a les deux pointes écartées et la collerette fermée qui a les deux pointes qui se rejoignent sous le menton. C'est cette dernière qui va donner naissance à la fraise.

Plusieurs évolutions se remarquent sur les portraits. Premièrement, la collerette ouverte tend à s'effacer face à la collerette fermée. Comme l'épanouissement d'une fleur, elle s'échappe de l'encolure, s'ouvre et s'étend sur les côtés puis disparaît des portraits masculins dans la seconde moitié de la décennie.

Deuxième évolution importante, les godrons s'agrandissent : ils prennent de la hauteur. A une ou deux années près, on peut presque suivre leur évolution sur les portraits.

Portraits des princes de FranceDe 1560 à 1565

Portraits du début des années 1560

Portraits français vers 1565Vers 1565

 

 

 

 

Portraits vers 1566-1568De 1565 à 1570

Portraits de la fin des années 1560

 

En Italie

Portraits italiens vers 1560 à 1565

Portraits italiens vers 1565 à 1567

 

En Europe du Nord

Sur les portraits d'Europe du Nord (Pays-Bas et Angleterre), la collerette a tendance à rester plus longtemps ouverte. Elle se rencontre encore sous cette forme dans la seconde moitié de la décennie (ce qui est moins le cas des portraits français et italiens).

Portraits des Pays-Bas vers 1564-1567

Portraits du Nord de 1566 à 1568

 

 

 

 

 

En Angleterre

Godrons superposés dans la collerette anglaise

La collerette anglaise présente plusieurs particularités. La plus importante est qu'elle présente parfois deux rangées de godrons superposés (image ci-contre et première rangée de portraits ci-dessous).

Par ailleurs, les godrons apparaissent sur les portraits sous une forme ovoïde importante, et ce, dès la fin des années 1550. Autre caractéristique de la mode anglaise, leur rebord sont souvent brodés (du moins, davantage que sur les portraits français).

Portraits anglais de 1559 à 1565 environ

 

 

 

 

 

Portraits anglais de 1562 à 1565

Portraits anglais de 1566 à 1570 environ

 

19 mai 2013

Bibliographie


Livres sur le costumeToute personne qui s'est intéressée à la mode de l'Ancien régime, en particulier au XVIe et au XVIIe siècle a pu se rendre compte combien il était difficile de trouver un livre qui donne des informations précises sur l'évolution du costume et une typologie exhaustive des différents vêtements et accessoires portés dans les sociétés d'autrefois. La recherche était vaine, car ce livre n'existe pas.

Il faut l'avouer d'emblée, dans le domaine du costume, notre connaissance est encore limitée. La faute en revient à la dispersion des sources iconographiques (mais Internet y remédie) et aux lacunes des sources textuelles qui, pourtant, ne manquent pas. De fait, les ouvrages sur le costume sont très souvent hypothétiques, équivoques, imprécis, voire erronés ; c'était principalement le cas des ouvrages de vulgarisation.

La bibliographie raisonnée que je propose dans cet article se rapporte essentiellement aux ouvrages les plus récents. Ne sont mentionnés que les ouvrages que je connais (mais j'entends bien à ce que la bibliographie soit la plus complète possible) et ceux qui se rapportent à l'Ancien régime, et principalement les XVIe et XVIIe siècles.

Après la présentation commentée des principaux ouvrages de vulgarisation, je mentionne les principales publications issues des travaux de chercheurs. Elles sont essentielles puisque ce sont elles qui assurent le renouvellement des connaissances qui se font sur le costume (et le vêtement) sous l'Ancien régime ; monographies, actes de colloques, articles de périodiques ; le lecteur y trouvera des informations parfois très précises (typologie, dimension sociale, évolution, etc.).

Comme les Anglo-saxons ont une certaine avancée dans l'étude du costume, je mentionne également quelques ouvrages en anglais. Je tiens enfin à préciser qu'on peut encore trouver des informations intéressantes, notamment sur le plan iconographique, dans les ouvrages d'art et les catalogues raisonnés des oeuvres d'artistes (dessinateurs, peintres, etc.).

 

Dictionnaires

 

  • Dictionnaire du costume et de ses accessoires, des armes et des étoffes des origines à nos joursLELOIR Maurice, Dictionnaire du costume et de ses accessoires, des armes et des étoffes des origines à nos jours, Paris, Gründ, 2012

    On peut présenter l'auteur de cet ouvrage, Maurice Leloir (1953-1940), comme celui qui fait figure de père pour l'Histoire du costume. En son temps, il était considéré comme l'un des principaux experts en la matière et son dictionnaire publié quelques années après sa mort, en 1951, a longtemps servi de référence ; depuis sa parution, l'ouvrage a été réédité à trois reprises. Le seul regret qu'on peut avoir est que l'auteur ne prend pas la peine de définir systématiquement les mots ; les définitions sont en effet souvent imprécises. Elles sont révélatrices des lacunes terminologiques qui posent régulièrement problème en histoire du costume (je pense au XVIe et XVIIe siècle principalement) ; le dictionnaire de Maurice Leloir mériterait d'être largement réactualisé.


