Le costume historique

04 février 2008

Le haut-de-chausses

Les chausses sont les éléments du costume masculin qui habillent la partie inférieure du corps, des hanches jusqu'aux pieds. Ce sont en quelques sortes les bas du moyen âge.

Pour le XVIe et XVIIe siècles, le mot haut-de-chausses désigne la partie supérieure des chausses.

Au cours de son évolution, le haut-de-chausses se décline sous plusieurs formes. Nous n'entrerons pas dans le détail des appellations ; le sujet reste encore très incertain. Mais, par souci de clarté, on peut ranger le hauts-de-chausses en deux catégories  :

- les chausses rembourrées et structurées allant à mi-cuisse et qui sont très souvent formées de bandes ou de crevés ; c'est le type de haut-de-chausses qu'on associe le plus couramment à la noblesse. Selon les formes rencontrées, on le désigne par les mots grègues, lodier, boulevard et trousses.

galerie_d_evolution_trousses_1550_1600

 

- les chausses recouvrant les cuisses de la ceinture aux genoux (au-dessus ou en-dessous) et qui présentent le plus souvent un ensemble plutôt lâche et non structuré ; pour les désigner, on utilise selon les formes, les mots chausse à la gigotte, chausse bouffante, chausse à gros plis, chausse en bourse, et culotte. Au XVIIe siècle, elles supplantent les trousses.

evolution_de_la_culotte_1560_1630

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Les origines

Début du XVIe siècle

 

tapisserie de Maximilien vers 1530 2tapisserie de Maximilien vers 1530 1Le haut-de-chausses est une mode qui s'est particulièrement développée dans l'espace germanique.

A son commencement, il ne se différenciait du bas-de-chausses que par la couleur ou la présence des crevés (petites entailles parallèles qui laissent entrevoir l'étoffe blanche) :

Les bas-de-chausses tenaient alors avec des jarretières :

 

 

 

Charles QuintLe haut-de-chausses pouvaient également être composé de petits bourrelets superposés (eux-aussi décorés de crevés).

Exemples ci contre avec le portrait de Charles Quint et ci-dessous :

 

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 Saie d' Anne de Montmorency vers 1530Dans le premier quart du XVIe siècle, le haut-de-chausses n'est pas un vêtement porté couramment. Si la noblesse l'a adopté, son port ne s'est pas encore généralisé.

Sous François Ier, les balbutiements de ce type de haut-de-chausses sont notament contrebalancés par les plis de la saie, sorte de tunique qui descend au-dessus des genoux.

 

 

 

  

C'est une mode qui vient des paletots (ou jaquettes) que les hommes portaient sous Louis XII :

Paletots Louis XII et François Ier

La saie se présente comme une tunique composée d'une jupe à tuyaux. Elle est généralement ouverte sur la poitrine, formant une sorte de "v" ou de "u" qui descend jusqu'à la ceinture.

Elle cache par ses plis tuyautés, les chausses que les hommes portent en dessous. En revanche, elle laisse découvrir la proéminente braguette qui caractérise cette époque.

Les saies dans les portraits de Dinteville et Henri VIII

 François Ier par Clouet

On retrouve la saie sur le fameux portrait de François Ier peint par Clouet vers 1527. Entre la chamarre et le pourpoint chatoyants du monarque, elle apparaît difficilement au premier coup d'oeil du spectateur :

On peut la voir reconstituée sur le montage que j'ai présenté sur un autre blog.

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Les années 1550

La saie étant passée de mode dans le courant des années 1540, le haut-de-chausses devient pour les gentilhommes le vêtement indispensable à la mode. Au milieu du siècle, il est encore de petite taille et laisse découvrir une très grande partie de la cuisse. Il est formé de bandes verticales et d'étoffe bouffante placée à l'intérieur.   

vers 1550, Henri II et Philippe II

Au cours des années 1550, le haut-de-chausses grossit en taille :

Les années 1550 - EuropeHenri II ,fin des années 1550

 

Les années 1560

 

trunkhose from 1562La mode des années soixante amplifie les tendances apparues pendant la décennie précédente : ballonnement (au niveau de la forme), accroissement et extension (au niveau de la taille), et dédoublement des bandes (au niveau de la composition). 

