Au début du XVIe siècle :

Au début du XVIe siècle, la mode masculine est au décolleté. Les hommes portent un décolleté large allant jusqu'à faire apparaître les clavicules.

Decolleté masculin, début du XVIe siecleDecolleté masculin debut du XVIe siecle

Létice Par temps froid, l'encolure du vêtement peut être garnie par une bande de pelleterie (c'est-à-dire en fourrure) qu'on appelle létice (images ci-contre).

 

 

 

 

 

Apparition du colDans les années 1520, la mode du décolleté décline. Il cède la place à un col montant qui cache et protège le cou (à droite) :

 

 

 

 




Les années 1530-1540 :

Charles_Quint_1530

C'est au début des années 1530 qu'on aperçoit sur les portraits les marques de naissance du col rabattu. Un fragment du col montant se renverse sur le devant. Le col rabattu se présente donc à l'origine comme une sorte de col cassé.

On le voit ici sur ces deux portraits de Charles Quint ; c'est encore très discret (image ci-contre) :

 

 

Pontormo_ 1529–1530, Portrait d’un joueur de luth - CopieEn Italie, sur ce portrait d'un luthiste peint par Pontormo vers 1529-1530.

 

 

 

 

 

 

col_en_AngleterreLe rabat du col montant devient légèrement plus important au tournant des années 1540 (à droite). Le col montant devient le col renversé ou le col rabattu.






Les années 1550 :

 

Charles Quint en 1548Dans les années 1550, le col rabattu a la taille que nous lui connaissons aujourd'hui. Il est particulièrement visible, car il se détache du costume sombre et austère qui est propre à ces années (image ci-contre : portrait de Charles Quint assis peint par Titien en 1548, Alte Pinakothek de Munich).

 

 

Le col rabattu est également porté en France. Si l'on en juge sa présence sur les portraits des gentilhommes de la cour d'Henri II, il devient l'un des grandes tendances de cette époque. Sur ses portraits officiels, le roi lui-même ne porte que ce type d'ornement, abandonnant le petit col en fraise qui se voyait encore sur ses portraits de début de règne.

 France, années 1550

Clouet-montmorencyfrançois22Si la forme d'un col rabattu le long du cou, semble prédominer la tendance, il apparaît qu'une nouvelle ligne fasse son entrée à la fin de la décennie :

En effet, plusieurs portraits présentent un rabat plus ou moins relevé. Le col n'apparaît pas rabattu le long du cou, mais suspendu, prenant appui sur le revers du collet ou du pourpoint (image ci-contre, portrait au crayon de François de Montmorency). Cette forme est davantage présente sur les portraits des années 1560, mais quelques exemples de portraits de la décennie précédente (quoique non datés de façon précise), permettent de fixer le départ de cette mode à cette époque (images ci-dessous).

 col_leve

 

Les années 1560  et 1570 :

 

En France

 

Les années 1560 et 1570 sont marquées par la tendance de la fraise, mode triomphante qui met le col blanc sur le banc de touche pendant un long moment. Sur leurs portraits, les gentilhommes arborent désormais la collerette.

Le col blanc ne disparaît pas pour autant. Il apparaît encore sur un certain nombre de portraits et l'on peut constater dans les collections de portraits qu'il habille surtout les " hommes de métier " plutôt que des courtisans.

col_releveEn effet, le col se remarque surtout sur les portraits des hommes de guerre, des hommes de loisdes hommes de Dieu, et des hommes de sciences (ci-contre, portraits du pharmacien Pierre Quthe et du médecin Jacques Daléchamps).

Dans la continuité de la tendance de la décennie précédente, le col est disposé déployé au-dessus du col de l'habit, les bords retombant dans le vide au-dessus des épaules (galerie ci-dessus).

Toutefois, sur la plupart des portraits, en particulier pour les années 1570, le col présente de façon homogène, une ligne assez classique, rabattu le long du cou. Le col rabattu n'est plus une tendance ; il se fige dans une forme standard.

Officiers militaires

(images ci-dessous, portraits de l'amiral de Coligny et du maréchal de Montmorency)

l'amiral de Coligny et le maréchal de Montmorency

Magistrats

(Guy du Faur de Pibrac conseiller d'état, et du chancelier Michel de l'Hospital)

Guy Dufaur de Pibrac et Michel de L'Hospital

Hommes d'Église

(ci-dessous, portraits de l'évêque de Verdun et du cardinal de Lorraine)

l'évêque de Verdun et le cardinal de Lorraine