  • Le vêtement de A à ZGEORGE Sophie, GUERIN Caroline et DUCHEMIN Léopold, Le vêtement de A à Z, encyclopédie thématique de la mode et du textile, éd. Falbalas, 2011

  • GEORGE Sophie, CLAUDE Armelle et GONNET Isabelle, Les accessoires de A à Z, éd. Falbalas, 2008
  • GEORGE Sophie, RABILLER Eric et GONNET Isabelle, Les accessoires de A à Z, volume 2, éd. Falbalas, 2008Les accessoires de A à Z 2Les accessoires de A à Z 1

    Ce sont des dictionnaires qui se rapportent principalement à l'époque contemporaine (XXe et XXIe siècle), mais comme les définitions sont de très grande qualité, elles peuvent aider à trouver le mot juste pour décrire les formes vestimentaires de l'Ancien régime. Elles constituent un complément très utile au dictionnaire de Maurice Leloir. Ce sont des petits manuels que je recommande beaucoup !

     

  • Encyclopedie du couvre-chefBOLOMIER Eliane, DUMONTHIER Jean, GAUDIN Jean Pierre et MOREL Pierre, Encyclopédie du couvre-chef, Lyon, Samedi Midi Editions, 2008

    C'est un ouvrage qui tente de recenser et de présenter tous les couvre-chefs existant ou ayant existé, en France, en Europe et partout dans le monde. On y trouve de tout.

 

 

 

 Principaux ouvrages de vulgarisation
et livres de type encyclopédique

 

Ce sont des livres qui traitent pour la plupart du costume dans sa globalité, c'est-à-dire depuis les origines jusqu'à nos jours. Ils sont présentés ci-dessous par ordre décroissant de publication.

 

  • Modes du XVIIe sous Louis XIVGEORGE Sophie et PUMON Renée, Modes du XVIIe siècle, sous Louis XIV, éd. Falbalas, coll. « Empreintes de mode », 2012

  • BENILAN Annabel, GEORGE Sophie et KURKDJIAN Sophie, Mode du XVIe siècle, sous Catherine de Médicis, éd. Falbalas, coll. « Empreintes de mode », 2010

    A traverModes du XVIe siècle, sous Catherine de Médiciss la collection dite « Empreintes de mode », les éditions Falbalas ont le projet de publier un ouvrage instructif sur chaque grande période de l'histoire du costume (ce qui manquait jusqu'à présent). Les règnes de Catherine de Médicis et de Louis XIV ont déjà fait l'objet d'une parution ; d'autres sont prévues sur la mode sous François Ier et sous Louis XIII. La collection a la particularité de replacer le costume dans son contexte historique et d'être illustrée par des dessins en couleur.

 

  • Le costume médiéval de 1320 à 1480VENIEL Florent, Le costume médiéval de 1320 à 1480, la coquetterie par la mode vestimentaire XIVe et XVe siècles, Bayeux, Heimdal, 2008

Bien qu'il n'entre pas dans la cadre chronologique de ce blog, je recommande la lecture de ce livre dont le contenu en fait un ouvrage de vulgarisation à part : l'illustration est abondante et éclaire intelligemment le texte. L'exposé a le mérite d'être précis, clair et surtout - ce qui est rare - d'être très bien sourcé.



  • Histoire du costume en Occident 2 BOUCHER François, Histoire du costume en Occident de l'Antiquité à nos jours, Paris, Flammarion, 2008.

    Par sa masse et ses innombrables illustrations, cet ouvrage de référence a la dimension d'une encyclopédie. Son succès l'a amené à être réédité plusieurs fois (un lexique a été ajouté dans la dernière édition). Personnellement, je suis assez critique sur l'utilisation des images. Les illustrations ont le défaut d'être très dispersées et de ne pas constituer un échantillon représentatif des différentes périodes de l'Histoire. Faute de cohérence avec le texte, les images n'aident pas le lecteur à comprendre l'évolution de la mode ; on peut même dire qu'elles le perdent.
     

 

  • Le costume français, 2015RUPPERT Jacques, DELPIERRE Madeleine, DAVRAY-PIEKOLEK Renée, GORGUET-BALLESTEROS Pascale, Le costume français, Flammarion, 2015 

    Dans le domaine du costume historique, c'est un manuel qui fait partie des classiques. Le livre a des origines assez anciennes puisqu'il a d'abord été publié sous forme de fascicules en 1931. L'introduction de l'édition actuelle nous informe que son auteur Jacques Ruppert, peintre et costumier, était un collaborateur de Maurice Leloir ; il partageait avec ce dernier le même intérêt pour l'historicité des costumes et le partage des connaissances auprès des artistes et costumiers.
    Depuis sa première édition, l'ouvrage a plusieurs fois été remanié et parfois augmenté (ci-dessous à droite, les couvertures des anciennes éditions : celles de 1990, toujours sous forme de fascicules ; et celles de 1996 et 2007).
    Le costume français, 2007Le costume français, 1996Le costume, Renaissance-Louis XIIILe costume, Louis XIV-Louis XVMalgré le fait qu'il couvre toute l'histoire du costume, des origines à nos jours, il reste très pratique pour saisir les modes du XVIe et XVIIe siècles. Sa dimension synthétique en fait une excellente base de connaissance.