Il devient la pièce maîtresse de l'habit masculin, faisant contrepièce à l'hypertrophie des mancherons qui était de mise sous François Ier dans les années vingt et trente. Les trousses focalisent les regards au niveau des cuisses, à l'opposé de la mode ancienne, qui mettait l'accent sur la carrure, au niveau des épaules.

 

Début des années 1560 - Les frères ColignyLa principale évolution des années 1560 se trouve dans le rembourrage accru des trousses.

Ce gonflement a pour effet le dédoublement des bandes qui forment la partie extérieure du haut-de-chausses. Dans les années quarante, les trousses sont formées de quatre bandes verticales de taille assez large et plutôt relachées.

Avec la tendance au ballonnement, les bandes sont plus petites et plus nombreuses. De quatre bandes, le haut-de-chausses passent à une vingtaine.

 

Forme sphériqueCe qui caractérise le hauts-de-chausses des années soixante c'est sa forme quasi-sphérique. Cette tendance apparaissait déjà dans les années cinquante. Mais avec le renforcement du rembourrage, le haut-de-chausses apparaît comme deux énormes ballons.

Sa taille fait presque oublier la proéminente braguette. Celle-ci disparaît déjà entre les bandes. Bientôt, elle sera passée de mode et laissée au placard. C'est la dernière génération à la porter. Ceux qui l'avaient exhibé dans leur jeunesse, vont bientôt la désavouer. Michel de Montaigne en parle, s'étonnant qu'il ait pu lui-même par le passé céder à cette tendance en train de devenir ridicule.

Ce qui donne désormais de la virilité à l'homme, c'est - avec la moustache - la grosseur de ses chausses. Serait-il exagéré de dire qu'une concurrence semble s'établir pour celui qui a les plus volumineuses ?!

Au cours de la seconde moitié des années 1560, le haut-de-chausses atteint son extension maximale. Il est si volumineux que les hommes peuvent y cacher des outils, des livres, et des armes. Dans le contexte des guerres de religion, le hauts-de chausses devient l'icone d'une période dominée par les affrontements. Le portrait ci-contre en est l'illustration. J'ai souhaité souligner par un cercle bleu la forme ovale du vêtement, mais ce qui apparaît finalement au premier regard, c'est la dague placée à l'intérieur. De 1565 à 1570 - Europe

 

Trousses de la deuxième moitié des années 1560Trousses et hauts-de-chausse à la gigotteVoici, une image intéressante qui montre trois façon différentes de porter le haut-de-chausses. Le premier gentilhomme porte une culotte par-dessus laquelle il porte des trousses et des bas (lesquels sont liés au niveau du genou par un noeud). Le second gentilhomme porte des trousses et des chausses et le troisième porte ce qu'on appelle le haut-de-chausse à la gigotte.

Les années 1560 voient l'apparition de nouveaux types de haut-de-chausses.  Le haut-de-chausse à la gigotte est une sorte de culotte bouffante qui se réduit au niveau des genoux. 

 

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10 mars 2008

Le col

 

Le col est la pièce de tissu placée au bord de l'encolure, couvrant ou entourant le cou. Il fait souvent partie intégrante de la chemise.

C'est une pièce de vêtement très ancrée dans la mode de la Renaissance et du Grand Siècle. Le col fait son apparition dans la première moitié du XVIe siècle. Il se présente à l'origine avec des bords froncés, puis dans la seconde moitié du siècle, il s'impose sous la forme d'un col rabattu (ou collet renversé). Devenu à la fin du siècle un véritable phénomène de mode, il ne va pas cesser de changer de taille et de forme : au XVIIe siècle, on le voît successivement s'agrandir, se soulever, s'étaler sur les épaules, se rétrécir et finalement s'allonger (on parle alors de collet monté, de collet à rabat et de rabat). Agrémenté de dentelle, il devient un objet de luxe et de raffinement, obligeant les autorités à publier des édits somptuaires pour en limiter les excès.

Dans le courant des années 1660, le col est progressivement remplacé par la mode de la cravate. Le rabat continue de se porter mais sans vraiment connaître d'évolution. Il se fige et devient un uniforme de certaines catégories socio-professionnelles comme celles des ecclésiastiques et des hommes de robe (officiers de justice, etc.).

 

Le col de 1600 à 1650

Le col de 1650 à 1700

Evolution du col de 1600 à 1670Tableau synoptique de la mode du col à rabat de 1600 à 1670.

