07 septembre 2009
Le roi danse ... mais sans rhingrave
Le roi danse (2000) est un film magnifique au regard des costumes. Chaque scène est un tableau qui laisse le spectateur en admiration. La richesse des costumes, leur consistance et leur crédibilité sont là pour prouver que esthétique et histoire sont deux notions qui peuvent être unis dans un équilibre harmonieux (peut-être cela s'est-il fait au détriment de la narration ?).
Si l'ambiance de l'époque est reconstituée avec finesse, les puristes ne manqueront toutefois pas de regretter l'absence des rhingraves. Alors que le film commence dès les années 1650, le roi et sa cour sont déjà habillés selon la mode des années 1670. Les hommes ont abandonné leurs rubans, leur grand col, leurs canons et leurs haut-de-chausses bouffants pour adopter à leur place des culottes et de longs justaucorps. Le roi danse ne représente pas la cour du jeune Louis XIV.
Est-ce le choix du réalisateur Gérard Corbiau de ne pas rendre ses acteurs ridicules ? La question est légitime quand on regarde le film plutôt désuet de Robert Rosselini, La prise de pouvoir par Louis XIV (1966). Les hommes sont habillés à la mode du début du règne du roi soleil. Les haut-de-chausses sont cachés par un rhingrave, sorte de jupe agrémentée de petits rubans. Les manches s'arrête au coude et le justaucorps s'arrête au nombril laissant apparaître la chemise.
Est-ce une mode trop ridicule à notre société contemporaine ?
Le film d'Arianne Mnouchkine Molière répond à la question avec force de manière négative. Le film date de 1978 et raconte de manière synthétique la vie de Jean-Baptiste Poquelin (le personnage est interprété par Philippe Caubère que l'on connaît généralement davantage que comme le papa de Marcel Pagnol dans La gloire de mon père).
La réalisatrice a cherché à retrouver l'ambiance de l'époque et grâce au costume, ce pari est pleinement réussi.

Le film redonne vie à la mode de l'époque avec une fidélité beaucoup plus respectueuse que Le roi danse. Et le résultat est puissant.
Molière n'a jamais été aussi bien dépeint. La société et l'atmosphère de l'époque n'ont jamais été aussi bien reconstituées.
J'encourage vivement le visionnage de ce film qui sans aucun doute fera date dans la représentation cinématographique du Grand Siècle.
09 septembre 2009
Les années 1580
La grande fraise godronnée continue de se porter durant toute la décennie 1580. Après les excès de dentelle des années 1570, la fraise se présente bien mieux sans passement dans un ton uni immaculé.
Il faut noter que face à la mode du col rabattu, elle se porte surtout par les gentilshommes français pour les grandes occasions.
Dans le courant des années 1580, les godrons de la fraise s'aplatissent. Ils passent d'une forme verticale à une forme horizontale.
A l'approche des années 1590, la fraise apparaît plus fréquemment sous la forme d'une fraise à la confusion.
Il s'agit d'une fraise librement froncée, présentant un enchevêtrement de plis au lieu d'un alignement de tuyaux bien réguliers.
Les hommes de robe et de lettres portent une fraise bien évidemment plus modeste en largeur :
21 septembre 2009
Les années 1570
Les années 1570 constituent en France la phase la plus aboutie de l'épanouissement de la fraise. Elle poursuit son développement en hauteur dans la première moitié de la décennie et s'étale ensuite progressivement en largeur, faisant reposer la tête sur un bloc de plis amidonnés. Elle devient plus que jamais un élément ostentatoire de la mode que chacun individualise par l'ajout de dentelle et de godrons échancrés tantôt dentelés et évasés.
Dans la seconde moitié de la décennie, c'est en largeur que la fraise s'étend, jusqu'à sa maturité en 1578.
On remarque la même évolution à l'étranger, notamment en Angleterre de 1576 à 1579 :
27 octobre 2009
La coiffure française vers 1565-1570 :
La coiffure française en 1573 :
La coiffure française en 1575 :
La coiffure en 1578 :
La coiffure vers 1590 :
La coiffure de 1600 à 1605 :

















La coiffure de 1597 à 1599 :