 

  • Histoire illustrée du costumeVIGOUREUX-LORIDON Jean-Noël, Histoire illustrée du costume, introduction visuelle, Samedi Midi Editions, 2006

C'est un livre qui se définit comme une introduction à un grand projet de publication de type encyclopédique ; pour le moment seule l'introduction est parue, mais l'auteur a prévu de publier une suite en plusieurs volumes (on l'attend avec impatience). Le contenu se présente essentiellement sous forme de dessin ; chaque époque est présentée par un personnage accompagné de notes nommant et expliquant les éléments du costume dont il est habillé.

 

  • Sculptures de l'éphémère 1340-1670AUBRY Viviane, Costumes, Tome II, Sculptures de l'éphémère, 1340-1670, éd. Desclée de Brouwer, coll. « Rempart », 1998

C'est un livre dont les limites chronologiques se calquent très bien avec celui de mon blog. L'ouvrage est servi par des illustrations très simples mais efficaces.

 

 

 

  Monographies et actes de colloques

 

  • DURANTOU Alix, Grandes cornes et hauts atours, Le hennin et la mode au Moyen Age, Paris, Ecole du Louvre, 2019
  • PARESYS Isabelle et COQUERY Natacha (éditeurs), Se vêtir à la cour en Europe (1400-1815), Villeneuve d'Ascq : Institut de recherches historiques du Septentrion et Centre de recherche du château de Versailles, 2011

  • BOLOGNE Jean-Claude, Histoire de la coquetterie masculine, Paris, Perrin, 2011
  • LE GALL Jean-Marie, Barbes et moustaches XVe-XVIIIe siècles, Paris, Payot, 2011
  • THÉPAUT-CABASSET Corinne, L'Esprit des modes au Grand Siècle, Paris, Éditions du CTHS, 2010
  • ARIZZOLI Pierre et GORGUET-BALLESTEROS Pascale (dir), Fastes de cour et cérémonies royales, Le costumes de cour en Europe (1650-1800), cat. d'expo. (Versailles, 31 mars-28 juin 2009), Paris, Réunion des musées nationaux éditions, 2009
  • PARESYS Isabelle (dir.), Paraître et apparences en Europe occidentale du Moyen Age à nos jours, Presses universitaires du Septentrion, 2008
  • VIALLON Marie, Paraître et se vêtir au XVIe siècle, actes du XIIIe colloque du Puy-en-Velay, Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2006
  • BLANC Odile, Parades et parures, l'invention du corps de mode à la fin du Moyen Age, Gallimard, 1997
  • DELPIERRE Madeleine, Se vêtir au XVIIIe siècle, Paris, Société Nouvelle Adam Biro, 1996
  • PIPONNIER Françoise, Se vêtir au Moyen Age, Paris, Société Nouvelle Adam Biro, 1995
  • ROCHE Daniel, La culture des apparences, une histoire du vêtement (XVIIe-XVIIIe siècles), Paris, Fayard, 1990
  • CEARD Jean, FONTAINE Marie-Madeleine et MARGOLIN Jean-Claude, Le Corps à la Renaissance, actes du XXXe colloque de Tours (1987), Paris, Aux amateurs de Livres, 1990


Grands CornesSe vêtir à la cour en EuropeHistoire de la coquetterie masculineBarbes et moustaches XVe-XVIIIe sièclesFastes de cour et cérémonies royales, Le costumes de cour en Europe (1650-1800)Paraître et apparences en Europe occidentale du Moyen Age à nos joursParaître et se vêtir au XVIe siècle, actes du XIIIe colloque du Puy-en-VelayParades et parures, l'invention du corps de mode à la fin du Moyen ageSe vêtir au XVIIIe siècle

 

 


Se vêtir au moyen ageLa culture des apparences, une histoire du vêtement (XVIIe-XVIIIe siècles)Esprit des modes au Grand SiècleCorps à la renaissance

 

 