Il s'agit d'un tableau de portraits essentiellement français (6/28 sont des portraits d'Europe du Nord).

Clic droit sur l'image puis cliquez sur ouvrir le lien !

Lien défaillant. Il sera remis prochainement

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Au début du XVIe siècle :

Au début du XVIe siècle, les hommes portent un décolleté laissant parfois apparaître les clavicules.

Decolleté masculin, début du XVIe siecleDecolleté masculin debut du XVIe siecle

Létice Par temps froid, l'encolure du vêtement peut être garnie par une bande de pelleterie (c'est-à-dire en fourrure) qu'on appelle létice (images ci-contre).

 

 

 

 

 

Apparition du colDans les années 1520, la mode du décolleté décline. Il cède la place à un col montant qui cache et protège le cou (à droite) :

 

 

 

 




Les années 1530-1540 :

Charles_Quint_1530

Au début des années 1530, on aperçoit sur les portraits les marques de naissance du col rabattu. Un fragment du col montant se rabat sur le devant (sorte de col cassé).

On le voit ici sur ces deux portraits de Charles Quint ; c'est encore très discret (à droite) :

 

 

 

 

col_en_AngleterreLe rabat du col montant devient légèrement plus important au tournant des années 1540 (à droite). Le col montant devient le col rabattu.






Les années 1550 :

Charles_Quint_1550Dans les années 1550, le col rabattu a la taille que nous lui connaissons. Il est particulièrement visible, car il se détache du costume sombre et austère qui est propre à ces années.

Le col est une grande tendance du règne d'Henri II. Il est autant porté par les gentilshommes que par les bourgeois, les prêtres et les Réformés.

Il y en a de formes diverses : en pointe, carré ou les bords relevés :

 

 

 

 

 

col_ann_es_1550

Les années 1560  et 1570 :

L'engouement pour la fraise met le col en parenthèse.

Il continue d'être porté par les notables, les hommes de lois, les hommes de lettres et les hommes de Dieu. Il est également porté par certains nobles dans la vie de tous les jours.

Comme il s'agit plus d'un vêtement quotidien que d'un phénomène de mode, il ne connaît pas vraiment d'évolution. Ci-dessous, Pibrac, L'Hospital et Ronsard :

Hommes de loi et de lettres

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Les années 1580 :

La prédominance de la fraise et ses formes extravagantes amènent naturellement la mode à rechercher la sobriété. Le col blanc fait son grand retour sur les portraits des gentilshommes de la cour. Peut-être faut-il y voir dans ce retour, le renouveau spirituel de l'époque (la Contre-Réfome) qui amène les nobles, à la suite du roi Henri III, à présenter une allure vestimentaire plus simple.

Le col n'est toutefois pas exempt de tendance. Pour les années 1580, il se présente avec des pointes écartées.

années 1580

années 1580

Les Guise

Les portraits de prêtres et d'hommes de lettres (ci-dessous) présentent un type de col plus sévère, présentant des rabats étroits aux pointes rapprochées :

Prêtres et poètes (années 1580)

Les portraits anglais (ci-dessous) présentent des cols bordés de dentelle en reticella :   

cols anglais

On les retrouve sur certains portraits français (ci-dessous) :

col français

Les années 1590 :

Evolution de la forme du colLa mode du collet se poursuit avec des pointes de plus en plus écartées et un rabat de plus en plus large. Peu à peu, le col s'étale au-dessus des épaules.

C'est une mode qui concerne essentiellement la France et les pays du nord de l'Europe :

Vers 1592-1595

Gentilhommes 1590_1600

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21 avril 2008

La collerette

 

La collerette est un terme générique utilisé pour désigner les cols plissés. Au cours du XVIe siècle, elle apparaît sous la forme d'une fraise.

 

I XVIe siècle

L'évolution de la fraise dans la mode masculine :

Evolution de la fraise au XVIe siecle (homme)

Dans la mode féminine, la fraise suit une évolution quasi-similaire :

 Evolution de la fraise au XVIe siecle (femme)

Dans la mode féminine, la collerette proprement dite suit un chemin parallèle :

Evolution de la collerette au XVIe siecle

II XVIIe siècle

Au début du XVIIe siècle, les gentilshommes de France et de l'Europe du Nord de l'Europe portent la fraise à confusion :

Evolution de la fraise à la confusion

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