 Périodiques et articles de revue

  • Revue de l'art : Costume de cour au XVIe siècle, Paris, Ophrys, n°174/2011-4
  • PARESYS Isabelle, « Le noir est mis, les puys d’Amiens, ou le paraître vestimentaire des élites urbaines à la Renaissance », in Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, n° 56-3, 2009/03, p. 66 à 91
  • DHAILLY Aude, « L'habillement dans le Morbihan au XVIe siècle à partir d'inventaires après décès », in Bulletin de la Société d'Archéologie et de Histoire du Pays de Lorient,  bd 37, 2008/09, p. 65-74
  • BAULANT Micheline, « Jalons pour une histoire du costume commun », in Histoire & mesure, XVI - 1/2|2001 (en ligne, ici)
  • BARTHES ROLAND, « Histoire et sociologie du Vêtement, quelques observations méthodologiques », in Annales, Économies, Sociétés, Civilisations, 1957, vol. 12, n°3, pp. 430-441

 

 Ouvrages en anglais

 

  • TIRAMANI Jenny et NORTH Susan, Seventeenth-century women's dress patterns, V & A Publishing, 2011
  • ARNOLD Janet, Patterns of fashion, The cut and construction of linen shirts, smocks, neckwear, headwear and accessories for men and women c. 1540-1660, London, Macmillan, 2008
  • NORRIS Herbert, Tudor costume and fashion, Courier dover publications, 1997 (1ère édition 1938)
  • ARNOLD Janet, Patterns of fashion, The cut and construction of clothes for men and women c. 1560-1620, London, Macmillan, 1985
  • SICHEL Marion, Costume reference, 2, Tudors and Elizabethans, London, Batsford, 1977

 

  • Seventeenth-century women's dress patternsCut and construction of clothes for men and womenPatterns of fashionTudor costume and fashion
          •  

 

 

 

 


 

Article mis à jour le 07/08/2019

13 janvier 2013

Introduction

La collerette

 

La collerette désigne la pièce de tissu froncée ou plissée, placée au bord de l'encolure et entourant le cou.

C'est un élément de la mode emblématique de la fin de la Renaissance. Elle apparaît dans la seconde moitié du XVIe siècle et se porte jusqu'au début du XVIIe siècle. Son succès touche toute l'Europe ; elle est portée à la fois par les femmes et par les hommes, les adultes et les enfants, les classes nobles et populaires. Pendant presque un siècle, elle présente une grande variété de forme, évoluant dans le temps, selon les tendances propres aux pays, selon le statut social des personnes et leur mode de vie.


Pour en saisir l'évolution dans la mode féminine, il convient de distinguer deux types de collerettes: la collerette ouverte sur un décolleté et la collerette fermée qui a donné la fraise. Le blog présentera tour à tour l'évolution détaillée de ces deux types de collerette1.

 

Evolution de la collerette ouverte sur un décolleté

Evolution de la collerette au XVIe siecle

Evolution de la fraise

Evolution de la fraise au XVIe siecle

 

Evolution générale en France

Evolution générale en France

 

Patterns of FashionPour toute recherche de patrons et d'explications sur la réalisation des collerettes et des fraises, je vous renvoie à l'ouvrage suivant : Janet Arnold, Patterns of fashion, The cut and construction of linen shirts, smocks, neckwear, headwear and accessories for men and women c. 1540-1660, London : Macmillan, 2008.

Le livre abonde en illustrations qui permettent de comprendre la confection des collerettes (en particulier la fraise du XVIIe siècle, en Europe du Nord).

 


Notes

1Il s'agit d'une nouvelle présentation de la collerette, faite à partir de plusieurs articles postés en 2008.

12 avril 2011

Concours La princesse de Montpensier


DVD

Bonjour,

A l'occasion de la sortie en DVD du film La princesse de Montpensier, je vous écris aujourd'hui un article un peu particulier.

En partenariat avec StudioCanal, je vous propose de gagner deux DVD du film et des livrets du texte original. Pour les obtenir, il vous suffit de donner la bonne réponse à la question suivante :

La princesse de MontpensierJe me suis amusé à retoucher une image du film dans laquelle on voit Marie de Montpensier. Sur les 5 images placées ci-dessous, j'ai rajouté sur le costume de la princesse, différents types de collerette, correspondant à différentes modes.

A vous de me dire, sur les 5 images placées ci-dessous, quelle est celle qui correspond à la mode de l'année 1570, date à laquelle se déroule l'histoire du film ?

Le jeu est terminé. Nous venons d'avoir deux heureux gagnant(e)s. Je mettrai la correction bientôt. (modification de l'article faite le 20/04/11 à 9h30).

:)

Réponse 1

Réponse 2

Réponse 3

Réponse 4

Réponse 5

Pour info, les cinq collerettes représentées ici appartiennent à la mode de la cour d'Henri II, de Charles IX, d'Henri III, d'Henri IV et de Louis XIII. Elles sont évidemment placées ici dans le désordre, mais vous trouverez des éléments de réponse à l'énigme posée en farfouillant sur mon blog ... dans la rubrique collerette

;)

8 décembre 2009

La coiffure en raquette


Au XVIe siècle, dans la haute aristocratie française - et par imitation chez les dames de moins haute condition - la mode est marquée par la coiffure en raquette.  Coiffés avec la raie au milieu, les cheveux sont relevés sur les tempes formant un coeur que maintient un arcelet. Cette mode qui succède au passe-filon apparaît sur les portraits des femmes de la cour dès la fin du règne de François Ier, mais connaît son épanouissement dans le courant des années 1570. Elle était également appelée coiffure en ratepenade (ce qui signifie chauve-souris). Pendant les guerres de religion, elle était vigoureusement condamnée par les ministres protestants (ce qui n'empêcha pas les grandes dames de la religion de l'adopter).

Dans les années 1550 :

Années 1550

Vers 1565-1570 :

La coiffure française vers 1565-1570

En 1573 :

La coiffure française en 1573

En 1575 :

 

La coiffure française en 1575

En 1578 :

 

Vers 1578

Vers 1580 :

Années 1580

Vers 1590 :

Vers 1590 et alentour

Dans les années 1590 :

 

La coiffure des années 1590

De 1597 à 1599 :

La coiffure de 1597 à 1599

De 1600 à 1605 :

La coiffure de 1600 à 1605

Sous le règne d'Henri IV, la coiffure en raquette cède la place à la coiffure en mitre (chapeau lithurgique des prélats dont elle évoque la forme). On parle également pour cette époque de coiffure à la jacobine

20 mars 2011

Coiffure 1600-1650


 Evolution de la coiffure en ronde bosse 

La coiffure des femmes de la cour de France de la première moitié du XVIIe siècle est marquée par un affaissement de la masse de cheveux. On passe ainsi d'une coiffure relevée en hauteur à une coiffure tombant sur les oreilles de chaque côté de la tête. C'est la mode des garcettes, petite frange de cheveux coupés droit (2e figure de droite).

Les cheveux finissent par tomber sur les épaules et se présenter sous la forme de serpenteaux (3e figure de droite).

La suite chronologique des portraits ci-dessous présentée est principalement constituée des dessins de Daniel Dumonstier. Il existe bien d'autres portraits de la main de l'artiste (voir le catalogue raisonné de Daniel Lecoeur), mais il convient de faire attention aux portraits datés par le dessinateur, car un certain nombre d'entre eux ont été retouchés et recoiffés quelques années plus tard pour remettre le dessin à la mode du temps.

 

 

 

 

Les années 1600

Vers 1600-1605

1600-1605

Vers 1605-1610

 1605-1610

 

Les années 1610

Vers 1610-1615 :

1610_1615

Les années 1610

Les années 1610

 

Les années 1620

Vers 1620-1625

Vers 1620-1625

 Vers 1625

 Vers 1625

Vers 1627

Vers 1627

 

Les années 1630

En 1630

En 1630

Les années 1630

Les années 1630

Vers 1635

 Vers 1635

Vers 1636-1640

Vers 1636-1640

 

Les années 1640

De 1641 à 1645

1641-1645

Vers 1645-1650

Vers 1645-1650

Vers 1645-1650

14 janvier 2013

La fraise


Présentation de la mode de la fraise des années 1560 à l'an 1600

Evolution de la fraise 1560-1600

 

Dans son sens le plus strict, la fraise désigne les collerettes plissées ou godronnées faisant le tour complet du cou, fermées sous le menton et constituant un vêtement indépendant de la chemise (ou de la guimpe). Sous cette définition, elle ne semble pas apparaître avant les années 1560.

Dans son sens le plus souple, le mot inclut les collerettes simplement froncées, cousues sur le rebord de la chemise (ou de la guimpe) et faisant le tour du cou.

 

Les origines

 

La fraise apparaît avec le déclin du grand décolleté carré. Au cours des années 1540, la poitrine et les épaules sont progressivement couvertes par une guimpe ou une pèlerine. Le col fait son apparition ! La gorge se couvre d'un col montant qui cache peu à peu le cou sur toute sa hauteur. Les bords de ce col sont d'abord froncés, plissés (première image ci-dessous), puis, à la fin des années 1550, godronnés (deuxième image ci-dessous).

Le godron est le nom donné au pli rond. Pour lui maintenir sa forme ovoïde bien régulière, on applique sur le tissu un fer brulant et/ou on l'empèse avec de l'amidon (colle qui permet de le raidir). On parle alors de fraise empesée ou amidonnée. Les plis deviennent plus ou moins rigides.

 

 Aux Pays-Bas vers 1550

Portrait vers 1551-1552

Aux Pays-Bas vers 1555-1560

Portrait vers 1555-1560 environ

 

 


 

Les années 1550

 

En France

A l'origine, la collerette présente un enchevêtrement libre de plis froncés. Avec le temps, les plis deviennent plus importants en volume et c'est de ce développement qu'une fois empesée, va naître la fraise godronnée.

Les rebords des plis sont parfois brodés.

France - années 1550

France - années 1550

France - années 1550

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En Europe

La mode anglaise se distingue par la broderie de ses collerettes (deuxième ligne de portrait ci-dessous), caractéristique qui se voit encore sur les portraits anglais des années 1570.

Pays-Bas - années 1550 ou environPays-Bas

 

 

 

Angleterre - années 1550 environ

Angleterre

 

 

 

 

   

 

 


 

Les années 1560

 

 En France

Evolution de la fraise dans les années 1560

A partir des années 1560, la collerette est godronnée ; elle présente une suite régulière de plis ronds de forme ovoïde, donnant l'impression d'une rangée de "8" successifs. Plus on avance dans le temps, plus les godrons prennent du volume.

France - années 1560

 

En Europe

La mode anglaise continue de se distinguer par le rebord brodé de ses collerettes, mais aussi par leur composition. La fraise anglaise a l'originalité de présenter souvent deux rangées superposées de godrons, ce qui se retrouve rarement ailleurs (deuxième ligne de portrait ci-dessous).

Italie - années 60En Italie

 

 

 

 

Angleterre de 1562 à 1569En Angleterre

Angleterre 1565-1570

 

 


 
 

Les années 1570

 

En France

Evolution de la fraise dans les années 1570

 

C'est dans les années 1570 que la fraise connaît les métamorphoses les plus impressionnantes en volume. Dans la première moitié de la décennie, elle s'étend verticalement ; les godrons continuent de s'élever en hauteur, cachant finalement le cou dans toute sa longueur. Au milieu de la décennie, les plis apparaissent en éventail en-dessous de la tête, formant comme un énorme bloc.

Dans la seconde moitié de la décennie, la fraise s'étend horizontalement, les plis s'allongeant sur les côtés : la fraise s'élargit. A la fin de la décennie, elle est si large qu'elle ressemble à un grand plateau : la grande fraise fait ainsi progressivement son apparition. La mode féminine est proche en cela de la mode masculine, ce qui ne sera plus le cas à partir des années 1580, la fraise des femmes suivant alors une évolution distincte de la fraise portée par les hommes.

La décennie est également marquée par l'usage important de la dentelle, parfaisant l'effet délicat de la collerette. Devenue une pièce indépendante (c'est-à-dire détachée) de la chemise et de la guimpe, la collerette fermée mérite pleinement à cette époque le nom de fraise.
 

Portraits vers 1570-1572De 1570 à 1575

 

 

 

 

Portraits d'Elisabeth d'Autriche reine de France

 

Portraits vers 1572-1574

Portraits vers 1575Vers 1575

 

 

 

 

 

Portraits de 1576 à 1578De 1575 à 1580

 

 

 

 

Portraits vers 1577-1580

 

 

 

 

 

 En Angleterre

La collerette anglaise suit les évolutions de la fraise française, tout en gardant parfois ses spécificités décoratives : rebords brodés, voire même perlés. De plus, l'ouverture de la fraise sous le menton est parfois apparente, alors qu'elle est camouflée dans la mode française (sur l'observation des portraits).

Angleterre 1570-1575

 Portraits d'Elisabeth d'Angleterre vers 1575

Portraits d'Elisabeth d'Angleterre de 1575 à 1580

Dames anglaises 1577-1579

 

Dans le reste de l'Europe

Alors que la mode des Pays-Bas suit les logiques de la mode française (première ligne de portraits ci-dessous), celle de l'Italie espagnole suit un modèle tout à fait différent, en présentant notamment sur ses portraits une fraise beaucoup plus modeste en taille et en volume (deuxième ligne de portraits ci-dessous). La fraise grandit mais sans connaître les formes et les excès de la fraise française.

Pays-Bas - années 1570Aux Pays-Bas

 

 

 

 

Italie - années 1570 ou environEn Italie

 

 

 

 

 

 


 

 Les années 1580

  

En France

Evolution de la collerette dans les années 1580

 

la duchesse de JoyeuseFaute de sources iconographiques datées, il est plutôt difficile d'établir une évolution précise de la fraise pour les années 1580. Sa circonférence continue encore de s'agrandir mais ce n'est pas la métamorphose majeure de cette période. La nouveauté principale consiste plutôt dans l'ouverture de la collerette sur le devant de la poitrine ; les plis s'écartent sous le menton, formant une ouverture comme un V inversé. La collerette présente désormais l'image de deux ailes de papillon. Après avoir été cachée pendant deux décennies, la gorge refait son apparition.

Christine de LorraineCette disposition nouvelle est peut-être une réponse aux incommodités de la grande fraise, beaucoup trop volumineuse pour accéder à la bouche, que ce soit pour s'alimenter, pour porter un verre à ses lèvres ou encore pour embrasser ; l'ouverture de la fraise devant le visage est peut-être une adaptation pratique pour en contourner les contraintes. Nonobstant cet aspect encombrant, la grande fraise godronnée ne disparaît pas, elle continue de se voir sur les portraits durant toute la décennie (première ligne de portraits ci-dessous).

Louise de LorraineL'autre évolution dominante de la fraise des années 80 concerne la forme des plis ; jusqu'à cette époque, la forme des godrons n'avait pas évolué, gardant toujours une forme en lacet ou en 8. A partir des années 80, les plis s'aplatissent horizontalement au point de disparaître complètement ; c'est la mode des plis plats, la collerette s'aplatit et tend à se confondre avec un collet monté (deuxième ligne de portraits ci-dessous).

Fraise godronnée classique des années 1580

 

 

 

Collerette ouverte des années 1580

Portrait daté de 1587 pour le secondA la fin de la décennie, la mode des plis plats semble décliner. Les godrons reviennent, soit sous une forme ronde, soit sous une forme triangulaire (ci-contre). S'il y a peu de portraits datés qui peuvent en servir d'illustration, l'observation des portraits des années 1590 (en particulier anglais) permettent de confirmer cette inversion de la tendance ; l'époque est à l'hypertrophie (voir les années 1590).

Portraits vers 1587-1590

 

 

 En Angleterre

L'Angleterre est le seul pays à partager les tendances originales de la mode française. Aux Pays-Bas, les portraits présentent une fraise de dimension plus mesurée.

Portraits d'Elisabeth d'Angleterre

Angleterre - années 1580

La mode du pli plat en Angleterre

 

 Aux Pays-Bas

Pays-Bas - années 1580

 

 


 

  Les années 1590

 

  En France

Evolution de la fraise durant les années 90

 

Pour les mêmes raisons que la décennie précédente, il est difficile de saisir une évolution précise de la fraise. Plusieurs tendances générales sont perceptibles ; la plus importante est que la gorge est dégagée et mise à nu (héritage de la mode des années 80), laissant voir le collier de perle au-dessus de la fraise, et non en-dessous comme dans les années 1570. La fraise des années 1590 découvre le cou autant que la fraise des années 1570 le cachait.

La deuxième tendance générale de la fraise est sa circonférence irrégulière ; les plis sont courts sur le devant et redressés en hauteur sur les côtés. Cette forme semble règler le problème d'aisance posé par la grande fraise, bien que celle-ci se porte toujours. Par ailleurs, au niveau de sa largeur, la fraise n'a plus la démesure des années 1580. Dans les années 1590, sa circonférence diminue de beaucoup.

Portrait peint en 1590Les transformations de la mode se manifestent également sur la forme des godrons. Au commencement de la décennie, les plis présentent une forme complètement cylindrique, donnant à la fraise l'aspect d'une collerette formée de tuyaux (portrait ci-contre).rondCes tuyaux semblent prendre une forme ellipsoïdale dans le courant de la première moitié de la décennie (première ligne de portraits ci-dessous).ellipsoïdalIl est ensuite plus difficile de saisir l'évolution de la forme des plis, à cause de leur diversité sur les portraits ; en observant ces derniers, on peut constater le retour des godrons traditionnels formant une rangée de "8". En réaction aux énormes plis, on a des godrons de petite hauteur (deuxième ligne de portraits ci-dessous) et des godrons parfaitement ronds (troisième ligne de portraits). Puis, la fraise se réduit en largeur (quatrième ligne de portraits).

Portraits français des années 1590

Portraits français des années 1590

Portraits de 1595-1599 environ

 Portraits vers 1595-1600

 

  En Angleterre

Portrait d'une dame en 1592 par PeakeEst-ce le contexte des guerres de religion qui fait que les formes les plus extravagantes de la mode se rencontrent non pas en France mais à l'étranger ? Depuis l'assassinat d'Henri III en 1589, la cour de France s'était dispersée et le pays tout entier avait sombré dans le chaos et l'anarchie. Le contexte était nettement plus enviable en Angleterre. Depuis l'échec de l'Invincible Armada en 1588, le royaume d'Elisabeth traversait une période d'épanouissement qui lui valut l'appellation d'âge d'or.

Les portraits semblent confirmer l'éclat de cette période. En réaction à la mode des plis plats, les plis forment des tuyaux d'une amplitude impressionnante (portrait ci-contre). On y trouve comme en France la mode des tubes circulaires et ellipsoïdaux et la mode de la fraise ouverte sur la gorge.

Angleterre vers 1590-1595

Angleterre - années 1590

Angleterre - années 1590

 

 En Italie

Au XVIe siècle, la fraise italienne n'a pas la démesure de la mode anglaise et de la mode française. On observant les portraits, on constate que c'est avec un retard de quelques années que la mode italienne adopte les godrons de grande amplitude qui caractérisent tant les années 1590 dans les pays du Nord. L'hypertrophie de la fraise devait pourtant devenir la caractéristique de la mode italienne au début du XVIIe siècle.

Italie - années 1590

 

10 septembre 2010

Le chaperon


Le chaperon est une coiffe très répandue au XVIe siècle. Autant porté par les femmes de l'aristocratie que par celles de la bourgeoisie, il est omniprésent dans le paysage de la Renaissance française, en concurrence avec le chapeau.

Evolution du chaperon d'après des sculpturesIl est né de cette vogue qu'on appelle « templettes », qui était portée depuis la fin du XVe siècle et qui consistait en une sorte de coiffe descendant de chaque côté du visage, jusqu'au bas des joues (1ere figure de droite).

A l'origine constitué principalement d'un bandeau, le chaperon a connu durant tout le XVIe siècle de profondes transformations. Il a notamment beaucoup évolué en épousant les formes successives de la coiffure en raquette.

Dans le courant du règne de François Ier, le bandeau semble se dédoubler. Le chaperon présente alors deux bandeaux superposés l'un sur l'autre (2e figure de droite).

Sous le règne d'Henri II, le chaperon tend ensuite à devenir un bonnet, devenant cette fameuse coiffe que les portraits endeuillés de la reine Catherine de Médicis ont rendu célèbre (3e figure de droite). A cette époque, le chaperon n'était pourtant pas encore systématiquement associé au veuvage.

Le chaperon connaît ensuite une deuxième phase de transformation quand la mode de la coiffure en raquette fit relever les cheveux en hauteur (années 1570 et 1580). Il tend alors à se confondre avec l'attifet.

1556L'évolution de la mode du chaperon présentée ici, est essentiellement réalisée à partir d'images provenant des dessins de la cour de France ; de fait, elle comporte des aléas puisque certains d'entre eux sont à peine esquissés. Par ailleurs, il est bon de savoir que je les ai retouchés en gommant la silhouette de ces dames et en laissant la voilette de derrière dans une découpe qui ne signifie rien puisque celle-ci est sensée pendre droite derrière le dos (image de droite). La voilette a d'ailleurs tendance à disparaître à partir du règne d'Henri III.

Les années 1520 

Chaperon des années 1520

Les années 1530

Chaperon des années 1530 

Les années 1540

Chaperon des années 1540

Les années 1550

Chaperon des années 1550

Les années 1560

Chaperon des années 1560

Les années 1570

Chaperon des années 1570

Les années 1580

Chaperon des années 1580

Les années 1590

Chaperon des années 1590

Les années 1600

Chaperon des années 1600

Les années 1610

Chaperon des années 1610

Les années 1620

Les années 1620

Au XVIIe siècle, le chaperon-attifet donne naissance au sommet de la coiffure à un petit appendice que d'aucuns appellent un béguin de veuve.

 

Devant cet enchaînement continue et fluide de portraits, je tiens à rappeler la complexité des pratiques vestimentaires. Selon le rang de la personne (princesse, moyenne ou petite noblesse, riche ou petite bourgeoisie..), selon le statut (de veuve, de jeune mariée, de matrone..), et selon le style de vie (veuve joyeuse, veuve austère, dévote, femme du monde, vieille femme portant des coiffes démodées...), le chaperon présentait pour chaque époque des aspects variés.

Elisabeth Duval à la fin du XVIe siècleSous le règne d'Henri IV, le chaperon à la mode présente la particularité d'avoir sur le front un découpage en pointe. Cette tendance est née de la forme des voiles portées par les veuves et qui depuis les années 1570, s'était beaucoup accentuée (voir l'évolution des voiles dans les portraits de la reine Catherine).

A l'aube du Grand Siècle, on la voit essentiellement portée par les bourgeoises, par les vieilles femmes et les veuves.

Bourgeoise des années 1610La voilette qui pendait en appendice derrière le chaperon semble disparaître définitivement, quant à elle, au début du règne de Louis XIII, sous l'apparition de nouvelles formes (images de droite et ci-dessous) :

Coiffes de veuve du premier quart du XVIIe siècle :

Premier quart du XVIIe siècle

Marie de Médicis revêtue de sa tenue de deuil (1610) :

Marie de médicis

 

25 septembre 2011

Quelques images d'un travail en cours !


Bonjour à tous. Comme je n'ai pas posté d'article depuis bien longtemps, j'aimerais vous présenter quelques images du projet sur lequel je suis en train de travailler. Il s'agit d'un montage vidéo qui présentera l'évolution de la mode de 1550 à 1600.  J'y travaille chaque jour depuis un mois. En voici quelques images : 

 

Vers 1550Vers 1570

Vers 1580Vers 1595

 

 

 

 

 

 

 

Ce sont des images qui ne sont pas encore tout à fait terminées. Ci-dessous, en voici d'autres pour lesquelles il y a encore de gros travaux à faire :

ébauches

J'espère avoir fini ce travail, au mieux, dans un mois. A bientôt.

Article modifié en janvier 2012 pour mettre à jour les images.

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Le costume historique
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